lundi 16 janvier 2017

Les messes ralliées ou du motu proprio




À partir de 1969, devant la messe Paul VI, beaucoup de boucliers s’étaient levés. De très nombreux arguments avaient été présentés pour montrer la nocivité de cette nouvelle messe pour notre foi, mais aussi afin de dissuader les prêtres de la célébrer, et les fidèles d’y assister. Parmi les arguments principaux, le plus invoqué fut sans aucun doute cet adage liturgique : « lex credendi, lex orandi », « la loi de la foi est la loi de la prière. » et « la loi de la prière est la loi de la foi ». Cet adage nous montre que foi et liturgie sont intimement liées. En effet, la foi doit être le substrat de la liturgie afin de rendre un culte véridique à Dieu. Puisque l’art est l’expression extérieure de l’âme, la liturgie doit être l’expression de la foi afin de confesser celle-ci publiquement et de nourrir l’âme des fidèles de ses vérités éternelles. L’une ne va pas sans l’autre. L’évangile lui-même proclame de façon on ne peut plus claire ce lien entre la profession de foi et le sacrifice de la Passion du Christ. Pendant ses trois années de vie publique, Notre Seigneur sera en opposition ouverte avec les chefs des prêtres, scribes et pharisiens. Même si c’est par jalousie que les chefs d’Israël livrent le Christ à Pilate, il est très certain que ces mêmes chefs, imbus d’une loi de Moïse dévoyée, s’opposent à l’enseignement du Christ. Notre Seigneur condamne alors ces faux docteurs qui ne peuvent le souffrir. « Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la clef de la science…» (St Luc 11/52) Ainsi, d’une façon éloignée, c’est bien la doctrine du Christ qui est au principe de sa Passion, mais cela est aussi vrai des raisons prochaines de sa condamnation. Durant son procès, Notre Seigneur est interrogé sur sa doctrine par le grand prêtre. (St Jean 18/19) Et de fait, sa condamnation a pour point de départ la confession publique qu’Il fit de cette grande vérité de notre foi : sa divinité. Dans la nuit du Jeudi-Saint au Vendredi-Saint, le grand prêtre interroge Notre Sauveur : « Es-tu le Fils de Dieu ? » Notre Seigneur ainsi interpelé, se voit dans obligation de confesser la vérité. Il est d’ailleurs venu pour cela : « Je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la Vérité » dira-t-Il à Pilate. (...)
  
Nous le voyons, l’évangile montre bien ce lien entre la profession de foi et la Passion du Christ. Or, avec la réforme de 1969, et hélas toujours aujourd’hui, nous pouvons constater ce divorce entre la foi et la liturgie. Si un tel paradoxe existe chez les modernistes - c’est une fâcheuse habitude chez eux et c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît - ce dédoublement peut aussi se dissimuler chez les ministres célébrant la messe de toujours. N’est-ce pas le cas des ministres des instituts  ralliés ou diocésains se réclamant du Motu proprio de 2007 ?

Si, comme nous venons de le voir, l’enseignement des trois années de vie publique, et la confession par le Christ de sa divinité la veille de sa Passion sont au principe de son sacrifice, est-il absurde de croire et d’affirmer que la confession de ces mêmes vérités de foi est aussi intimement liée au Saint Sacrifice de la messe ? En ce cas, le prêtre, pour s’unir intimement et avec fruit au sacrifice du Christ, se doit de confesser publiquement, à la suite du Christ, toute la vérité catholique, dénonçant et rejetant du même coup, loin de son troupeau, les erreurs du moment. Que dire alors des messes ralliées, ou motu proprio ?

Ces ministres, par les instituts auxquels ils appartiennent, avalisent intégralement le dernier concile ainsi que la messe de Paul VI ; deux erreurs qui s’opposent à la foi et, en bonne logique, détruisent l’Église de fond en comble. N’y a-t-il pas là de la part de ces Instituts un refus de profession publique de foi en ce sens qu’il y a refus du rejet des erreurs opposées ? De tels ministres ne séparent-ils pas encore et toujours la loi de la foi d’avec la loi de la prière ? Quant à nous, suivons nos pères dans la foi. Les actes des Apôtres (2/42) nous disent que les premiers chrétiens « persévéraient dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain et dans la prière. » Cet agir catholique nous fut dernièrement rappelée par Monsieur l'Abbé de Cacqueray, dans la lettre aux amis et bienfaiteurs de janvier 2014 : « Il ne nous faut pas nous rendre sur des lieux de messe où nous ne trouverons pas et la vraie messe et la vraie doctrine. Comme les Vendéens n’assistaient pas aux messes des prêtres jureurs, n’assistons pas aux messes des prêtres qui ne s’opposent pas clairement et publiquement aux erreurs du concile Vatican II.» 


Les messes ralliées ou du motu proprio -extrait-
Abbé Nicolas Jaquemet +   


mercredi 11 janvier 2017

Sur la levée de l'excommunication des quatre évêques de la FSSPX




Certaines personnes de la Tradition avaient accueilli de façon assez positive voire comme une bénédiction du Ciel la levée de l'excommunication latae sententiae des quatre évêques de la FSSPX par Benoît XVI en 2009. D'autres, en revanche, considèrent, encore aujourd'hui, ce geste de l'ancien pape comme un moyen pour les autorités romaines d'entraîner une partie de la Tradition dans la révolution conciliaire.  Mgr Lefebvre n'avait-t-il pas dit en 1988:« pour Rome le but des colloques est la réconciliation, comme le dit le cardinal Gagnon, c’est-à-dire le retour de la brebis égarée dans la bergerie. Quand nous pensons à l’histoire des relations de Rome avec les traditionalistes de 1965 à nos jours, nous sommes bien obligés de constater que c’est une persécution sans répit et cruelle pour nous obliger à la soumission au Concile. La Rome actuelle conciliaire et moderniste ne pourra jamais tolérer l’existence d’un vigoureux rameau de l’Eglise catholique qui la condamne par sa vitalité. » (Mgr Lefebvre, Ecône, 19-6-1988)

Concernant cette "levée d'excommunication", nous savons par exemple qu'elle ne correspondait pas en réalité au préalable demandé par la FSSPX  puisque monsieur l'abbé de Cacqueray, ancien supérieur du district de France, déclarait en 2008: 

«...la Fraternité se refuse à demander « une  levée des sanctions ». Elle cherche à obtenir « le retrait du décret des excommunications » et il n’échappe à personne que les termes qu’elle a employés pour traduire sa requête l’ont été à dessein. Elle veut que soit bien manifestée sa conviction de la nullité des sanctions...» 

« S’il s’agit réellement du retrait du décret – et non pas d’une levée des excommunications – il sera alors le commencement de la réparation de l’injustice inouïe que l’on sait et nous pourrons nous en réjouir. Si, en revanche, il s’agissait d’une ‘‘levée des excommunications’’, les choses seraient tout autres. Il ne correspondrait pas à notre deuxième préalable et ne laverait nullement nos évêques du mauvais procès qui leur a été fait. Laissant alors accroire que les peines prononcées n’étaient pas nulles et qu’elles étaient peut-être même méritées, n’en résulterait-il pas, dans un certain sens au moins, un nouveau mal plus profond ? Rome aurait alors enlevé, avec une apparence miséricordieuse, des sanctions qui se trouveraient, par le même acte, confirmées comme ayant été validement, voire légitimement portées. » (Abbé Régis de Cacqueray- Suresnes , le 31 décembre 2008)

Autre remarque intéressante et soulignée par un journaliste peu de temps après la levée de l'excommunication: «La Fraternité Saint-Pie X avait demandé, à plusieurs reprises, « le retrait du décret d’excommunication » de 1988. Elle a obtenu la levée de ce décret (rimozione dans le texte original italien du cardinal Re). Ce n’est pas la même chose. (...) Si le décret d’excommunication avait été retiré, autant dire annulé, il aurait concerné non seulement les quatre évêques consacrés en 1988 mais aussi les deux évêques consécrateurs (Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer). Or, ce n’est pas le cas. Mgr Fellay, dans sa lettre aux fidèles, y fait allusion quand il espère « la prompte réhabilitation » de Mgr Lefebvre.» (Extrait "Une levée d'excommunication" - Quelques remarques- Yves Chiron de Aletheia du 24 janvier 2009 publié sur «La Porte Latine»)

Ainsi, on constate que ce geste posé par Benoît XVI n'a pas eu pour objectif la réhabilitation des évêques de la Fraternité, mais avait plutôt pour but de les amener graduellement à l'acceptation du concile. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui ressort clairement  des paroles de Benoît XVI à l'occasion de l'audience générale du 28 janvier 2009:
« ... j'espère que mon geste sera suivi de la volonté des évêques de la Fraternité St Pie X d'accomplir les autres pas nécessaires pour aboutir à la pleine communion avec l'Église témoignant ainsi leur vraie fidélité et leur reconnaissance du magistère et de l'autorité du pape ainsi que du concile Vatican II. » (Benoît XVI et la Tradition - KTO à 12:25)

Devant ces événements, il faut donc choisir disait Mgr Lefebvre:
«Alors, mes chers amis, il faut savoir choisir dans la vie, devant les événements… Il faut les voir tels qu’ils sont, il ne faut pas fermer les yeux en disant : – Je ne veux pas voir ça. C’est trop dur, c’est trop fort, c’est trop épouvantable. C’est épouvantable, mais si le Bon Dieu le veut, si le Bon Dieu nous met devant ces circonstances, qu’est-ce que nous allons faire ? Nous allons abandonner la foi ? Nous allons nous laisser, comme les autres, partir à la dérive ? » (Mgr Lefebvre conférence spirituelle du 20 mai 1986)

Eh bien non, choisissons à la suite de Mgr Lefebvre de combattre les erreurs conciliaires  ainsi nous garderons cet esprit de fermeté dans la foi. En suivant les recommandations du fondateur de la FSSPX, nous sommes assurés de garder la Tradition.



lundi 9 janvier 2017

En l'honneur de la fête de la sainte Famille





Recouvrement de Jésus au temple



Lecture du Saint Evangile selon saint Luc

Quand Jésus eut douze ans, comme ils étaient montés selon la coutume de la fête, et qu’ils s’en retournaient, le temps étant passé, l’enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne le surent pas. Pensant qu’il était avec la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils s’en retournèrent à Jérusalem en le recherchant. Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ils furent stupéfaits, et sa mère lui dit : "Mon enfant, pourquoi nous avez-vous fait cela ? Voyez, votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés." Et il leur répondit : "Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être dans les choses de mon Père ?" Mais ils ne comprirent pas la parole qu’il leur dit. Et il descendit avec eux, et il vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces choses en son cœur. Et Jésus progressait en sagesse, en taille et en grâce, auprès de Dieu et des hommes.



image vitraux ndoduc

mercredi 4 janvier 2017

Nécessité de suivre l’esprit et les règles du fondateur





Certains traditionalistes, se réclamant de Monseigneur Lefebvre, remettent de plus en plus en question les positions du fondateur de la FSSPX. On aimerait le reprendre notamment sur les points suivants:

-  d'avoir refusé le sédévacantisme comme position acceptable au sein de la FSSPX par conséquent, son refus de s'associer à Mgr Guérard des Lauriers ou autres sédévacantistes.

-  son refus de s'associer aux modernistes conservateurs et aux ralliés.

-  d'avoir condamné l'assistance à la Nouvelle Messe, aux messes des ralliés ainsi qu'aux messes sédévacantistes.


Est-il permis de remettre en question les principes du fondateur?  Et quelles en sont les conséquences?

Remettre en question les positions d'un dirigeant crée toujours un profond trouble dans une organisation et conduit à la destruction de l'autorité. C'est en ces termes que s'exprimait d'ailleurs, à l'occasion d'un sermon, un prêtre de la FSSPX. Il précisait en parlant de l'esprit du fondateur:

«Tout d’abord permettez-moi de vous rappeler ce que disait le Père Barielle, directeur spirituel à Ecône, confesseur de Mgr Lefebvre, qui a été un homme de foi et qui a donné une impulsion merveilleuse, providentielle à la FSSPX en lui donnant les Exercices Spirituels de St Ignace. Voilà ce qu’il écrivait en 1982 : «J’ai tenu à écrire ceci pour servir à tous de leçon. Le jour où dans la Fraternité Saint-Pie X on oubliera l’esprit et les règles du fondateur, la Fraternité sera perdue. Plus que cela, dès maintenant, tous ceux de nos frères qui se sont permis de juger et bientôt de condamner le fondateur et ses principes n’ont pas tardé à quitter la Fraternité, l’enseignement traditionnel de l’Eglise et la messe instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ.» Mes frères il n’y a jamais eu d’exceptions à ce que ce père a écrit. Tous ceux sans exception qui ont critiqué Mgr Lefebvre et qui se sont alliés avec Rome, tous sans exception ont dû avaler le Concile Vatican II et ses erreurs ainsi que la nouvelle messe.

Quel est donc l’esprit du fondateur ? N’oubliez jamais mes biens chers fidèles, et c’est ce que me disait souvent le Père Barielle, Mgr Lefebvre a reçu les grâces de la fondation de la Fraternité, tous les autres membres n’ont pas cette grâce, ils ont la grâce de poursuivre l’œuvre de Mgr Lefebvre. Si on veut changer la grâce qu’a reçu Mgr Lefebvre ont fait autre chose et on tombe. Alors, qu’est-ce que disait Mgr Lefebvre et c’est à cela que je m’accroche et ce sont ses principes que je vous demande de méditer.» (1)



Quels sont donc les principes du fondateur? 

Ces principes ont non seulement été exprimés publiquement par le fondateur, mais aussi exigés par celui-ci aux membres de la Fraternité dans la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité Saint-Pie X. C’est une déclaration que font tous les ordinands avant l’ordination sacerdotale:

DÉCLARATION DE FIDÉLITÉ AUX POSITIONS DE LA FRATERNITÉ SAINT PIE X

Je soussigné, reconnais (pape actuel) comme Pape légitime de la sainte Église catholique. C’est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife. Je refuse de le suivre quand il s’écarte de la Tradition catholique, particulièrement en matière de liberté religieuse et d’œcuménisme, ainsi que dans les réformes qui sont nocives pour l’Église.

J’admets que les Messes célébrées selon le nouveau rite ne sont pas toutes invalides. Cependant, eu égard aux mauvaises traductions du N.O.M, à son ambiguïté qui favorise son interprétation dans un sens protestant, et à la pluralité des modes de célébration, je reconnais que le danger d’invalidité est très grand. J’affirme que le nouveau rite de la Messe ne formule, il est vrai, aucune hérésie expresse, mais qu’il «s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe» et que pour cette raison ce nouveau rite est en soi mauvais. C’est pourquoi je ne célébrerai jamais la sainte Messe selon ce nouveau rite, même sous la menace de peines ecclésiastiques ; et je ne conseillerai jamais à quiconque, de manière positive, de participer activement à une telle messe.

J’admets enfin comme légitime et conforme à la Tradition la réforme liturgique de Jean XXIII.

J’en reçois donc comme catholiques tous les livres liturgiques : missel, bréviaire,. etc., (et je m’engage à les utiliser exclusivement selon leur calendrier et leurs rubriques, en particulier pour la célébration de la Messe et pour la récitation du bréviaire). Je désire ce faisant manifester l’obéissance qui me lie à mes supérieurs, ainsi que celle qui me lie au Pontife Romain dans tous ses actes légitimes.                    Fait à (lieu et date) :......... Signature:........

La déclaration du fondateur se résume par conséquent en ces quelques mots:
« Nous devons être indemnes de toute compromission, tant à l’égard des sédévacantistes qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique.» (2)

Déclaration qui situe donc très nettement la Fraternité Saint-Pie X sur ces points essentiels: ni sédévacantisme, ni modernisme.


Pour conclure, rappelons-nous...

«...que  dans ces temps de crise pour la FSSPX et l’Eglise, la fidélité à l’Eglise passe par la fidélité à la pensée de son fondateur. S’en écarter, c’est prendre des chemins qui ont montré qu’ils sont une voie de mort.» (3)  Ainsi, plusieurs tomberont, mais ceux qui auront suivi la voie de l'obéissance, ne seront pas atteints.



(1)  Sermon de l'abbé Michel Koller, fsspx - 10 juin 2012
(2) Conférence à Flavigny, décembre 1988, extrait de Fideliter 68 (mars 1989), p. 16
(3) Sédévacantisme et libéralisme: le même problème selon Mgr Lefebvre par Austremoine


lundi 2 janvier 2017

Fête du saint Nom de Jésus






- C’est au jour de Sa Circoncision, selon la Loi de Moïse, que le divin Enfant de Bethléem reçut le Nom de Jésus, le huitième jour après sa naissance. L’Ange Gabriel le lui avait assigné à l’avance au jour de l’Annonciation : "Vous l’appellerez Jésus, car il délivrera son peuple de l’esclavage du péché."

- Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu’il signifie Sauveur ; la grandeur de son origine, puisqu’il fut apporté du Ciel ; sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles ; sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons ? Qui dira sa puissance, puisque c’est par ce nom que l’Église prie, qu’elle administre les sacrements et donne ses bénédictions, et que les apôtres et les Saints ont opéré des multitudes de miracles ? Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les Saints l’ont si bien chanté et que les chrétiens l’ont invoqué et l’invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d’amour ?

- Puisse donc le Nom de Jésus (1) être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre coeur pendant la vie ! Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l’heure de la mort, notre joie et notre chant éternel dans les Cieux.

source: La Porte Latine


dimanche 1 janvier 2017

Position sur l'assistance à la messe





Certains prêtres et fidèles tentent, depuis quelques mois, de faire remarquer à Son Excellence Mgr Williamson l'incompatibilité évidente qui existe entre sa position sur l'assistance à la messe et celle du fondateur de la FSSPX.  Si en effet Mgr Lefebvre déconseillait expressément l'assistance aux messes du Novus Ordo, aux messes de saint Pie V des ralliés ainsi qu'à celles des sédévacantistes, à l'inverse Son Excellence Mgr Williamson les recommande ouvertement à ses fidèles.  



L'assistance à la messe du Novus Ordo (Nouvelle Messe)


Mgr Lefebvre:
«...alors ces changements qui ont eu lieu dans cette messe rendent cette messe dangereuse! Empoisonnée! Et c'est pourquoi nous refusons absolument d'encourager les fidèles à aller à cette messe! Nous les détournons de cette messe! » (Mgr Lefebvre le 11 juin 1988 à Flavigny)

«Cette messe est empoisonnée, elle est mauvaise et fait perdre peu à peu de foi, nous sommes clairement obligés de la rejeter.» ( La Messe de toujours p 353)



Bishop Richard Williamson:
«Therefore, I will not say every single person must stay away from every single Novus Ordo Mass.»  (Conference in Mahopac, NY, June 2015)

«Therefore, there are cases when even the Novus Ordo Mass can be attended with an effect of building one's Faith, instead of losing it.» (Conference in Mahopac, NY, June 2015)

«The Novus Ordo Mass does not absolutely exclude the old religion.» (Eleison Comments, # 437, Nov. 30 2015)



L'assistance à la messe des sédévacantistes


Mgr Lefebvre:
« Nous devons être indemnes de toute compromission, tant à l’égard des sédévacantistes qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique.»   (Flavigny, décembre 1988)

«J’ai toujours mis en garde les fidèles par exemple vis-à-vis des sédévacantistes. Ils disent aussi : la messe est bien, nous y allons.»  (Propos recueillis par André CAGNON Source : Fideliter n° 79 de janvier-février 1991)



Bishop Richard Williamson:
«Sedevacantism is dangerous, but if there's no other Mass available, I wouldn't exclude attending it.»

«You might think twice before attending the Mass of fanatical sedevacantist, but a reasonable sedevacantist, if necessary, I'd say one could attend.» (Conference in Texas, September 25, 2016)

«En juillet 2014, à Avrillé, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, ... a admis la liberté pour chacun d’être una cum ou non una cum au canon de la messe..»   M. l'abbé Rioult - Discours sur l’Église romaine face à l’apostasie (7/12) note 16 publié le 8 décembre 2015 



Notre position sur l'assistance à la messe


Voici la position du blog «La Doctrine de Vérité» sur l'assistance à la messe  en conformité avec celle de Mgr Lefebvre. La lumière reste verte pour la FSSPX tant qu'il n'y a pas de ralliement officiel avec Rome.

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         Lumière rouge

       - Messe nouvelle ou messe de Paul VI
       - Messe des ralliés ou du motu proprio de Benoît XVI
       - Messe sédévacantiste

         Lumière orange

        - Zone grise

         Lumière verte

       - Messe FSSPX        




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auteur: Frisky 007
CC BY-SA 3.0
wikimedia

jeudi 29 décembre 2016

Quelques réflexions sur le Commentaire Eleison «Distinguer, Discriminer» de Mgr Williamson


Avant de lire cet article, nous vous recommandons de consulter l'étude suivante: Les 62 raisons pour lesquelles nous ne pouvons assister à la nouvelle messe.



Certains «Commentaire Eleison» publiés par Son Excellence Mgr Williamson s'opposent à l'enseignement  traditionnel de l'Église catholique.   C'est le cas notamment  du Commentaire Eleison # 492 «Distinguer, Discriminer».

Si d'un côté Son Excellence parle bien de la nocivité de la nouvelle messe dans certaines de ses déclarations:

«D’un point de vu catholique ce rite comme un tout est incontestablement mauvais, parce qu’il change radicalement la Messe.»

«la nouvelle messe est l’agent principal de la destruction de la vraie Eglise.»

«la nouvelle messe comme un tout est non seulement mauvaise, mais très mauvaise.»

C'est pour brusquement lui accorder par la suite une signification et une valeur dans le mystère du salut donc une quasilégitimité:

«D’un autre côté la nouvelle messe est encore assez bonne en partie pour nourrir ces âmes innocentes et pour permettre à Dieu d’opérer des miracles, là encore pour nourrir les âmes ou pour les avertir.»

«la nouvelle messe par sa Consécration et ses bonnes parties est capable de transmettre la grâce et de nourrir spirituellement

Nous faudra-t-il tenir dorénavant que la nouvelle messe est en même temps bonne et mauvaise?

«Pour commenter ces paroles, il faut retourner au concile Vatican II.»  Les documents conciliaires» ainsi que la nouvelle messe «contiennent de la vérité et des erreurs. À la suite de Mgr Lefebvre, la FSSPX n'a jamais  dit en effet qu'ils ne contiennent aucune vérité, mais elle les a toujours accusés de contenir des erreurs sérieuses.» (1) Nous ne nions donc pas le fait que la nouvelle messe puisse contenir des vérités, par contre nous refusons d'affirmer que ce rite exprimant une foi moderniste (2) puisse servir à sanctifier et à nourrir les âmes en raison de ses bonnes parties.  La  nouvelle messe étant «l’agent principal de la destruction de la vraie Eglise» comme l'indique lui-même Son Excellence, elle doit être rejetée dans son ensemble.

Afin de bien comprendre tout cela, lisons la conclusion doctrinale de la FSSPX sur la nouvelle messe: «Sa conclusion doctrinale sur la nouvelle messe, se fonde sur l’application du principe Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu, c’est-à-dire : pour qu’une chose soit bonne, elle ne doit avoir aucun défaut ; il suffit d’un défaut pour qu’elle commence à être mauvaise. Cette conclusion est donc la suivante : le nouveau rite est en soi mauvais. Et si ce nouveau rite est mauvais, c’est donc qu’il n’est pas licite, c’est-à-dire qu’il n’est pas moral d’y participer ou de le célébrer. En effet, en matière sacramentaire, la validité ne suffit pas pour rendre la célébration de la messe bonne; encore faut-il la célébrer dans les conditions de licéité requises. C’est ainsi que, durant la révolution, la messe tridentine des prêtres jureurs était valide, mais non licite, puisque célébrée dans le schisme.» (3)

Les vérités contenues dans la nouvelle messe ne peuvent-elles donc pas servir à sanctifier les âmes?

Saint Augustin affirme au sujet des fausses religions : « En beaucoup de points ils sont avec moi, en quelques-uns seulement ils ne sont pas avec moi ; mais à cause de ces quelques points dans lesquels ils se séparent de moi, il ne leur sert de rien d’être avec moi en tout le reste.» Croire le contraire, revient à se rapprocher en définitive des textes de l'Église conciliaire affirmant que « l’Esprit du Christ ne refuse pas de se servir d’elles [des fausse religions] comme de moyens de salut.» (4)

C'est donc en fonction de cet enseignement constant de l'Église que Mgr Lefebvre précisait au sujet de l'Église conciliaire:

« L'Église conciliaire étant désormais répandue universellement, diffuse des erreurs contraires à la foi catholique et en raison de ces erreurs, a corrompu les sources de la grâce que sont le saint Sacrifice de la Messe et les sacrements. Cette fausse Église est en rupture toujours plus profonde avec l’Église catholique.» (5)

«Le pape actuel et ces évêques ne transmettent plus Notre Seigneur Jésus-Christ mais une religiosité sentimentale, superficielle, charismatique où ne passe plus la vraie grâce de l'Esprit-Saint dans son ensemble. Cette nouvelle religion n'est pas la religion catholique ; elle est stérile, incapable de sanctifier la société et la famille.» (6)




(1)   La Résistance minée # 262 21 juillet 2012
(2)   Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976
Saint Augustin, In Ps. 54, § 19, cité par Léon XIII (Satis cognitum) ASS 28 (1895-1896), p. 724. Enseignements pontificaux de Solesmes, L’Église, vol. 1, n°578.
(3) Les conclusions pratiques déduites de la Déclaration du 21 novembre 1974, abbé Guy Castelain - 25 décembre 2014
(4)  Conc. œcum. Vat. II, Décr. Unitatis redintegratio, n°3.
DE L’ŒCUMÉNISME À L’APOSTASIE SILENCIEUSE – 25 ANS DE PONTIFICAT
(5)  Lettre à Mgr de Castro-Mayer, 4 décembre 1990
(6)  Mgr Lefebvre: « Itinéraire Spirituel », prologue, p. 9-10, édition de 1990

mercredi 28 décembre 2016

Mgr Schneider sur les relations Rome-FSSPX




Mgr Schneider spécialement choisi par Rome pour visiter les séminaires de la Tradition a répondu, le 9 décembre 2016, à certaines questions du journal Présent  concernant les relations entre la FSSPX et Rome. Plusieurs contradictions se font remarquer dans le discours de Mgr Schneider.  Nous vous en présentons deux:

- Mgr Schneider affirme que le fondateur de la FSSPX aurait certainement apprécié la reconnaissance canonique offerte actuellement à la FSSPX par Rome: «Je suis convaincu que Mgr Lefebvre aurait accepté volontiers et avec gratitude cette structure ecclésiale officielle, reconnaissance par l’Eglise de l’apostolat mené.»  source

Comme le fondateur de la FSSPX, se trouve actuellement excommunié, cette déclaration est assez surprenante.  En effet, si on lit attentivement le décret de Benoît XVI, on remarque que la levée d'excommunication ne visait uniquement que les quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre afin «qu'ils puissent témoigner leur vraie fidélité et leur reconnaissance du magistère et de l'autorité du pape ainsi que du concile Vatican II(Benoît XVI audience 28 janvier 2009)  Il serait donc difficile, dans ces circonstances, pour Mgr Lefebvre de se réjouir de cette structure ecclésiale offerte à la FSSPX étant donné la non-reconnaissance du combat mené par celui-ci. Monseigneur ne ménageait pas ses mots lorsqu'il s'agissait de défendre les droits de l'Église contre les erreurs qu'il estimait incompatibles avec la foi catholique, ce qui explique en partie pourquoi Rome refuse, encore aujourd'hui, de lever son excommunication. Par exemple, à la fin de sa vie, il disait : «C’est fini, j’ai compris. On veut nous mener en bateau, c’est terminé, c’est fini, je n’ai plus confiance. J’avais bien raison de ne pas avoir confiance, on est en train de nous jouer. J’ai perdu confiance complètement. Il y a une volonté de la part du Saint-Siège de vouloir nous soumettre à ses volontés et à ses orientations. C’est inutile de continuer. Nous sommes tout à fait opposés l’un à l’autre.» (1)

Monseigneur était-il opposé à tout rapprochement avec Rome? Quand donc les évêques sacrés par Mgr Lefebvre pourront-ils remettre leur épiscopat entre les mains du pape ? Laissons le fondateur répondre lui-même à cette question, alors qu'il s'adressait, dans une lettre, aux futurs évêques de la FSSPX: « Je vous conférerai cette grâce, confiant que, sans tarder, le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu’il la confirme. » (2)

- Mgr Schneider admet d'un côté que les garanties sous une autorité conciliaire sont illusoires: «D’autre part, la Fraternité ne doit pas exiger des garanties à 100 %, ce qui reste irréaliste : nous sommes sur terre, pas au Ciel ! »  source

Ces garanties, c'est-à-dire ce qui permettrait de protéger la Tradition contre l'influence moderniste, sont en effet inexistantes sous une autorité moderniste. Pour réintégrer pleinement l'Église, Rome exige que la FSSPX reconnaisse sans réserve les enseignements controversés de Vatican II comme l'indique, une fois de plus, le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans un interview récent: «Aussi bien le Pape, que notre congrégation qui agit en son nom, ainsi que la la Commission «Ecclesia Dei», s’efforcent d’aboutir à une réconciliation et de rétablir la pleine communion. Dans les discussions, nous avons
essayé de répondre aux préoccupations.  En ce qui concerne le Concile Vatican II, nous avons noté que la critique ne vise pas principalement le Concile mais un développement post-conciliaire – dans lequel se trouvent certaines choses de répréhensibles, comme des développements sauvages ou un aplatissement – par exemple dans la liturgie. Mais ces excès ne peuvent pas être mis sur le compte de la constitution liturgique du concile. Même sur la liberté religieuse il n'y a pas de contenu diamétralement opposé à l'héritage de l’Eglise du 19ème siècle. Je souhaite que les dirigeants de la FSSPX franchissent le pas, de réintégrer pleinement l'Eglise catholique.» Le Cardinal Müller conclut: «Rome ne veut pas y aller au forceps, nous voulons convaincre et cela prend du temps  source

Le fondateur de la FSSPX lui-même n'a cessé de répéter que «tout cela ne nous inspirait pas du tout confiance de nous mettre dans les mains de Rome, d’une Rome qui combattait la Tradition.»(3) Aussi, expliquait-il dans un entretien accordé à "Controverses" en 1988 : «Si on lit bien l'interview du cardinal Ratzinger [le cardinal Müller pour notre époque], il faudra dorénavant prendre garde de bien appliquer le concile, de ne pas se tromper dans son application et de faire attention de ne pas répéter les erreurs qu'on a pu commettre. Il ne parle pas d'en changer les principes. Même s'il en vient à admettre que les fruits du dernier concile ne sont pas ceux qu'il attendait, il opte pour en reprendre les principes de base et faire en sorte qu'ainsi il n'y ait plus de difficulté à l'avenir. Ils n'ont donc pas compris ce que signifie le retour à la Tradition que nous réclamons et ne veulent par conséquent pas revenir à la Tradition des prédécesseurs de Jean XXIII.» (4)

«Tous ceux qui nous ont quittés ne se rendent pas compte de cette situation et croient à la bonne volonté et à la rectitude de pensée des évêques ou cardinaux romains. Rien n'est plus faux ! Ce n'est pas possible qu'ils nous entraînent dans la révolution, disent ceux qui rejoignent le pape et ses évêques. Eh bien, c'est exactement cela qui se passera (5)



(1 )      Conférence de presse à Écône, 15 juin 1988
(2)       Lettre aux futurs Évêques, 29 août 1987
(3)       Conférence de presse à Écône, 15 juin 1988
(4-5)   Entretien paru dans "Controverses" N° 0 – septembre 1988
           Notes du Rocher n° 84 d'août-septembre 2013


lundi 26 décembre 2016

Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ





Suite du Saint Évangile selon saint Jean.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. (ici on fléchit le genou) Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité.  

Messe de Noël 

jeudi 8 décembre 2016

L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie





Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.



Dom Guéranger,  l’Année Liturgique

«L’intention de l’Église, dans cette fête, n’est pas seulement de célébrer l’anniversaire de l’instant fortuné auquel commença, au sein de la pieuse Anne, la vie de la très glorieuse Vierge Marie ; mais encore d’honorer le sublime privilège en vertu duquel Marie a été préservée de la tache originelle que, par un décret souverain et universel, tous les enfants d’Adam contractent au moment même où ils sont conçus dans le sein de leurs mères. La foi de l’Église catholique que nous avons entendu solennellement reconnaître comme révélée de Dieu même, au jour à jamais mémorable du huit Décembre 1854, cette foi qu’a proclamée l’oracle apostolique, par la bouche de Pie IX, aux acclamations de la chrétienté tout entière, nous enseigne qu’au moment où Dieu a uni l’âme de Marie qu’il venait de créer au corps qu’elle devait animer, cette âme à jamais bénie, non seulement n’a pas contracté la souillure qui envahit à ce moment toute âme humaine, mais qu’elle a été remplie d’une grâce immense qui l’a rendue, dès ce moment, le miroir de la sainteté de Dieu même, autant qu’il est possible à un être créé.

Une telle suspension de la loi portée par la justice divine contre toute la postérité de nos premiers parents était motivée par le respect que Dieu porte à sa propre sainteté. Les rapports que Marie devait avoir avec la divinité même, étant non seulement la Fille du Père céleste, mais appelée à devenir la propre Mère du Fils, et le Sanctuaire ineffable de l’Esprit-Saint, ces rapports exigeaient que rien de souillé ne se rencontrât, même un seul instant, dans la créature prédestinée à de si étroites relations avec l’adorable Trinité ; qu’aucune ombre n’eût jamais obscurci en Marie la pureté parfaite que le Dieu souverainement saint veut trouver même dans les êtres qu’il appelle à jouir au ciel de sa simple vue ; en un mot, comme le dit le grand Docteur saint Anselme : « Il était juste qu’elle fût ornée d’une pureté au-dessus de laquelle on n’en puisse concevoir de plus grande que celle de Dieu même, cette Vierge à qui Dieu le Père devait donner son Fils d’une manière si particulière que ce Fils deviendrait par nature le Fils commun et unique de Dieu et de la Vierge ; cette Vierge que le Fils devait élire pour en faire substantiellement sa Mère, et au sein de laquelle l’Esprit-Saint voulait opérer la conception et la naissance de Celui dont il procédait lui-même. » (De Conceptu Virginali. Cap. XVIII.)


mardi 6 décembre 2016

Que penser des miracles dans le NOM?





«Du prodige, oui il faut se méfier ! Notre Seigneur lui-même nous en a averti : « Il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, ils feront de grands prodiges et des choses extraordinaires, au point d’égarer s’il était possible les élus eux-mêmes.» (Mt 24, 24) (1)

Depuis un certain temps, on voit surgir de grandes controverses au sein de La Résistance. L'une des questions les plus disputés est celle-ci: Dieu peut-il faire des miracles eucharistiques dans la Nouvelle Messe (NOM)?   Ainsi, Mgr Williamson écrivait récemment dans un Commentaire Eleison à propos de certains miracles eucharistiques dans le NOM:

«Le 29 janvier cette évidence matérielle et physique a été présentée à la Curie Métropolitaine à Bialystok, où on attend patiemment le jugement officiel de l’Église quant à l’origine surnaturelle de l’événement. Décisifs à cet égard, a dit l’Archevêque dans un sermon d’octobre, 2009, seront les fruits spirituels parmi les fidèles. Déjà on a constaté une croissance importante de la piété et pratique religieuse des fidèles de la région, et des centaines de pèlerinages sont venus de l’étranger. Il y a eu aussi de nombreux miracles de conversion et de guérison.»  (Commentaire Eleison # 490)

Avant d'aborder directement la question des miracles eucharistiques dans le NOM, il est nécessaire de se rappeler, en premier lieu, que la messe nouvelle est l'expression d'une nouvelle foi, une foi étrangère à la foi catholique.  Aussi, Mgr Lefebvre affirmait à ce sujet:

«Nous sommes convaincus que ce nouveau rite de la Messe exprime une nouvelle foi, une foi qui ne nous appartient pas, une foi qui n'est pas la foi catholique.Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d'une nouvelle foi, une foi moderniste.» (Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976)

«...alors ces changements qui ont eu lieu dans cette messe rendent cette messe dangereuse! Empoisonnée! Et c'est pourquoi nous refusons absolument d'encourager les fidèles à aller à cette messe! Nous les détournons de cette messe! » (Mgr Lefebvre le 11 juin 1988 à Flavigny)

«Cette messe est empoisonnée, elle est mauvaise et fait perdre peu à peu de foi, nous sommes clairement obligés de la rejeter.» ( La Messe de toujours p 353)

Ensuite, l'enseignement traditionnel de l'Église est assez claire sur cette question des miracles et précise que ceux-ci ne peuvent être utilisés par Dieu pour donner une crédibilité à ce qui est faux. Tout «miracle» qui le fait est soit naturellement expliqué ou d'origine démoniaque, donc n'est pas un vrai miracle.

«Jamais Dieu ne permet de vrais miracles en faveur de l'erreur, car ils sont toujours un signe de l'opération divine et la preuve de la vérité. Si le démon pouvait en opérer [en faveur de l'erreur], Dieu approuverait l'erreur, ce qui répugne à sa bonté.» (S.Thomas d'Aquin)  (2)

Il est vrai que Dieu peut se servir quelquefois de personnes indignes pour opérer des miracles,  «même les païens et des incrédules ont pu opérer des miracles», (3) mais l'Église précise que Dieu opère ces miracles uniquement au service de la vérité «pour corroborer la vérité» (4), ce qui est loin d'être le cas évidemment avec ceux que l'on retrouve dans le NOM.

«Sont d'origine démoniaque, donc purement apparents, les miracles qui ne durent pas (guérisons éphémères), qui ne sont d'aucun secours ni au corps ni à l'âme, qui ne servent point à la consolidation de la foi et des moeurs, ceux qui s'opèrent avec des cérémonies ridicules et insensées (S. Thomas d'Aquin)  (5)

Sachant que la messe nouvelle est un rite bâtard, pour reprendre l'expression de Mgr Lefebvre, illégitimement promulguée et que cette messe  «s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte Messe» il serait donc contraire à l'enseignement de l'Église de voir dans ces "miracles" du NOM une quelconque intervention du Ciel.

Finalement, lorsque Mgr Williamson déclare dans son Commentaire Eleison «cette évidence matérielle et physique a été présentée à la Curie Métropolitaine à Bialystok, où on attend patiemment le jugement officiel de l’Église [de quelle Église si ce n'est de l'Église conciliaire?] quant à l’origine surnaturelle de l’événement.», il est évident qu'un catholique ne peut souscrire à cette affirmation puisque seule l'Église catholique avant Vatican II est l'autorité compétente pour juger en matière de miracles ou apparitions.



(2 à 5)  Catéchisme catholique François Spirago p 26 1949
source image saint Thomas d'Aquin: ndoduc vitraux


dimanche 27 novembre 2016

Les cinq dubia de quatre cardinaux





Le 16 novembre 2016, quatre cardinaux - Raymond L. Burke, Walter Brandmuller, Carlo Caffara et Joachim Meisner -  ont rendu public, une lettre adressée au pape sur leurs doutes "dubia",  à propos d'Amoris Laetitia touchant la question de la communion pour les divorcés remariés.  

Que faut-il donc retenir de ce document où il est demandé avec une telle instance au pape de «confirmer ses frères dans la foi» ?

Si les cardinaux soulignent au pape qu'il est de son devoir de «confimer ses frères dans la foi», c'est en réalité en se référant tout au long du document au pape Jean-Paul II auquel ils attribuent le titre de saint. Ce qui ne pourrait être donné à un pape qui n'hésita pas à poser des actes contraires à la doctrine de l'Église catholique durant tout son pontificat. En ébranlant les fondements de la foi, Jean-Paul II ébranlait par le fait même la morale de l'Église:

Actes posés par le pape Jean -Paul II pendant son pontificat:

1) Jean-Paul II au Conseil Oecuménique des Églises en compagnie d’un métropolite orthodoxe et de pasteurs protestants. En 1980, il déclarait: « Aujourd’hui je viens à vous vers l’héritage spirituel de Martin Luther, je viens comme un pèlerin. » 

2) Réception officielle des francs-maçons de la Trilatérale le 18 avril 1983 auxquels il livrait ce message: « Je voudrais vous demander instamment de poursuivre avec bonne volonté vos efforts et vos recherches sans jamais négliger ou transgresser la dimension morale des relations internationales
et de tout faire pour le service de la personne humaine (…) » 

3) Le chef indien invoque le Grand Esprit (Canada, septembre1984) devant le pape.

4) Messe en Nouvelle-Guinée le 8 mai 1984. Une femme demi-nue lit l’épître. (...) On distingue mal ici les vertus héroïques de religion et de chasteté de « saint » Jean-Paul II.

5) Au Yaoundé, en 1985, Jean-Paul II élève l’hostie tandis que des autochtones prient (?) devant un chaudron.

6) Jean-Paul II en visite à la synagogue de Rome en 1986.

7) À Assise lors de la réunion interreligieuse en octobre 1986.

8) Rencontre fraternelle entre Jean-Paul II et le Dalaï-Lama. Dans une audience générale de 1995, Jean-Paul II écrivait ceci : « Cela fait venir à l’esprit le passage de la déclaration sur les Religions non chrétiennes du concile Vatican II, qui exprime la profonde estime de l’Église pour les antiques religions de l’Asie, et en particulier pour le Bouddhisme et l’Hindouisme » 5.

9) Le 14 mars 1999, Jean-Paul II baise le coran et prononce cette phrase: « Que saint Jean-Baptiste daigne protéger l’Islam ».    source: FSSPX


Finalement, le document des cardinaux doit être absolument désapprouvé publiquement. Il représente un véritable danger pour les âmes puisque les cardinaux  «sont tout acquis au Concile et aux réformes post-conciliaires, à l'œcuménisme et au charismatisme» (1), ceux-ci ne sauraient vraiment défendre les droits de la Sainte Église.

(1)  Mgr Lefebvre - Fideliter n° 70, p. 12

dimanche 20 novembre 2016

«Si nous avions accepté, nous serions morts!»








Monseigneur Lefebvre:

«Si nous avions accepté, nous serions morts! Nous n’aurions pas duré un an. Il aurait fallu vivre en contact avec les conciliaires […]. C’est pourquoi nous sauvons la Fraternité en nous éloignant prudemment. » 

«Nous nous sommes demandés si nous pouvions continuer cet essai, tout en étant protégé : cela s’est avéré impossible. »

Recommandations de Mgr Lefebvre avant les sacres, Sel de la terre n° 31




Monseigneur Lefebvre:

«Nous l’avons constaté avec tous les séminaristes et tous ceux qui nous ont quittés et qui sont partis à Rome et auxquels on a fait de belles promesses : "nous vous garderons la messe de Saint Pie V". Petit à petit on les a alignés, on les a recyclés. C’était à prendre ou à laisser. Ils acceptaient toutes les nouveautés.»

«Les évêques sont très contents de pouvoir avoir quelques-uns des prêtres qui étaient autrefois traditionalistes et qui acceptent de faire ce petit contrat d’ailleurs très modéré apparemment mais enfin qui les met dans le milieu, dans le bain avec ceux qui ont les idées libérales et qui disent la nouvelle messe.

Alors il faut bien avertir nos fidèles, de façon qu’ils ne se laissent pas tromper, qu’ils ne se laissent pas eux aussi prendre par un extérieur de réforme traditionnelle mais qui les conduirait fatalement à l’adoption du libéralisme et des idées libérales.»

Conférence 13 Décembre 1984



Archbishop Lefebvre:

«We have verified it with the seminarians and those who have left us, and who have gone off to Rome and to whom beautiful promises have been made: "We will keep for you the Mass of St. Pius V." Little by little they have been lined up, they have been recycled. They had to take it or leave it. They accepted all the novelties. »

«The bishops are very happy to be able to have some of the priests who formerly were traditionalists and who agree to make this little contract which is moreover apparently very restrained but which at last puts them into the surroundings, in the bath, with those who have liberal ideas and who say the New Mass.

So then we have to warn our faithful strongly, so that they do not let themselves be deceived, or be captured by an exterior of traditional reform, which would lead them inevitably to the adoption of liberalism and liberal ideas.»

Conférence 13 Décembre 1984



Mgr Lefebvre et son opposition au concile Vatican II



Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la fraternité Saint-Pie X
wikimedia
auteur: Antonisse, Marcel / Anefo
CC BY-SA 3.0 NL


Le 21 novembre 1976, Mgr Lefebvre publiait une courte déclaration afin de manifester publiquement son opposition face aux erreurs du concile Vatican II:


Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. S’il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. (Gal. 1, 8.)

N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la lex orandi sans modifier la lex credendi. A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto. Amen.

Monseigneur Lefebvre


mercredi 9 novembre 2016

Les cardinaux et évêques conservateurs réagissent-ils vraiment contre les dérives de la Rome moderniste?





Mgr de Galarreta avait déclaré lors de sa conférence à Bailly:
«Nous assistons à une recrudescence du modernisme à Rome avec le pape François. Ceci peut avoir un effet positif du fait que de plus en plus de cardinaux et d’évêques réagissent fermement et publiquement contre cette dérive.» (Conférence à Bailly 17 janvier 2016)

De même «Le Carillon», bulletin du Canada, , écrivait dans son premier numéro :
«.. le synode du mois d'octobre dernier aura été l'occasion de trouver des cardinaux et des évêques qui, exaspérés, levèrent la voix et eurent un langage semblable à Mgr Lefebvre...»  (Carillon n°01 de janvier 2015)

Le synode est la conséquence logique de la doctrine de Vatican II. Comme les cardinaux et les évêques ne sont pas opposés à Vatican II et à ses réformes, nous pouvons déduire que cette opposition des conservateurs n'est qu'une apparence pour mieux tromper les évêques, prêtres et fidèles. Ce qui rappelle singulièrement la tactique révolutionnaire : on recule de un pas pour mieux avancer de deux pas:

«Une deuxième considération, plus pragmatique, nous amène à évoquer la tactique des ennemis de l’Eglise et du genre humain qui impriment successivement au mouvement révolutionnaire deux vitesses. L’une rapide, qui pousse les principes révolutionnaires jusqu’à leurs plus extrêmes conséquences. Elle engendre par la force des choses des résistances et est généralement vouée à l’échec. Mais cette première phase est loin d’être inutile. Elle fait passer des messages, essaie de gagner le plus de terrain possible de façon à permettre un certain retour en arrière qui ne soit pas un retour à la situation antérieure, mais qui puisse avoir des apparences de « restauration ». Cette deuxième phase, de recul relatif, plus lente, a pour but de faire assimiler les principes révolutionnaires tout en stoppant les oppositions, qui paraissent injustifiées dès lors que les excès de la révolution ont pris fin. (...) Çà et là les excès conciliaires sont mêmes dénoncés. Mais cela se fait, en formant le carré autour du Concile, en défendant les principes qui ont été à l’origine de ces excès.» (Bulletin l'hermine - La messe, unique raison de notre résistance? par M. l'abbé Abbé P. - M. Petrucci FSSPX)

Ainsi, Mgr Lefebvre faisait remarquer à propos des évêques conservateurs:
«Je ne pense pas que ce soit un véritable retour. C'est comme dans un combat, quand on a l'impression que les troupes vont un peu trop loin, on les retient, on freine un tout petit peu l'élan de Vatican II, parce que les tenants du Concile vont trop loin. D'ailleurs ces théologiens ont bien tort de s'émouvoir. Ces évêques sont tout acquis au Concile et aux réformes post-conciliaires, à l'œcuménisme et au charismatisme. Apparemment ils font quelque chose d'un peu plus modéré, un peu de sentiment religieux traditionnel, mais ce n'est pas profond. Les grands principes fondamentaux du Concile, les erreurs du Concile, ils les accueillent, ils les mettent en pratique. Cela ne fait pas de problème. Au contraire, je dirais même que ce sont ceux-là qui sont les plus durs avec nous. Ce sont eux qui exigeraient le plus que nous nous soumettions aux principes du Concile »  (Mgr Lefebvre - Fideliter n° 70, p. 12)

Parmi ces cardinaux et ces évêques conservateurs, on remarque notamment le cardinal Ratzinger, le cardinal Burke, le cardinal Sarah et Mgr Schneider.

Le cardinal Ratzinger (Benoît XVI)
Mgr Lefebvre disait qu'il ne pouvait s'entendre avec Rome notamment avec le cardinal Ratzinger alors à la tête de la congrégation de la Foi: «Ce n’est pas seulement le Pape qui est en cause. Le cardinal Ratzinger, qui passe dans la presse pour être plus ou moins traditionnel, est en fait un moderniste. Il suffit pour s’en convaincre de lire son livre « Les principes de la théologie catholique » pour connaître sa pensée, alors qu’il éprouve une certaine estime pour la théorie de Hegel quand il écrit : « A partir de lui, être et temps se compénètrent de plus en plus dans la pensée philosophique. L’être même répond désormais à la notion de temps… la vérité devient fonction du temps ; le vrai n’est pas purement et simplement et c’est vrai pour un temps parce qu’il appartient au devenir de la vérité, laquelle est en tant qu’elle devient. » (Mgr Marcel Lefebvre - Fideliter n°55 de janvier-février 1987)

Mgr Schneider sur la doctrine du Pape François et l'oecuménisme: «Rendons grâces à Dieu, le pape François ne s’est pas exprimé de la manière dont s’attendent les médias. Jusqu’à maintenant, il a exprimé dans ses homélies officielles une très belle doctrine catholique. J’espère qu’il va continuer à enseigner la doctrine catholique de manière claire.»

«L’œcuménisme est nécessaire pour être en contact avec nos frères séparés, pour les aimer. Au sein du défi posé par le nouveau paganisme, nous pouvons et devons collaborer avec des non-catholiques sérieux pour défendre la vérité divine révélée et la loi naturelle crée par Dieu.» (Interview with Bishop Athanasius Schneider - May 2014 )


Le cardinal Burke considère Jean-Paul II comme un saint pape:
«Nous savons ce que l'enseignement de l'Eglise a toujours été. Il a été exprimé, par exemple, par le Pape Pie XI dans sa lettre encyclique Casti connubii. Il a été exprimé par le Pape Paul VI dans Humanae vitae. Il a été exprimé d'une façon merveilleuse par le Pape saint Jean-Paul II dans Familiaris Consortio. » (Interview du cardinal Burke : Vatican II, deux formes de la messe, synode 2014, FSSPX, etc., - 18 décembre 2014)


Le cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, croit en la sainteté du pape Jean-Paul II:
«Le concile n’avait pas voulu que la liturgie divise les uns et les autres! Saint Jean-Paul II œuvra pour guérir cette division, avec l’aide du cardinal Ratzinger, qui, devenu Benoît XVI, chercha à faciliter la nécessaire réconciliation au sein de l’Eglise.»

«Ce n’est pas parce que nous avons un nouveau Pape que la vision de son prédécesseur est invalidée. Tout au contraire, le Saint-Père le Pape François a un immense respect pour la vision liturgique et les mesures mises en œuvre par le Pape émérite Benoît XVI, dans la fidélité scrupuleuse aux intentions et aux objectifs des Pères du Concile.»  Cardinal Sarah: «Les Pères du Concile ne vinrent pas à Rome, en octobre 1962, dans l’intention de produire une liturgie anthropocentrique» - Conférence prononcée le 5 juillet 2016 à Londres

Ici nous sommes bien loin de l'enseignement de Mgr Lefebvre au sujet du Concile Vatican II et des papes conciliaires:

Sur l'oecuménisme:
«Je ne vois qu’un type d’œcuménisme : celui promu par le Concile, qui souligne le respect et la collaboration avec les fausses religions, mises sur le même pied. C’est une conception nouvelle, en contradiction avec la Tradition, qui a été ainsi imposée.»   (Mgr Lefebvre Interview à Pacte, 1987)

«Accepter la liberté religieuse, l’oecuménisme, les réformes conciliaires, signifierait pour moi contribuer à l’œuvre d’« auto-démolition » de l’Église. En conscience, cela ne m’est pas possible. Le libéralisme du Pape détruit de l’intérieur la foi catholique.»  (Mgr Lefebvre Interview à Pacte, 1987)

Sur les papes conciliaires:
« Un pape digne de ce nom et vrai successeur de Pierre ne peut pas déclarer qu’il se donnera à l’application du Concile et de ses réformes. Il se met, par le fait même, en rupture avec tous ses prédécesseurs et avec le Concile de Trente en particulier ».

« ...De cette Eglise conciliaire nous ne voulons pas faire partie... Cette Eglise conciliaire n’est pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Eglise, ils se séparent de l’Eglise catholique et entrent dans le schisme » (Mgr Lefebvre J’accuse le Concile du 27 août 1976)

Ainsi, Mgr Lefebvre ne se laissait pas tromper par certains propos traditionnels des cardinaux ou évêques conservateurs de l'Église conciliaire.  Aussi, disait-il:   «J'entends dire : "vous exagérez ! Il y a de plus en plus de bons évêques qui prient, qui ont la foi, qui sont édifiants…" Seraient-ils des saints, dès lors qu'ils admettent la fausse liberté religieuse, donc l'État laïque, le faux œcuménisme, donc l’admission de plusieurs voies de salut, la réforme liturgique, donc la négation pratique du sacrifice de la Messe, les nouveaux catéchismes avec toutes leurs erreurs et hérésies, ils contribuent officiellement à la révolution dans l'Eglise et à sa destruction.

Le pape actuel et ces évêques ne transmettent plus Notre Seigneur Jésus-Christ mais une religiosité sentimentale, superficielle, charismatique où ne passe plus la vraie grâce de l'Esprit-Saint dans son ensemble. Cette nouvelle religion n'est pas la religion catholique ; elle est stérile, incapable de sanctifier la société et la famille.

Une seule chose est nécessaire pour la continuation de l'Eglise catholique : des évêques pleinement catholiques, sans aucune compromission avec l'erreur, qui font des séminaires catholiques, où des jeunes aspirants pourront se nourrir au lait de la vraie doctrine, mettront Notre Seigneur Jésus-Christ au centre de leurs intelligences, de leurs volontés, de leurs cœurs; une foi vive, une charité profonde, une dévotion sans bornes les uniront à Notre Seigneur ; ils demanderont comme Saint Paul que l'on prie pour eux, pour qu'ils avancent dans la science et la sagesse du « Mysterium Christi » où ils découvriront tous les trésors divins.(…) Le concile c'est l'ignorance de Jésus-Christ et de son Règne. C’est le mal des mauvais anges, c'est le mal qui est le chemin de l'enfer. » (Mgr Lefebvre: « Itinéraire Spirituel », prologue, p. 9-10, édition de 1990)

lundi 7 novembre 2016

Le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, qu'en penser?






En assistant à la messe du motu proprio de Benoît XVI, un fidèle admet implicitement la messe nouvelle, car la messe du motu prorpio n'est accordée uniquement que sous cette condition comme l'indique l'ancien Pape Benoît XVIdans son instruction:

-EXTRAIT-

5. Plusieurs fidèles, formés à l’esprit des formes liturgiques antérieures au Concile Vatican II, ont exprimé le vif désir de conserver la tradition ancienne. C’est pourquoi, avec l’indult spécial Quattuor abhinc annos publié en 1984 par la Sacrée Congrégation pour le Culte divin, le Pape Jean-Paul II concéda sous certaines conditions la faculté de reprendre l’usage du Missel romain promulgué par le ... Pape Jean XXIII. En outre, avec le Motu Proprio Ecclesia Dei de 1988, le Pape Jean-Paul II exhorta les Évêques à concéder généreusement cette faculté à tous les fidèles qui le demandaient. C’est dans la même ligne que se situe le Pape Benoît XVI avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, où sont indiqués, pour l’usus antiquior du rite romain, quelques critères essentiels qu’il est opportun de rappeler ici. (...)

Un peu plus loin, il est précisé:

19. Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle. (...)

Au cours de l’audience du 8 avril 2011 accordée au Cardinal Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le Souverain Pontife Benoît XVI a approuvé la présente Instruction et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au siège de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le 30 avril 2011...

William Cardinal Levada
Président

Monseigneur Guido Pozzo
Secrétaire






Lettre de Mgr Lefebvre sur l'assistance à la messe avec indult:

« A votre bonne lettre, reçue hier à Saint Michel, je réponds aussitôt pour vous dire ce que je pense au sujet de ces prêtres qui reçoivent un « celebret » de la Commission Romaine, chargée de nous diviser et de nous détruire.

Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicitement le Concile et les Réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires. Leur parole est paralysée pour cette acceptation. Les Évêques les surveillent !

C’est bien regrettable que ces prêtres ne prennent pas conscience de cette réalité. Mais nous ne pouvons tromper les fidèles.

Il en est de même pour ces « Messes traditionnelles » ! organisées par les diocèses (messes à indult). Elles sont célébrées entre deux Messes conciliaires. Le prêtre célébrant dit aussi bien la nouvelle que l’ancienne. Comment et par qui est distribuée la sainte communion ? Quelle sera la prédication ? Etc...

Ces Messes sont des « attrape-nigauds » qui entraînent les fidèles dans la compromission !

Beaucoup ont déjà abandonnés.

Ce qu’ils doivent changer, c’est leur doctrine libérale et moderniste.

Il faut s’armer de patience et prier. L’heure de Dieu viendra.

Que Dieu vous accorde de saintes fêtes de Pâques.
Bien cordialement vôtre en Christo et Maria.


Mgr Marcel Lefebvre, Saint Michel en Brenne, le 18 mars 1989


samedi 5 novembre 2016

Le pape François, le cardinal Müller et Mgr Pozzo veulent entraîner la FSSPX dans la révolution conciliaire





Mgr Lefebvre disait que les autorités romaines voulaient un accord avec la FSSPX dans le but de l'entraîner dans la révolution:

«Nous n'avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le Cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s'entend pas. C'est un dialogue de sourds. »

Mgr Lefebvre dans Fideliter n° 66 (sept.-oct. 1988) p. 12-14

Or, certaines déclarations récentes [2016] du Pape François, du cardinal Müller et de Mgr Pozzo confirment ces propos de Mgr Lefebvre:





Le pape François, successeur de Pierre

À la question qui est lui posé au sujet d'une reconnaissance éventuelle de la FSSPX, il répond:

«Ce serait une solution possible mais auparavant, il faut établir un accord fondamental avec eux. Le concile Vatican II a sa valeur. On avance lentement, avec patience.»



Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Le Cardinal Müller attend de la FSSPX qu'elle reconnaisse les enseignements du Concile qu'elle conteste:

Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré qu’il attend de la Fraternité Saint-Pie X, qui s’est toujours opposée aux déclarations du Concile Vatican II sur la liberté religieuse et l’œcuménisme, qu’elle «reconnaisse sans réserve» la liberté de religion comme un droit humain, et une obligation d’oecuménisme.






Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei

Selon Mgr Pozzo le problème rencontré avec la FSSPX se situe non pas à l'opposition du Concile, mais à l'esprit du Concile:

«Ainsi dans les discussions avec la FSSPX, l'opposition n’est pas au Concile, mais à l'«esprit du Concile», qui utilise certaines expressions ou formulations des documents conciliaires pour ouvrir la voie à des interprétations et des positions qui sont éloignées de la vraie pensée conciliaire et qui parfois abusent d’elle.»

Mgr Pozzo évoque le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X et ce qui est nécesssaire pour être en pleine communion avec le Saint-Siège:

«Ce qui apparaît essentiel c’est de retrouver une convergence totale sur ce qui est nécessaire pour être en pleine communion avec le Siège apostolique, à savoir l’intégrité du Credo catholique, le lien des sacrements et l’acceptation du magistère suprême de l’Eglise [Pour Mgr Pozzo, ce magistère est le magistère post-conciliaire]. Le Magistère, c'est le magistère qui n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite et transmise, mais qui la sert, est l’interprète authentique aussi des textes précédents, y compris ceux du Concile Vatican II, à la lumière de la Tradition vivante, [L'Église d'aujourd'hui selon Mgr Pozzo] qui se développe dans l’Eglise avec l’aide du Saint-Esprit, non pas avec comme une nouveauté contraire (ce serait nier le dogme catholique), mais avec une meilleure compréhension du dépôt de la foi [Pour Mgr Pozzo c'est l'herméneutique « du renouveau dans la continuité » comme expliqué par le pape Benoît XVI] toujours dans « l’unité du dogme, de sens et de manière de voir » (in eodem scilicet dogmate, eodem sensu et eademque sententia, cf. Concile Vatican, Const. dogm. Dei Filius, 4). »





Pour conclure la question, voici quelques paroles prononcées par Mgr Tissier de Mallerais à l'occasion d'une conférence en 2012:

- La Rome moderniste exige l'acceptation du Concile Vatican II et le magistère post-conciliaire:

«Il n’est pas question de rendre les armes en pleine bataille, nous n’allons pas chercher l’armistice alors que la guerre fait rage : avec Assise 3 ou 4 l’année dernière ; avec la béatification d’un faux bienheureux le pape Jean-Paul II. Une chose fausse, une fausse béatification. Et l’exigence sans cesse rappelée par Benoît XVI d’accepter le Concile et les réformes du magistère post-conciliaire. Il l’a dit sans cesse. Il l’avait dit à Mgr Fellay lors de l’audience qu’il lui avait accordé en août 2005 : Pour être catholique il faut accepter le Concile et les réformes, et le magistère d’après le Concile. C’est public puisque Mgr Fellay avait eu une interview après en expliquant ce qui c’était passé. (...)»

« (...) le 30 juin 2012 le Pape écrivait de sa blanche main une lettre à notre supérieur général, Mgr Fellay, signée de sa main : “Je vous confirme effectivement, pour être vraiment réintégrés dans l’Église (passons sur l’expression) il faut vraiment accepter le concile Vatican II et le magistère post-conciliaire.” (...)»

-La Rome moderniste fera tout ce qui est possible pour nous amener au Concile:

«C’est tout ce que je peux vous dire, je ne pense pas que Rome va nous lâcher. La Rome moderniste va revenir en touche à touche avec nous, c’est inévitable. Ils sont décidés ; ils sont persévérants ; ils veulent nous amener au Concile, alors prions. (...)»

-Notre Dame du Rosaire ne veut pas de cette histoire d'accord avec la Rome moderniste:

«Et puis voilà, faisons confiance à la Sainte Vierge qui nous a tiré d’un très mauvais pas, c’est vrai. Cette année elle nous a tiré de ce mauvais pas, elle n’a pas voulu de cette histoire d’accord. A savoir, que nous allions à Rome pour nous soumettre aux autorités conciliaires. Certes, ils sont l’autorité dans l’Église, le Pape est pape successeur de Pierre, mais il est aussi le représentant de ce système d’église, qui coiffe l’Église, qui paralyse l’Église, qui empoisonne l’Église, ce que l’on appelle l’église conciliaire par commodité de langage. Ce n’est pas une autre Église, c’est un nouveau type d’église, c’est une nouvelle religion qui a pénétré dans l’Église catholique, soutenue par les papes et toute la hiérarchie, tous les évêques à part quelques exceptions rarissimes.»

Mgr Tissier de Mallerais le 16 septembre 2012 au prieuré St Louis Marie Grignon de Monfort