mercredi 15 février 2017

Ne faut-il pas entrer dans l’Église visible?


Mgr Lefebvre, fondateur de la FSSPX: 

« Ces derniers temps, on nous a dit qu’il était nécessaire que la Tradition entre dans l’Église visible. Je pense qu’on fait là une erreur très, très grave. Où est l’Église visible ? L’Église visible se reconnaît aux signes qu’elle a toujours donnés pour sa visibilité : elle est une, sainte, catholique et apostolique. Je vous de­mande : où sont les véritables marques de l’Église ? Sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous, en ce que nous représentons, ce que nous sommes ? Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Église officielle. Un évêque croit à ceci, l’autre n’y croit pas, la foi est diverse... Où est l’unité de la foi dans Rome ? » (Retraire sacerdotale, 9 septembre 1988)

« Se mettre à l’intérieur de l’Église, qu’est-ce que cela veut dire ? Et d’abord de quelle Église parle-t- on ? Si c’est l’Église conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Église catholique, nous rentrions dans cette Église conciliaire pour soi-disant la rendre catho­lique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets.» (Entretien Fideliter, n° 70, juillet-août 1989)

 «  C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne re­trouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique.  » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, 1990, p. 31)

«Nous appartenons bien à l'Eglise visible, à la société des fidèles sous l'autorité du Pape, car nous ne récusons pas l'autorité du Pape, mais ce qu'il fait. Nous reconnaissons bien au Pape son autorité, mais lorsqu'il s'en sert pour faire le contraire de ce pourquoi elle lui a été donnée, il est évident qu'on ne peut pas le suivre.»  (Mgr Marcel Lefebvre Fideliter n° 66, nov.-déc. 1988)

« Nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité. Nous serons désormais de plus en plus contraints d’agir en considérant cette nouvelle Église conciliaire comme n’étant plus catholique. » (Lettre à Jean Madiran, 29 janvier 1986)

« Nous n’aurons plus aucun rapport avec le Barroux et nous avertirons tous nos fidèles de ne plus soute­nir une œuvre désormais dans les mains de nos ennemis, ennemis de Notre Seigneur et de Son Règne univer­sel. » (Lettre du 18 août 1988, Conversation avec Mgr Marcel Lefebvre par Dom Thomas d’Aquin, supplément au bulletin du Monastère Sainte-Croix, 2011)


Le Supérieur général et tous les Supérieurs de districts FSSPX en 1988:

«En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missae, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem hahemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.»

«Ceux-ci [les fidèles] ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste (...) » (Extrait d'une lettre ouverte à son Éminence le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques. Écône, 6 juillet 1988 Fideliter N° 64. Juillet-Août 1988, pages 11-12)



Mgr Tissier de Mallerais: 

« Certes, ils sont l’autorité dans l’Église, le Pape est pape successeur de Pierre, mais il est aussi le représentant de ce système d’église, qui coiffe l’Église, qui paralyse l’Église, qui empoisonne l’Église, ce que l’on appelle l’église conciliaire par commodité de langage. Ce n’est pas une autre Église, c’est un nouveau type d’église, c’est une nouvelle religion qui a pénétré dans l’Église catholique, soutenue par les papes et toute la hiérarchie, tous les évêques à part quelques exceptions rarissimes.» (16 septembre 2012 au prieuré St Louis Marie Grignon de Monfort)


lundi 13 février 2017

La Résistance ne suit pas les principes de Mgr Lefebvre


La Résistance compte maintenant trois évêques: Mgr Williamson, Mgr Faure et Mgr Thomas d'Aquin. Ils ont fondé l'USML. Nous voulons rendre service à Son Excellence Mgr Williamson,  nous lui disons donc qu'il ne pourra jamais sauver l'oeuvre de MgrLefebvre, ni sauver le sacerdoce avec une Résistance qui:

- Reconnaît ouvertement comme une position acceptable le sédévacantisme.

«En juillet 2014, à Avrillé, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, (...), a admis la liberté pour chacun d’être una cum ou non una cum au canon de la messe. Le Père Thomas d’Aquin était partisan de cette liberté, l’abbé Altamira de même. Le père Pierre-Marie, prieur d’Avrillé, n’a pas fait d’objection. L’opposition venait du seul abbé Pfeiffer. En ce qui concerne les prêtres de l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre, les uns sont una cum, et d’autres sont non una cum (1)

Cette position ne suit pas la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité Saint-Pie X que doivent signer (c'est un engagement) tous les ordinands avant l’ordination sacerdotale, une déclaration composée par Mgr Lefebvre lui-même: «Je soussigné, reconnais (nommer le pape actuel, pour notre époque c'est le pape François) comme Pape légitime de la sainte Église catholique. C’est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife.»  (extrait tiré de la déclaration)

Cette position, ouvertement sédévacantiste, adoptée par La Résistance est, par conséquent,  en opposition avec les principes du fondateur qui disait: «En conséquence la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X des Pères, des Frères, des Soeurs, des Oblates ne peut pas tolérer dans son sein des membres qui refusent de prier pour le Pape et qui affirment que toutes les messes du Novus Ordo Missae sont invalides. Certes, nous souffrons de cette incohérence continuelle qui consiste à louer toutes les orientations libérales de Vatican II et qui en même temps s'efforce d'en atténuer les effets. Mais cela doit nous inciter à prier et à maintenir fermement la Tradition, mals non pour autant affirmer que le Pape n'est pas Pape.» (2)


- Combat la hiérarchie de l'Église par son refus de l'autorité (association de groupes indépendants sans dirigeant), ce qui conduit à la destruction du sacerdoce.

Mgr Williamson:

«On demanda à l’abbé Rioult s’il pensait que l’on peut monter une nouvelle organisation à niveau mondial, ou préférait-il une certaine forme d’association libre, comme celle des sédévacantistes depuis quelques années. Voici sa réponse, cette fois en ses propres termes : "Oui, il est possible que dans les prochains mois qui viennent, je puisse créer une association au sens large, fondée sur une amitié avec les autres résistants catholiques, qu’ils soient pour l’opinion sédévacantiste ou qu’ils ne le soient pas." »  (4)

«En gros, les jeunes (relativement parlant) veulent organiser pour coordonner l’action et la rendre plus efficace, tandis que les anciens pensent plutôt qu’une structure organisée n’est plus possible ni même peut-être souhaitable dans les circonstances chaotiques actuelles.» (5)

Cette façon de penser et d'agir ne suit pas l'esprit de l'Église:
« L'esprit de l'Église c'est se faire diriger par l'Évêque. De même, tous ceux qui prétendent aujourd’hui défendre la Tradition et la maintenir dans l’indépendance de l'évêque ne peuvent tenir. Cette allégeance, cette dépendance vis-à-vis de l’Évêque, c’est l’esprit de l’Église, aucun de ses membres ne peut s’en affranchir. Certes nos évêques ne jouissent à l’égard des âmes assoiffées que d’une juridiction de suppléance, mais cela ne légitime pas un libre examen, une émancipation des règles d’agir dans l’Église. Il nous faut conserver l’esprit de l’Église à défaut de pouvoir jouir du recours à l’autorité compétente. La crise de l’autorité n’autorise pas à vivre dans la crise, le désordre, l’indépendance, la révolution.» (6)

«Tu sais que s’il n’y a pas de chefs, c’est l’anarchie, c’est-à-dire le règne du désordre. La nature a besoin de chefs. Or c’est Dieu qui a fait ainsi la nature humaine. Donc c’est Dieu qui a voulu le pouvoir des chefs, des rois, etc. C’est ainsi, qu’on soit païen ou non.» (7)


- Affirme que l'Église conciliaire a quelque chose de catholique.

- Bishop Williamson: 

«the neo-church is somewhat Catholic.» (EC 445)

«There’s still something Catholic in the conciliar church, so it’s wrong for us to reject it completely.» (Bp. Williamson, 'Eleison Comments' #447, Feb. 6, 1016)

Ces déclarations contredisent celles de Mgr Lefebvre qui disait: 
« Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique.»  (8)

«L'Église conciliaire étant désormais répandue universellement, diffuse des erreurs contraires à la foi ca­tholique et en raison de ces erreurs, a corrompu les sources de la grâce que sont le saint Sacrifice de la Messe et les sacrements. Cette fausse Église est en rupture toujours plus profonde avec l’Église catholique.» (9)



- Recommande l'assistance à la messe nouvelle ou messe sédévacantiste à ses fidèles. 

- Bishop Williamson: 

«the new mass can and is still is used to build the faith. There are cases where you can assist the new mass. This is almost heresy, but this is what I think. I'm not going to say that everyone should stay away from the new mass.» (10)

«There are elements in the new mass that can nourish our faith.» (EC 445)

«In the New Mass, we can preserve the faith.»  (EC 447)

«There are miracles in the New Mass.» (EC 438), «these miracles – always assuming they are authentic – have lessons also for the Catholics of Tradition who have to some extent or another stood back from the Novus Ordo framework.» (EC 438)

Cette position sur l'assistance à la messe va à l'encontre de l'enseignement de l'Église puisque Mgr Lefebvre affirmait: «Nous sommes convaincus que ce nouveau rite de la Messe exprime une nouvelle foi, une foi qui ne nous appartient pas, une foi qui n'est pas la foi catholique.Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d'une nouvelle foi, une foi moderniste.» (13)








Conclusion

Pour conclure, ces quelques points apportent une grande confusion parmi les prêtres et les fidèles qui suivent La Résistance et les entraînent dans le libéralisme.




(1) M. l'abbé Rioult - Discours sur l’Église romaine face à l’apostasie (7/12) note 16, publié le 8 décembre 2015
(2) Mgr Lefebvre, 08 novembre 1979
(3) Post Falls, Idaho 1er juin 2014, 49 min. 25 sec.
(4) Commentaire Eleison «abbé Rioult II»  # 335
(5) Commentaire Eleison «Organiser la Résistance?»  # 321
(6) Abîmés par l'iceberg - M. l'Abbé Pierre Duverger - janvier 2006
(7) Origines de la crise dans l'Eglise. Réponse à un jeune par M. abbé Pivert 
(8) Quelques réflexions à propos de la “suspens a divinis”, 29 juillet 1976
(9) Lettre à Mgr de Castro-Mayer, 4 décembre 1990
(10) Mahopac Conference, New York, 6/28/2015
(11) "In defense of Bishop Williamson II"
(12) Catechism monastery of Santa Cruz/ RJ, December/2015
(13) Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976



mardi 7 février 2017

Pourquoi l'accord pratique est impossible


«Pas d'accord avant la conversion de Rome»


Homélie  prononcée par Mgr de Galarreta, le 29 juin 2004, lors des ordinations, à Écône et publiée dans Le sel de la terre n° 50.

- extrait -

« ...Donc voyez, au point de départ pour nous entendre, il manque un fondement essentiel. Et ensuite, comment pourrions-nous nous mettre sous l'autorité de ceux qui démolissent l'Église et qui ne veulent pas changer ? C'est la quadrature du cercle ! Vouloir garder la Tradition et obéir à ceux qui ne veulent pas changer de direction, qui sont dans le sens de la rupture avec la Tradition, la démolition de tout. Cela relève de l'utopie, de la chimère, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Tant qu'il n'y a pas un retour de la plus haute autorité de l'Église, nous ne pourrons pas faire un accord purement pratique. Ce n'est pas possible pour l'heure. Et à son heure, cet accord ne sera pas purement pratique... »



Pourquoi l'accord pratique est impossible

C'est dans ce contexte précis qu'on nous propose un accord purement pratique. Chose qui a été faite avec Campos, et nous en voyons sur trois ans les effets dévastateurs.

Il faut que ce soit évident pour nous : un accord purement pratique est impossible.

Lorsque a eu lieu un des premiers contacts à Rome, quelqu'un nous a dit : « Ne discutons pas de doctrine nous allons nous embourber ». Voyez, cela semble une phrase anodine, mais c'est grave. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que la vérité divise, et c'est bien ce qu'ils croient. C'est ce qui fonde la liberté religieuse, l'oecuménisme aussi. La vérité divise, donc il faut la mettre de côté. Cela rappelle beaucoup la phrase de Pilate : « Qu'est ce que la vérité ? » Et l'apôtre saint Paul nous avertit dans l'épître aux Thessaloniciens que Dieu enverra un esprit d'aveuglement à ces hommes-là, parce qu'ils n'auront pas reçu avec amour la vérité [1].

Donc voyez, au point de départ pour nous entendre, il manque un fondement essentiel. Et ensuite, comment pourrions-nous nous mettre sous l'autorité de ceux qui démolissent l'Église et qui ne veulent pas changer ? C'est la quadrature du cercle ! Vouloir garder la Tradition et obéir à ceux qui ne veulent pas changer de direction, qui sont dans le sens de la rupture avec la Tradition, la démolition de tout. Cela relève de l'utopie, de la chimère, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Tant qu'il n'y a pas un retour de la plus haute autorité de l'Église, nous ne pour­rons pas faire un accord purement pratique. Ce n'est pas possible pour l'heure. Et à son heure, cet accord ne sera pas purement pratique.


Ce serait de la duplicité.

Ensuite, il y a encore un aspect très important, c'est que tout accord purement pratique supposerait une contradiction de notre part, une dissociation entre la foi qu'on a dans le cour et la foi qu'on a aux lèvres. Autrement dit, entre la foi catholique et la confession de la foi catholique. Cela nous met dans une duplicité, cela relève de l'astuce, et non pas de la prudence. Car il faudrait - au moins publiquement - faire croire que nous admettons ce qui se passe actuellement dans l'Église à Rome.

Ici, je dis que nous ne pouvons pas coopérer avec ceux qui vont contre la foi catholique, c'est ce que dit l'apôtre saint Paul : Quel accord peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres, entre la justice et l'injustice. Ne portez pas un même joug avec les infidèles [2]. Je pense qu'on peut très bien l'appliquer ici. Donc il ne s'agit pas seulement de refuser une confusion du point de vue doctrinal, du point de vue théologique de la foi, du point de vue du culte, mais même du point de vue pratique de l'action, nous ne pouvons pas travailler ensemble parce que nous allons dans un sens contraire, absolument contraire et il s'agit de la foi. Car la condition implicite d'une entente avec nous- et même parfois condition explicite, mais comme ce qui est écrit en petits caractères dans un contrat ! -, c'est que nous reconnaissions le pluralisme, que nous reconnaissions l'oecuménisme. Cela équivaut à dire : la Tradition est admise comme un charisme particulier. Mais si nous admettons cela, nous rangeons la vérité catholique au niveau des opinions, et nous sommes en plein dans le pluralisme, l'oecuménisme, le relativisme, l'indifférentisme. Donc, il y a bien là un problème essentiel. Il est évident qu'à chaque fois ce qu'on nous propose, c'est ce qu'on pourrait appeler : la Tradition libre dans l'Église conciliaire libre. Prenez le dernier entretien du cardinal Castrillon Hoyos, qui est maintenant sur Internet et partout - il fait exprès que ce soit public -, et vous verrez. C'est une réduction extraordinaire. il dit le problème traditionaliste se réduit à une question liturgique et dévotionnelle. Donc notre attachement à la sainte messe est une question liturgique et dévotionnelle qui se réduit à une ques­tion de sensibilité et de sentiment. Notre position relèverait ainsi de la liberté de conscience, et on pourrait très bien la ramener à « l'unité dans la diversité , Le cardinal dit qu'il n'y a aucun problème à ce qu'il y ait des contraires pourvu qu'on fasse référence à cette nouvelle unité qui est fondée exclusivement sur le pape. Bien sûr parce qu'il s'agit d'un pape moderniste. Leur démarche est claire, ce qu'ils nous proposent : on vous reconnaît une particularité, mais vous reconnaissez tout le reste. Vous reconnaissez le principe qui démolit la foi, qui est en train de démolir la foi et aussi le monde. Nous assistons donc vraiment à l'établissement d'une autre foi, d'une autre religion, et nous devons être très prudents.


Ce qui console

Peut-être pouvez-vous vous dire : ce panorama est bien triste, bien désolant.

Je pense que notre consolation ne peut pas venir de la situation que nous vivons. il ne faut pas chercher la consolation là où elle n'est pas. Ce qui nous console, ce n'est vraiment pas la situation que nous avons à vivre, elle vient d'ailleurs et premièrement de Dieu, de la Providence. Saint Paul nous rappelle que toutes les choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu [3]. C'est une phrase d'une portée énorme. Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu, pas seulement les biens, mais aussi les maux, les adversités, les souffrances, les tribulations. Cela veut dire que tout est ordonné au bien de la partie la plus noble de l'univers qui est le Corps mystique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et donc à l'Église. Tout ce qui nous arrive est ordonné à notre bien, pourvu que nous demeurions dans l'amour de Dieu, car tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu. Et saint Augustin a une belle phrase, il dit : La tribulation sera ce que tu veux qu'elle soit, ou bien épreuve ou damnation. Si elle te trouve comme de l'or elle te purifie, elle enlève les scories; si elle te trouve comme de la paille elle te consume. Et c'est pour cela que l'Apôtre ajoute : Si Dieu est pour nous, qui est contre nous [4] ? Si Dieu est avec nous, si nous sommes avec Dieu qui est contre nous ? Et cela doit nous donner une tranquillité profonde, une espérance surnaturelle bien sûr, mais qui vaut beaucoup plus que toute espérance terrestre. 


[1] 2 Th 2, 11 : Ideo mittet illis Deus operationem erroris, ut credant mendacio, ut Judicentur omnes qui non crediderunt veritati.
[2] 2 Co 6, 14 : Nolite jugum ducere cum infidelibus; quo enim participatio justitio cum iniquitate ? Aut quae societas luci ad tenebras ?
[3] Rm 8, 28 Diligentibus Deum, omnia cooperantur in bonum.
[4] Rm 8, 31 Si Deus pro nobis, quis contra nos ?

source: La Porte Latine


jeudi 2 février 2017

La Purification de la Bienheureuse Vierge Marie



En ce temps-là, quand furent accomplis les jours de la purification de Marie, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour offrir en sacrifice, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes. Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon, et cet homme était juste et craignant Dieu, et il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était en lui. Et il lui avait été révélé par l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au temple, poussé par l’Esprit de Dieu. Et comme les parents de l’enfant Jésus l’apportaient, afin d’accomplir pour lui ce que la loi ordonnait, il le prit entre ses bras, et bénit Dieu, et dit : Maintenant, Seigneur, vous vous laisserez votre serviteur s’en aller en paix, selon votre parole, puisque mes yeux ont vu le salut qui .vient de vous, que vous avez préparé à la face de tous les peuples : Lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël votre peuple.

image:
auteur: GFreihalter
licence:  CC BY-SA 3.0 


Pourquoi Mgr Lefebvre a-t-il refusé un accord avec Rome?



« Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera, qu’Il me dise : qu’est ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Eglise aussi ». Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Eglise. J’ai contribué à la construire.»    Mgr Lefebvre


En 1988, Mgr Lefebvre constatait : ils n'ont pas changé d'intention [nous ramener au Concile] parce qu'ils n'ont pas changé de principes. Aussi, disait-il: «Nous n'avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le Cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s'entend pas. C'est un dialogue de sourds. » (Mgr Lefebvre dans Fideliter n° 66 (sept.-oct. 1988) p. 12-14

Le fondateur de la FSSPX  n'a cessé de répéter que «tout cela ne nous inspirait pas du tout confiance de nous mettre dans les mains de Rome, d’une Rome qui combattait la Tradition».  Il poursuivait en ces termes : 

«Nous ne pouvons pas avoir confiance, ce n’est pas possible. Et je vais vous citer un dernier exemple : un exemple extraordinaire.Vous avez entendu parler, sans doute, et vous avez fait quelques articles dans les journaux, il y a deux ans, sur les transfuges d’Ecône, les fameux transfuges d’Ecône ! Etaient partis d’ici, d’Ecône neuf séminaristes. Celui qui a été le chef en quelque sorte de cette petite rébellion, l’abbé… est resté dans le séminaire pendant un certain temps, il cachait bien son jeu, et il est arrivé à déterminer huit autres séminaristes à quitter Ecône. Il s’est mis en relation avec l’abbé Grégoire Billot qui est ici en Suisse à Baden ; cet abbé Billot est lui-même en relation avec le cardinal Ratzinger ; il parle l’allemand. Il a téléphoné au cardinal Ratzinger : « Voilà, il y a à Ecône neuf séminaristes qui sont prêts à partir. Qu’est-ce que vous leur promettez ? Qu’est-ce que vous faites avec eux ? »

Oh ! c’est formidable ; c’est une occasion unique ; si on leur promet monts et merveilles, il y en aura d’autres qui vont venir. Il l’a dit explicitement. Le cardinal Ratzinger l’a dit : « Je suis heureux qu’il y en ait qui aient quitté Ecône et j’espère bien qu’il y en aura d’autres qui suivront les premiers. »

Vous le savez très bien, on a fait le fameux séminaire Mater Ecclesiae dirigé par un cardinal, le cardinal Innocenti, avec le cardinal Garrone et un troisième cardinal le cardinal Ratzinger, approuvé par le Pape officiellement dans L’Osservatore Romano. Une affaire mondiale. Tous les journaux du monde ont parlé de ce séminaire traditionnel fait avec les transfuges d’Ecône et qui rassemblerait aussi bien des séminaristes qui avaient la même sensibilité.

Ils sont partis là-bas et se sont retrouvés peut-être une vingtaine de séminaristes.

Je vous assure que ça vaut la peine de lire cette lettre que vient de nous envoyer ces jours-ci l’abbé… qui était l’instigateur du départ de ces séminaristes. Il écrit : « Je regrette », en gros titre dans sa lettre. « Je regrette, nous avons tout perdu, on n’a tenu aucune promesse. Nous sommes des misérables, nous ne savons plus même où aller.»

Eh bien voilà pour des gens qui ont voulu se rallier à Rome!Cela va être notre cas. Nous en sommes de plus en plus persuadés. Plus nous réfléchissons à l’ambiance de ces colloques, plus nous nous rendons compte que l’on est en train de nous tendre un piège, de nous piéger, et que demain on nous dira : désormais c’est fini la messe traditionnelle, il faut accepter la messe nouvelle aussi . Il ne faut pas être contre la messe nouvelle.  Cela, ils nous l’ont dit.

Voici un exemple qu’a donné le cardinal Ratzinger. « Par exemple à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Monseigneur, quand le protocole sera signé, que les affaires seront réglées, il est évident que Saint-Nicolas-du-Chardonnet ne va pas rester comme maintenant. Pourquoi ? Parce que Saint-Nicolas est une paroisse de Paris et dépend du cardinal Lustiger. Par conséquent il sera absolument nécessaire que dans la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet il y ait une messe nouvelle régulièrement, tous les dimanches. On ne peut pas accepter que les paroissiens qui désirent une nouvelle messe, ne puissent pas aller dans leur paroisse pour avoir cette messe nouvelle. » Voyez cela! C’est le commencement de l’introduction : accepter la messe nouvelle, nous aligner… Ce n’est pas possible ! Nous nous sentons pris dans un engrenage dont nous ne pouvons plus sortir.

Des difficultés inextricables surgiront avec les évêques, avec les mouvements des diocèses qui voudront que nous collaborions avec eux si nous sommes reconnus par Rome. Nous aurons toutes les difficultés possibles et imaginables. Alors, c’est pourquoi je pense et qu’il m’a semblé en conscience que je ne pouvais pas continuer. J’ai décidé… D’où ma lettre du 2 juin au Saint-Père et l’annonce de la consécration des quatre évêques qui aura lieu le 30 juin.

Vous avez sur une feuille que l’on vous a remise, les indications sur ces futurs évêques.L’Osservatore Romano publiera l’excommunication, une déclaration de schisme, évidemment.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
Excommunication par qui ? Par une Rome moderniste, par une Rome qui n’a plus parfaitement la foi catholique. On ne peut pas dire que quand il y a une manifestation comme à Assise, on est toujours catholique. Ce n’est pas possible. On ne peut pas dire que quand il y a Kyoto, et les déclarations qui ont été faites aux juifs à la Synagogue et la cérémonie qui a eu lieu à Sainte-Marie du Transtevere l’année dernière en pleine Rome, que l’on est encore catholique. C’est scandaleux. Ce n’est plus catholique.

Alors nous sommes excommuniés par des modernistes, par des gens qui ont été condamnés par les papes précédents. Alors qu’est-ce que cela peut bien faire ? Nous sommes condamnés par des gens qui sont condamnés, et qui devraient être condamnés publiquement. Cela nous laisse indifférent. Cela n’a pas de valeur évidemment. Déclaration de schisme : schisme avec quoi, avec le Pape successeur de Pierre ? Non, schisme avec le Pape moderniste, oui, schisme avec les idées que le Pape répand partout, les idées de la Révolution, les idées modernes, oui. Nous sommes en schisme avec cela. Nous n’acceptons pas, bien sûr. Nous n’avons personnellement aucune intention de rupture avec Rome. Nous voulons être unis à la Rome de toujours et nous sommes persuadés d’être unis à la Rome de toujours, parce que dans nos séminaires, dans nos prédications, dans toute notre vie et la vie des chrétiens qui nous suivent, nous continuons la vie traditionnelle comme elle l’était avant le Concile Vatican II et qu’elle a été vécue pendant vingt siècles. Alors, je ne vois pas pourquoi nous serions en rupture avec Rome parce que nous faisons ce que Rome elle-même a conseillé de faire pendant vingt siècles. Cela n’est pas possible.

Voilà la situation actuelle. Il faut bien le comprendre pour ne pas pinailler sur elle. Alors on peut penser: vous aviez un évêque, c’est bien. Vous pouviez avoir un peu plus de membres dans le conseil romain. Mais ce n’est pas cela qui nous intéresse. C’est le problème de fond qui est toujours derrière nous et qui nous fait peur. Nous ne voulons pas être des collaborateurs de la destruction de l’Eglise. J’ai écrit dans mon livre Lettre ouverte aux catholiques perplexes – j’ai terminé par là – : « Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera, qu’Il me dise : qu’est ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Eglise aussi ». Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Eglise. J’ai contribué à la construire. Ceux qui la démolissent, ce sont ceux qui diffusent des idées qui détruisent l’Eglise et qui ont été condamnés par mes prédécesseurs. Voilà le fond de ces événements.»

Ecône, le 15 juin 1988.



source image: Église 


lundi 30 janvier 2017

Anciennes déclarations de nos évêques (FSSPX) sur les relations avec Rome






Anciennes déclarations (1988 à 2012) de nos évêques (FSSPX) sur les relations avec Rome:



                             *** Pas d'accord canonique avant un accord doctrinal ***


Mgr Williamson: « Le plus grand défi pour la Fraternité dans les prochaines années sera de saisir la primauté de la doctrine et de prendre la mesure de toutes choses, et de prier en conséquence. Dans notre monde sentimental, la tentation constante est de suivre les sentiments. Ne pas suivre les sentiments, c’est ce qui a caractérisé Mgr Lefebvre, et si, à cet égard, nous ne l’imitons pas, la Fraternité suivra la voie de la chair, c’est-à-dire dans les bras des destructeurs (objectifs) de l’Eglise. (…) Doctrine, doctrine, doctrine ! » (Angelus Press, 21 juin 2008).

Mgr Fellay: « La perception de l’enjeu beaucoup plus profond que nous venons de décrire nous interdit de mettre sur le même plan les deux questions. Il est si clair pour nous que la question de la foi et de l’esprit de foi passe avant tout, que nous ne pouvons pas envisager une solution pratique avant la première question ne trouve une solution assurée (…) »

« Chaque jour nous apporte des preuves supplémentaires de la nécessité de clarifier au maximum les questions sous-jacentes [de doctrine] avant d’aller plus avant dans une solution canonique, qui n’est cependant pas pour nous déplaire. Mais c’est là un ordre de nature, et inverser les choses nous mettrait immanquablement dans une situation invivable ; nous en avons la preuve tous les jours. Il y va ni plus ni moins de notre existence future. » (LAB n. 73, du 23 oct. 2008).

Mgr de Galarreta: « Il y a évidemment une volonté de nous émouvoir, de nous effrayer en mettrant la pression dans le sens d’un accord purement pratique, qui a toujours été la proposition de Son Eminence [le cardinal Hoyos]. Evidemment, vous connaissez déjà notre pensée. Cette voie est une voie morte ; pour nous, c’est la voie de la mort. Il n’est donc pas question de le suivre. Nous ne pouvons pas nous engager à trahir la confession publique de la foi. Il n’en est pas question. C’est impossible. » (Sermon du 27 juin 2008 à Ecône).

« Ce n’est pas le moment de changer la décision du Chapitre de 2006 : Pas d’accord pratique sans solution de la question doctrinale. » (Rapport lu au Chapitre d’Albano, du 7 octobre 2011 diffusé par Tradinews).

Mgr Tissier de Mallerais: « Nous refusons un accord purement pratique parce que la question doctrinale est primordiale. La foi passe avant la légalité. Nous ne pouvons pas accepter une légalisation sans que le problème de la foi soit résolu. (…) Il s’agit d’une nouvelle religion qui n’est pas la religion catholique. Avec cette religion, nous ne voulons aucun compromis, aucun risque de corruption, aucune apparence même de conciliation, et c’est cette apparence que nous donnerait notre soi-disant « régularisation ». » (Entretien à Rivarol, du 1 er juin 2012)

Mgr Lefebvre: « En supposant que d’ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu’on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là, c’est moi qui poserai les conditions. Je n’accepterai plus d’être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. C’est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : Est-ce que vous êtes d’accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés ? (…) Si vous n’acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédés, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. » (Fideliter n. 66 de nov.-déc. 1988, pp. 12-13)


source:
« Pas d'accord canonique avant un accord doctrinal »
Père Jean, capucin de Morgon






The declarations of our Bishops (SSPX)





 ***no canonical agreement before a doctrinal agreement***





- Bishop Williamson: «The greatest challenge to the SSPX in the next few years is to grasp the primacy of doctrine, and to measure everything else, and to pray, accordingly. In our sentimental world, the constant temptation is to go by feelings. Not going by feelings is what marked out Archbishop Lefebvre, and if in this respect we do not follow him, the SSPX will go the way of all flesh – into the arms of the (objective) destroyers of the Church. […] Doctrine, doctrine, doctrine! »   (Angelus Press, 21 June 2008)

- Bishop Fellay: «…the clear awareness of the much more profound key issue which we have just described, forbids us to place the two issues on an equal footing. It is so clear for us that the issue of the Faith and of the spirit of faith has priority over all that we cannot consider a practical solution before the first issue is safely resolved. (…) For us, each day brings additional proof that we must clarify to a maximum the underlying issues before taking one more step toward a canonical situation, which is not in itself displeasing to us. But this is a matter of following the order of the nature of things, and to start from the wrong end would unavoidably place us in an unbearable situation. We have daily proofs of this. What is at stake is nothing more nor less than our future existence.» (Superior General's Letter to Friends and Benefactors no.73, 23 October 2008)

- Bishop de Galarreta: «They evidently want to trouble us, to alarm us by pressuring us toward a purely practical agreement, which has always been the proposition of the cardinal [Hoyos]. Evidently you already know our thoughts. This way is a dead way; for us it is the road to death. Therefore there is no question of us following it. We cannot commit ourselves to betraying the public profession of Faith. Out of the question! It’s impossible.»  (Homily 27 June 2008, Ecône)

«This is not the moment to change the decision of the 2006 Chapter: no practical agreement without a solution to the doctrinal question.»  (Report read at the Chapter in Albano 7 October 2011)

- Bishop Tissier de Mallerais: «We refuse a purely practical agreement because the doctrinal question is fundamental. Faith comes before legality. We cannot accept a legalization without the problem of the faith being solved. (…) “It is a new religion that is not the Catholic religion. We do not want any compromise with this religion, any risk of corruption, not even any appearance of conciliation, and it is this appearance that our so-called "regularization" would give us.»  (Interview in Rivarol, 1st June 2012)

- Archbishop Lefebvre: « supposing that Rome calls for a renewed dialogue, then, I will put conditions. I shall not accept being in the position where I was put during the dialogue. No more.  I will place the discussion at the doctrinal level: “Do you agree with the great encyclicals of all the popes who preceded you? Do you agree with Quanta Cura of Pius IX, Immortale Dei and Libertas of Leo XIII, Pascendi Gregis of Pius X, Quas Primas of Pius XI, Humani Generis of Pius XII? Are you in full communion with these Popes and their teachings? Do you still accept the entire Anti-Modernist Oath? Are you in favor of the social reign of Our Lord Jesus Christ? If you do not accept the doctrine of your predecessors, it is useless to talk! As long as you do not accept the correction of the Council, in consideration of the doctrine of these Popes, your predecessors, no dialogue is possible. It is useless.» (Fideliter n. 66 nov-dec 1988, pp. 12-13)


source:  «no canonical agreement before a doctrinal agreement»
                 Father Jean in Morgon



Motu Proprio Summorum Pontificum en question



Voici un extrait du texte de M. l'Abbé Peter Scott (SSPX) commentant l'Instruction "Universae Ecclesiae" sur l’application de la Lettre apostolique Summorum Pontificum


Au point 3:
«However, most astonishing in this entire document is the condition that is imposed upon the faithful who request the traditional Mass, which is contained in §19: "The faithful who ask for the celebration of the forma extraordinaria must not in any way support or belong to groups which show themselves to be against the validity or legitimacy of the Holy Mass or the Sacraments celebrated in the forma ordinaria or against the Roman Pontiff as Supreme Pastor of the Universal Church."

This condition is very strong and uncompromising, directed as it is against traditional Catholics. If they accept that the New Mass is not in itself necessarily invalid, and if they accept the authority of the Sovereign Pontiff, they rightly absolutely refuse to accept the legitimacy of the New Mass. It is precisely for this reason that they refuse to attend it, and why they request the traditional rites. Consequently this condition excludes from the celebration of the traditional Mass under the Motu proprio all those who insist on their right to keep the Faith. For such traditional Catholics to use it, is objectively to do so under false pretences. If this condition were to be strictly applied, it would exclude the very reason why the traditional Mass is celebrated, and it would mean its death, except for a few people with sentimental attachments.

This refusal of the legitimacy of the new rite of Mass is an immediate consequence of the observation that the New Mass does not follow the law of the Catholic Faith, that it undermines the interior life and destroys the Faith of those who assist at it, that it propagates modernist ideas, especially the loss of respect for the sacraments, notably the Blessed Sacrament, as well as respect for the ordained priesthood, and promotes the naturalism and humanism that permeate its ceremonies. These are the observations to be made by every thinking Catholic, and the radical explanation as to why so many Catholics have abandoned their practice of the Faith. These considerations make the new rite of Mass in a very real sense illegitimate, because incapable of fulfilling its purpose to sanctify souls, as well as wrong and a grave evil that has brought great harm to the Church. The official approval from the liberal post-conciliar Popes does nothing at all to change this.

It is very interesting to note that this fact was effectively admitted by Cardinal Kurt Koch, President of the Pontifical Council for Promoting Christian Unity, in an address given to a congress held on Summorum Pontificum on May 15, 2011. He admitted that "the post-conciliar liturgical reform is considered in large circles of the Catholic Church as a rupture with tradition and as a new creation" and that in the novus ordo "that sacredness that attracts many to the old use must manifest itself more forcefully." (zenit.org 5/17/2011) It is an understatement, but at least it is a recognition that in the minds of the faithful there is a real problem with the Novus Ordo. It is the very recognition of this problem which, according to the text of the instruction itself, excludes one from taking part in the Masses celebrated in virtue of the Motu proprio.»

À la conclusion:
«The conclusion from these brief considerations is quite clear. Cooperation with the Ecclesia Dei commission’s administration of this Motu proprio is an unacceptable compromise on principle, the profession that there is no crisis in the Church, and a formal cooperation in the ecumenical spirit that refuses to resolve the doctrinal problems of modernism. It is to live a contradiction: namely to chose the traditional Mass because the New Mass is wrong, and yet at the same time to profess that the New Mass is not wrong so as to be able to celebrate the traditional Mass. It is the ultimate contradiction of asking permission for that which needs no permission, that that which needs no permission might ultimately be forbidden!»



lundi 23 janvier 2017

Le Motu Proprio Summorum Pontificum, qu'en penser?





*** Revu et augmenté ***

En assistant à la messe du Motu Proprio de Benoît XVI, un fidèle admet implicitement la légitimité de la messe nouvelle, car la messe du Motu Proprio n'est accordée uniquement que sous cette condition comme l'indique l'ancien Pape Benoît XVI dans son instruction:

Au point 5:
«Plusieurs fidèles, formés à l’esprit des formes liturgiques antérieures au Concile Vatican II, ont exprimé le vif désir de conserver la tradition ancienne. C’est pourquoi, avec l’indult spécial Quattuor abhinc annos publié en 1984 par la Sacrée Congrégation pour le Culte divin, le Pape Jean-Paul II concéda sous certaines conditions la faculté de reprendre l’usage du Missel romain promulgué par le ... Pape Jean XXIII.  En outre, avec le Motu Proprio Ecclesia Dei de 1988, le Pape Jean-Paul II exhorta les Évêques à concéder généreusement cette faculté à tous les fidèles qui le demandaient. C’est dans la même ligne que se situe le Pape Benoît XVI avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, où sont indiqués, pour l’usus antiquior du rite romain, quelques critères essentiels qu’il est opportun de rappeler ici. »

Un peu plus loin, au point 19:
«Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle. »

«Au cours de l’audience du 8 avril 2011 accordée au Cardinal Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le Souverain Pontife Benoît XVI a approuvé la présente Instruction et en a ordonné la publication.»

source:

En outre, dans une lettre adressée aux évêques, le pape Benoît XVI précise:
«Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres

«Fait auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007.»

source:
LETTRE DU PAPE BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES QUI ACCOMPAGNE LA
LETTRE APOSTOLIQUE "MOTU PROPRIO DATA"
SUMMORUM PONTIFICUM



Participer à l’ancienne messe célébrée dans ces conditions, c’est accepter de participer à l'autodémolition de l'Église affirmait Mgr Lefebvre.


Lettre de Mgr Lefebvre sur l'assistance à la messe avec indult:

« A votre bonne lettre, reçue hier à Saint Michel, je réponds aussitôt pour vous dire ce que je pense au sujet de ces prêtres qui reçoivent un « celebret » de la Commission Romaine, chargée de nous diviser et de nous détruire.

Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicitement le Concile et les Réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires. Leur parole est paralysée pour cette acceptation. Les Évêques les surveillent !

C’est bien regrettable que ces prêtres ne prennent pas conscience de cette réalité. Mais nous ne pouvons tromper les fidèles.

Il en est de même pour ces « Messes traditionnelles » ! organisées par les diocèses (messes à indult). Elles sont célébrées entre deux Messes conciliaires. Le prêtre célébrant dit aussi bien la nouvelle que l’ancienne. Comment et par qui est distribuée la sainte communion ? Quelle sera la prédication ? Etc...

Ces Messes sont des « attrape-nigauds » qui entraînent les fidèles dans la compromission !

Beaucoup ont déjà abandonnés.

Ce qu’ils doivent changer, c’est leur doctrine libérale et moderniste.

Il faut s’armer de patience et prier. L’heure de Dieu viendra.

Que Dieu vous accorde de saintes fêtes de Pâques.
Bien cordialement vôtre en Christo et Maria.


Mgr Marcel Lefebvre, Saint Michel en Brenne, le 18 mars 1989



Le testament spirituel d'un prêtre





L'un des premiers prêtres de la FSSPX à desservir  les régions du Québec, laissait au moment  de quitter notre pays, dans une lettre touchante, son testament spirituel aux fidèles:

«Je vous lègue mon testament spirituel:  Ne cédez pas au chant des sirènes dans la crise présente de l'Église.  Ne demandez pas à vos évêques l'autorisation d'assister à des messes de Saint Pie V, si en contrepartie, vous devez signer un texte reconnaissant que la Nouvelle Messe de Paul VI est bonne et que vous vous engagez à ne plus la critiquer.  N'assistez pas aux messes de Saint Pie V, de prêtres qui auraient signé un tel texte en reniant leur foi au Saint Sacrifice de la Messe.  N'oubliez pas que la Nouvelle Messe, même valide, est mauvaise.  Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Mgr Lefebvre, ainsi que le cardinal Ottaviani, ex-chef du Saint Office, qui écrivant une lettre au pape Paul VI, déclarait: «que la Nouvelle Messe s'éloigne dans l'ensemble comme dans le détail, de façon impressionnante, de la théologie de la Sainte Messe, telle qu'elle a été définie par la XXIIe session du Concile de Trente.»  


Lettre aux fidèles (extrait) - 28 octobre 1984 - Fête du Christ-Roi




lundi 16 janvier 2017

Les messes ralliées ou du motu proprio




À partir de 1969, devant la messe Paul VI, beaucoup de boucliers s’étaient levés. De très nombreux arguments avaient été présentés pour montrer la nocivité de cette nouvelle messe pour notre foi, mais aussi afin de dissuader les prêtres de la célébrer, et les fidèles d’y assister. Parmi les arguments principaux, le plus invoqué fut sans aucun doute cet adage liturgique : « lex credendi, lex orandi », « la loi de la foi est la loi de la prière. » et « la loi de la prière est la loi de la foi ». Cet adage nous montre que foi et liturgie sont intimement liées. En effet, la foi doit être le substrat de la liturgie afin de rendre un culte véridique à Dieu. Puisque l’art est l’expression extérieure de l’âme, la liturgie doit être l’expression de la foi afin de confesser celle-ci publiquement et de nourrir l’âme des fidèles de ses vérités éternelles. L’une ne va pas sans l’autre. L’évangile lui-même proclame de façon on ne peut plus claire ce lien entre la profession de foi et le sacrifice de la Passion du Christ. Pendant ses trois années de vie publique, Notre Seigneur sera en opposition ouverte avec les chefs des prêtres, scribes et pharisiens. Même si c’est par jalousie que les chefs d’Israël livrent le Christ à Pilate, il est très certain que ces mêmes chefs, imbus d’une loi de Moïse dévoyée, s’opposent à l’enseignement du Christ. Notre Seigneur condamne alors ces faux docteurs qui ne peuvent le souffrir. « Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la clef de la science…» (St Luc 11/52) Ainsi, d’une façon éloignée, c’est bien la doctrine du Christ qui est au principe de sa Passion, mais cela est aussi vrai des raisons prochaines de sa condamnation. Durant son procès, Notre Seigneur est interrogé sur sa doctrine par le grand prêtre. (St Jean 18/19) Et de fait, sa condamnation a pour point de départ la confession publique qu’Il fit de cette grande vérité de notre foi : sa divinité. Dans la nuit du Jeudi-Saint au Vendredi-Saint, le grand prêtre interroge Notre Sauveur : « Es-tu le Fils de Dieu ? » Notre Seigneur ainsi interpelé, se voit dans obligation de confesser la vérité. Il est d’ailleurs venu pour cela : « Je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la Vérité » dira-t-Il à Pilate. (...)
  
Nous le voyons, l’évangile montre bien ce lien entre la profession de foi et la Passion du Christ. Or, avec la réforme de 1969, et hélas toujours aujourd’hui, nous pouvons constater ce divorce entre la foi et la liturgie. Si un tel paradoxe existe chez les modernistes - c’est une fâcheuse habitude chez eux et c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît - ce dédoublement peut aussi se dissimuler chez les ministres célébrant la messe de toujours. N’est-ce pas le cas des ministres des instituts  ralliés ou diocésains se réclamant du Motu proprio de 2007 ?

Si, comme nous venons de le voir, l’enseignement des trois années de vie publique, et la confession par le Christ de sa divinité la veille de sa Passion sont au principe de son sacrifice, est-il absurde de croire et d’affirmer que la confession de ces mêmes vérités de foi est aussi intimement liée au Saint Sacrifice de la messe ? En ce cas, le prêtre, pour s’unir intimement et avec fruit au sacrifice du Christ, se doit de confesser publiquement, à la suite du Christ, toute la vérité catholique, dénonçant et rejetant du même coup, loin de son troupeau, les erreurs du moment. Que dire alors des messes ralliées, ou motu proprio ?

Ces ministres, par les instituts auxquels ils appartiennent, avalisent intégralement le dernier concile ainsi que la messe de Paul VI ; deux erreurs qui s’opposent à la foi et, en bonne logique, détruisent l’Église de fond en comble. N’y a-t-il pas là de la part de ces Instituts un refus de profession publique de foi en ce sens qu’il y a refus du rejet des erreurs opposées ? De tels ministres ne séparent-ils pas encore et toujours la loi de la foi d’avec la loi de la prière ? Quant à nous, suivons nos pères dans la foi. Les actes des Apôtres (2/42) nous disent que les premiers chrétiens « persévéraient dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain et dans la prière. » Cet agir catholique nous fut dernièrement rappelée par Monsieur l'Abbé de Cacqueray, dans la lettre aux amis et bienfaiteurs de janvier 2014 : « Il ne nous faut pas nous rendre sur des lieux de messe où nous ne trouverons pas et la vraie messe et la vraie doctrine. Comme les Vendéens n’assistaient pas aux messes des prêtres jureurs, n’assistons pas aux messes des prêtres qui ne s’opposent pas clairement et publiquement aux erreurs du concile Vatican II.» 


Les messes ralliées ou du motu proprio -extrait-
Abbé Nicolas Jaquemet +