mercredi 26 avril 2017

Le secret de la science de saint Thomas d'Aquin



Si saint Thomas d'Aquin est devenu ce géant de la foi, c'est surtout grâce à son humilité. Plusieurs peuvent acquérir de grandes connaissances, mais  dès qu'ils s'écartent de la vérité leurs discours tombent rapidement dans la contradiction. Les libéraux en sont un bon exemple. Mgr Lefebvre disait que les libéraux prônent «une liberté mal entendue qui pousse les hommes dans les abysses du vice.»  (Mgr Lefebvre «C’est moi, l’accusé, qui devrais vous juger!») «Le libéral est un fanatique d’indépendance, il la prône jusqu’à l’absurdité, en tout domaine.» (Mgr Lefebvre «Ils l'ont découronné»).




L'humilité de saint Thomas d'Aquin


Peu d'hommes et peut-être personne ne naquit doué d'un talent comparable à celui de saint Thomas d'Aquin.  Le saint réussit pendant longtemps, au cours de ses études, à cacher par son humilité, ses grands talents et son savoir.  Il y réussit surtout, en gardant habituellement un silence rigoureux.  Ses condisciples le considéraient comme un jeune homme sans savoir;  ils se moquaient de lui et l'appelaient le boeuf muet ou le gros boeuf de Sicile.  Les choses allèrent si loin que l'un de ses condisciples s'offrit à lui répéter les leçons du professeur.  Thomas accepta cette offre avec la reconnaissance la plus vive, quoiqu'il eût déjà pu être en ce temps-là le maître des autres.  Cette humilité est d'autant plus méritoire que les jeunes étudiants font habituellement valoir très volontiers leurs brillantes qualités et s'en prévalent auprès des autres.  Mais Dieu permit que la science étendue et profonde du saint brillât au grand jour.  Son maître Albert Le Grand l'interrogea une fois sur des questions difficiles et obscures.  Saint Thomas répondit avec tant de clarté et de précision que tous ses condisciples furent frappés de stupéfaction et Albert lui-même tout transporté de joie, s'écria: «Nous appelons Thomas un boeuf; mais un jour ce boeuf fera entendre un tel mugissement que le monde entier en retentira.» Lorsque Thomas entendit cet éloge, on ne remarqua pas le moindre changement dans les traits de son visage.  (Butler, Vie des Saints, III*** )

source:  Dictionnaire d'Exemples par A. Schérer et J-B. Lampert  tome III p 408



*** À noter.  Nous préférons la vie des saints des petits Bollandistes par Mgr Paul Guérin à celle du père Butler.  Dans la préface des petits Bollandistes,  de la troisième édition, vous trouverez une analyse intéressante sur l'hagiographie. Plusieurs hagiographes y sont analysés dont le père Butler. L'analyse en question commence ainsi: « Où la Vie des Saints est-elle le mieux écrite en français? Est-ce dans Baillet, ou dans Godescard, ou dans Ribadeneira, ou dans Giry?»  Une analyse écrite par Mgr Guérin qui vaut vraiment la peine d'être lue.



source image: saint Thomas d'Aquin (wikimedia)
                       La cathédrale Saint-Corentin à Quimper dans le Finistère.
                       auteur: Thesupermat
                       licence: CC BY-SA 3.0
             

mardi 25 avril 2017

La nécessité de la vertu d'humilité en ces temps de crise de l'Église



Cette aimable vertu nous est absolument nécessaire si nous voulons servir fidèlement la vérité en ces temps de crise de l'Église.  Une personne humble se soumet volontiers aux enseignements de l'Église.  Mgr Lefebvre était un évêque d'une grande humilité: «Je vous ai transmis ce que j'ai reçu, tout simplement.»  Un saint évêque affirmait que si un enfant lui disait une vérité, il le suivrait sans hésiter.  Saint Augustin nous dit: « Si vous me demandez quelle est la première vertu d'un chrétien, je vous répondrai que c'est l'humilité ; si vous me demandez quelle est la deuxième, je vous dirai que c'est l'humilité ; si vous redemandez quelle est la troisième, je vous dirai encore que c'est l'humilité ; et autant de fois que vous me ferez cette demande, je vous ferai la même réponse. » (Epist. CXVIII, ad Dioscorum, cap. iii, 22)

L'humilité, c'est d'avoir de bas sentiments de nous-mêmes (Curé d'Ars), mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille s'abaisser devant les païens en tant que nous représentons et défendons l'Église catholique.  Le chrétien qui permet à l'erreur d'écraser la vérité n'a pas compris la vertu d'humilité.


L'humilité de saint François d'Assise


On demandait un jour à saint François d'Assise, comment il se faisait que Dieu l'eût comblé de tant de grâces, puisqu'il n'était ni noble, ni éloquent, ni instruit, ni doué de qualités physiques remarquables.  Il répondit: « Dieu m'a choisi parce que je n'ai rien dont je puisse être fier, afin que tous reconnaissent que tout ce que j'ai vient de lui et non des hommes.»  (Richter, Mine d'or, I)

Une autre fois, un grand nombre de personnes vinrent trouver saint François et lui rendirent de grands honneurs; on baisait ses habits, ses mains et ses pieds, et il ne s'y opposait point. Son compagnon de voyage soupçonna que le saint prenait quelque plaisir à ces manifestations de respect et il le lui dit.  Le saint fit cette réponse: «Ces gens font bien peu de chose en comparaison de ce qu'ils devraient faire, mon frère.»   Son compagnon fut encore plus scandalisé de cette réponse, car il ne la comprenait pas.  Le saint continua: « Mon frère, les honneurs que vous voyez que l'on me rend ne s'adressent pas à moi, mais je les rapporte à Dieu à qui revient tout honneur et toute gloire!  Je reste plongé dans l'abîme de mon néant et je me réjouis de voir ces personnes honorer Dieu dans sa créature.»  Son compagnon fut édifié.  (Rodriguez, Prat. Perf. chrét., II.)


source:  Dictionnaire d'Exemples par A. Schérer et J-B. Lampert  tome III p 404





jeudi 20 avril 2017

Comment faut-il recevoir le sacrement du mariage?





Vocatus est Jesus ad nuptias. 
Jésus fut invité aux noces. (S. Jean. II. 2)


Pour que le mariage soit agréable à  Dieu, disait le saint Curé d'Ars dans son sermon sur le sacrement du mariage, il faut inviter Jésus-Christ à ses noces:


«Que les chrétiens seraient heureux, s'ils avaient le bonheur de faire comme ces deux époux fidèles qui allèrent prier Jésus-Christ de venir assister à leurs noces pour les bénir et leur donner les grâces nécessaires à leur sanctification ; mais non, M. F., très peu font ce qu'ils doivent faire pour engager Jésus-Christ à venir à leurs noces afin de les bénir : au contraire, il semble que l'on prend tous les moyens pour l'en empêcher. Hélas ! que de gens damnés pour n'avoir pas invité Jésus-Christ à leurs noces, que de gens qui commencent leur enfer en ce monde ! Hélas ! que de chrétiens qui entrent dans cet état avec les mêmes dispositions que les païens et peut-être encore avec de plus criminelles. Disons, M. F., en gémissant, que, de tous les sacrements, il n'y en a point qui soit tant profané. Il semble qu'on ne reçoit ce grand sacrement que pour commettre un sacrilège. Hélas ! si nous voyons tant faire de mauvais mariages, tant de gens malheureux, tant qui, par les malédictions qu'ils se vomissent l'un contre l'autre, vraiment commencent leur enfer en ce monde, n'en cherchons point d'autre raison que la profanation de ce sacrement.»  (Sermon du saint curé d'Ars, deuxième dimanche après l'Épiphanie)

Il faut donc inviter Jésus-Christ à ses noces pour recevoir dignement ce sacrement, ce qui signifie que les époux doivent bannir de leur vie tout ce qui pourrait offenser le bon Dieu: compromis avec les modernistes, tenue indigne d'une chrétienne, danses, chansons mondaines et ainsi de suite.

Refuser tout compromis avec les modernistes

Les jeunes gens qui veulent s'unir chrétiennement ne peuvent autoriser à la participation des cérémonies du mariage un prêtre qui aurait donné son adhésion aux principes de la révolution conciliaire (prêtres modernistes incluant les ralliés): les époux doivent refuser les cérémonies célébrées dans un esprit d'acceptation des idées révolutionnaires. Dans la vie du saint Curé d'Ars, on raconte que celui-ci eut le bonheur d'avoir de vertueux parents qui refusèrent les prêtres qui avaient prêté le serment à la Constitution civile du clergé (ceux qu'on appelait les prêtres jureurs ou assermentés). En  voici les faits:

Sur les entrefaites, les Vianney reçurent la visite d’une parente d’Écully. 

«Ah ! mes amis que faites-vous ? leur dit-elle en apercevant qu’ils allaient à la messe des jureurs. Les bons prêtres ont refusé le serment. Ils sont chassés, persécutés, obligés de fuir. C’est à ceux-là qu’il faut vous adresser. Votre curé nouveau s’est séparé par son serment de l’Église catholique : il n’est pas votre pasteur ; vous ne pouvez pas le suivre.»

Mise comme hors d'elle-même par cette révélation, la mère ne craignit pas d'aborder le malheureux prêtre et de lui reprocher son divorce d’avec la véritable Église. Lui rappelant l’évangile où il est écrit que la branche détachée de la vigne sera jetée au feu, elle l’amena à cet aveu : « C’est vrai, Madame, le cep vaut mieux que le serment. »

Marie Vianney dut expliquer aux siens la faute de ce malheureux prêtre ; car il est conté que le petit Jean-Marie «montra son horreur pour le péché du jour où il se mit à fuir le curé assermenté ». Dès lors aussi l’église paroissiale, reliquaire de tant de chers souvenirs, où les parents s’étaient mariés, où les enfants avaient été baptisés, cessa d’être pour la famille Vianney un rendez-vous de prière.» (Vie du saint Curé d’Ars, par l’Abbé Francis Trochu, publié en 1926, pages 15 et 16)

Nécessité de la tenue décente

« Que la femme catholique se sente tenue non seulement d'être honnête, mais encore de prouver son honnêteté par la façon de se vêtir.» (Benoît XV - Allocution aux femmes italiennes, 21 octobre 1919)

Un autre point à considérer pour recevoir dignement ce sacrement, et trop souvent négligé par un grand nombre de chrétiens, concerne la tenue de la mariée et des autres femmes qui l'accompagnent. Celles-ci doivent, en effet, renoncer à tout vêtement qui pourrait blesser la vertu de pureté comme les nudités d'épaules, dos et autres.  Notre Mère la Sainte Église est très claire concernant la tenue dans les lieux saints: « L’on interdira aux femmes qui s’habillent d’une manière immodeste l’accès de la table sainte, le rôle de marraine au baptême et à la confirmation et, si les circonstances le comportent, l’entrée même de l’Église. »  (Instructions du S. C. du Concile du 12 janv. 1930)

Le saint Curé d'Ars disait au sujet du sacrement du mariage: «Le plus grand nombre des chrétiens y apportent un cœur mille fois plus pourri par le vice infâme de l'impureté, qu'un grand nombre de païens, qui n'oseraient pas même faire ce que la plupart des chrétiens font. Une fille qui désire avoir un jeune homme n'a pas plus de réserve qu'une bête la plus immonde. Hélas ! C’est qu'elle abandonne le bon Dieu, et le bon Dieu l'abandonne à son tour ; elle se jette à corps perdu dans tout ce qu'il y a de plus infâme.»  (Sermon du saint curé d'Ars, deuxième dimanche après l'Épiphanie)

Pour conclure, nous vous invitons à vous référer au sermon du saint Curé d'Ars sur le mariage pour connaître les autres conditions qui permettent aux époux de recevoir ce sacrement dignement.




mercredi 19 avril 2017

Il est ressuscité!





En ce temps-là : Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre Jésus. Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant déjà levé. Elles se disaient entre elles : "Qui nous roulera la pierre de l’entrée du sépulcre ?" Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée : or elle était fort grande. Entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : "Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée : là que vous le verrez, comme il vous l’a dit." (Lecture du Saint Evangile selon saint Marc. -  Dimanche de Pâques)


mercredi 29 mars 2017

Sur la levée de l'excommunication des quatre évêques


Depuis la levée de l'excommunication  des quatre évêques de la FSSPX en janvier 2009, certains se demandent si ce geste de Benoît XVI a vraiment réhabilité les évêques de la FSSPX.  Le texte suivant répond à cette question. Nous le publions une fois de plus en y ajoutant cependant un élément nouveau. 

Pour ceux qui ne le savent pas, les quatre évêques de la FSSPX sont Mgr Fellay, Mgr Williamson, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta.  Ils ont été sacrés le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre assisté de Mgr de Castro Mayer. 


Certaines personnes de la Tradition avaient accueilli de façon assez positive voire comme une bénédiction du Ciel la levée de l'excommunication latae sententiae des quatre évêques de la FSSPX par Benoît XVI en 2009. D'autres, en revanche, considèrent, encore aujourd'hui, ce geste de l'ancien pape comme un moyen pour les autorités romaines d'entraîner une partie de la Tradition dans la révolution conciliaire.  Mgr Lefebvre n'avait-t-il pas dit en 1988:« pour Rome le but des colloques est la réconciliation, comme le dit le cardinal Gagnon, c’est-à-dire le retour de la brebis égarée dans la bergerie. Quand nous pensons à l’histoire des relations de Rome avec les traditionalistes de 1965 à nos jours, nous sommes bien obligés de constater que c’est une persécution sans répit et cruelle pour nous obliger à la soumission au Concile. La Rome actuelle conciliaire et moderniste ne pourra jamais tolérer l’existence d’un vigoureux rameau de l’Eglise catholique qui la condamne par sa vitalité. » (Mgr Lefebvre, Ecône, 19-6-1988)

Concernant cette "levée d'excommunication", nous savons par exemple qu'elle ne correspondait pas en réalité au préalable demandé par la FSSPX  puisque monsieur l'abbé de Cacqueray, ancien supérieur du district de France, déclarait en 2008: 

«...la Fraternité se refuse à demander « une  levée des sanctions ». Elle cherche à obtenir « le retrait du décret des excommunications » et il n’échappe à personne que les termes qu’elle a employés pour traduire sa requête l’ont été à dessein. Elle veut que soit bien manifestée sa conviction de la nullité des sanctions...» 

« S’il s’agit réellement du retrait du décret – et non pas d’une levée des excommunications – il sera alors le commencement de la réparation de l’injustice inouïe que l’on sait et nous pourrons nous en réjouir. Si, en revanche, il s’agissait d’une ‘‘levée des excommunications’’, les choses seraient tout autres. Il ne correspondrait pas à notre deuxième préalable et ne laverait nullement nos évêques du mauvais procès qui leur a été fait. Laissant alors accroire que les peines prononcées n’étaient pas nulles et qu’elles étaient peut-être même méritées, n’en résulterait-il pas, dans un certain sens au moins, un nouveau mal plus profond ? Rome aurait alors enlevé, avec une apparence miséricordieuse, des sanctions qui se trouveraient, par le même acte, confirmées comme ayant été validement, voire légitimement portées. » (Abbé Régis de Cacqueray- Suresnes , le 31 décembre 2008)

Autre remarque soulignée cette fois par un journaliste peu de temps après la levée de l'excommunication (publié sur «La Porte Latine»): «La Fraternité Saint-Pie X avait demandé, à plusieurs reprises, « le retrait du décret d’excommunication » de 1988. Elle a obtenu la levée de ce décret (rimozione dans le texte original italien du cardinal Re). Ce n’est pas la même chose. (...) Si le décret d’excommunication avait été retiré, autant dire annulé, il aurait concerné non seulement les quatre évêques consacrés en 1988 mais aussi les deux évêques consécrateurs (Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer). Or, ce n’est pas le cas. Mgr Fellay, dans sa lettre aux fidèles, y fait allusion quand il espère « la prompte réhabilitation » de Mgr Lefebvre.» (Extrait "Une levée d'excommunication" - Quelques remarques- Yves Chiron de Aletheia du 24 janvier 2009 )

Une semaine plus tard, ce même journaliste poursuivait en ces termes: «La sentence d’excommunication de Mgr Lefebvre n’a donc pas été levée.(...) La levée des excommunications du 21 janvier 2009 [des quatre évêques de la FSSPX]est une remise de peine qui ouvre la voie à une réconciliation, ce n’est en aucun cas la reconnaissance a posteriori de la licéité de l’acte posé par Mgr Lefebvre en 1988, acte qui lui a valu l’excommunication.» (Aletheia n°139 - 31 mars 2009 - Monseigneur Lefebvre en attente de réhabilitation - par Yves Chiron)

Ainsi, on constate que ce geste posé par Benoît XVI n'a pas eu pour objectif la réhabilitation des évêques de la Fraternité, mais le but visé était plutôt de les amener graduellement à l'acceptation du concile. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui ressort clairement  des paroles de Benoît XVI à l'occasion de l'audience générale du 28 janvier 2009: « ... j'espère que mon geste sera suivi de la volonté des évêques de la Fraternité St Pie X d'accomplir les autres pas nécessaires pour aboutir à la pleine communion avec l'Église témoignant ainsi leur vraie fidélité et leur reconnaissance du magistère et de l'autorité du pape ainsi que du concile Vatican II. » (Benoît XVI et la Tradition - KTO à 12:25)

Devant ces événements, il faut donc choisir disait Mgr Lefebvre: «Alors, mes chers amis, il faut savoir choisir dans la vie, devant les événements… Il faut les voir tels qu’ils sont, il ne faut pas fermer les yeux en disant : – Je ne veux pas voir ça. C’est trop dur, c’est trop fort, c’est trop épouvantable. C’est épouvantable, mais si le Bon Dieu le veut, si le Bon Dieu nous met devant ces circonstances, qu’est-ce que nous allons faire ? Nous allons abandonner la foi ? Nous allons nous laisser, comme les autres, partir à la dérive ? » (Mgr Lefebvre conférence spirituelle du 20 mai 1986)

Eh bien non, choisissons à la suite de Mgr Lefebvre de combattre les erreurs conciliaires, de cette façon, nous garderons cet esprit de fermeté dans la foi. En suivant les recommandations du fondateur de la FSSPX  nous sommes assurés de garder la Tradition.


mardi 28 mars 2017

Mgr Pozzo: Rome-FSSPX



Dans un entretien accordé au journal allemand Die Tagespost, le 17 mars 2017, Mgr Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, a déclaré que «sur un point fondamental, il y a un accord total avec la Fraternité sacerdotale: le Magistère de l'Église n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite ou transmise, mais il sert à ne rien enseigner autre que ce qui est remis. (Dei Verbum, 10) »

Mgr Pozzo a précisé que cela signifie que s'il y a une interprétation entre Vatican II et la religion catholique de rupture «le problème n'est pas le Concile Vatican II en tant que tel, mais une certaine façon de comprendre, d'appliquer et de pratiquer le Concile.»

Le magistère postconciliaire

Mgr Pozzo fait évidemment référence au magistère postconciliaire lorsqu'il dit: cela signifie que «le problème n'est pas le Concile Vatican II en tant que tel, mais une certaine façon de comprendre, d'appliquer et de pratiquer le Concile.»  Or, voici la position de la FSSPX concernant le magistère postconciliaire:

«Premièrement, il faut savoir que l’expression Magistère actuel a pris un sens nouveau, autre, à l’occasion du Concile Vatican II. Nouvelle conception qui n’est autre que celle condamnée par Saint Pie X dans son encyclique Pascendi dénonçant le modernisme (cf. dans Enseignements Pontificaux de Solesmes, L’Eglise, n° 705) ; conception qui considère le Magistère sidéré comme l’expression de la conscience ecclésiale. Le Magistère n’est plus le médiateur nous transmettant l’enseignement du Christ, avec les garanties de véracité propres au Christ. Non. Le Magistère est considéré comme l’expression de la conscience interne de l’Eglise. Paul VI dira – c’est lui qui a signé tous les actes du Concile –, il dira que le Concile c’est un moment où l’Eglise s’est recueillie en elle-même pour se dire à elle-même ce qu’elle pensait d’elle-même. Acte de conscience par excellence. Jean-Paul II – qui a été le Pape qui a mis en application le Concile Vatican II, on peut dire le grand interprète authentique de ce Concile – disait que le Concile était un acte d’auto-conscience de l’Eglise. Il l’a dit a plusieurs reprises.

Autrement dit il y a effectivement une véritable confusion qui s’est installée, au sein même du Concile, puisque cet argument moderniste, cette conception moderniste du Magistère, a été évoquée pour expliquer l’autorité du Concile : qui parlait pendant le Concile ? Est-ce que c’était les évêques le Pape en tant qu’instruments médiateurs du Christ-Vérité, ou était-ce l’Eglise qui se disait à elle-même ce qu’elle pensait d’elle-même ? (...)

Alors, face à ces confusions, l’âme catholique en général, et plus particulièrement notre Fraternité, pour rester dociles à l’enseignement authentique de l’Eglise, n’a pas d’autre solution que de regarder l’objet enseigné pour voir s’il est conforme ou non à l’enseignement authentique de l’Eglise, où là, sans l’ombre d’un seul doute, le Magistère engagé était bien le Magistère ministériel, instrument du Christ-Vérité. On n’a pas d’autre solution que celle-ci et c’est ce que nous faisons depuis quarante ans. Tout simplement.»   (M. l'abbé P. de La Rocque - conférence, 18 mai 2012)

Le prélat d'Écône voit dans ce magistère:
« Un magistère qui n'est pas fidèle à la Tradition »( Vue de haut n°13, p. 55.) ; « Un magistère qui détruit ce magistère [de toujours], qui détruit cette Tradition » (Vue de haut n°13, p. 53.); «Un magistère nouveau ou une conception nouvelle du magistère de l'Eglise, conception qui est d'ailleurs une conception moderniste».(Vue de haut n°13, p. 53.) 

Cela implique...

Cela implique que la FSSPX serait obligée de répudier les réflexions de Mgr Lefebvre sur le Concile si elle conclut un accord avec Rome. Mgr Lefebvre a soutenu que les textes eux-mêmes du Concile étaient problématiques et qu'il ne s'agissait pas d'une fausse interprétation du Concile. Monseigneur Lefebvre disait par exemple que Dignitatis Humanae était contraire au Magistère constant de l'Église. Il disait aussi que «l'esprit qui a dominé le Concile est un esprit libéral, teilhardien, moderniste, opposé au règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ au point qu'il nous reste une solution : abandonner ces témoins dangereux, pour nous attacher fermement à la Tradition.» (J'accuse le concile 1976 p 5)  Maintenant, nous devons nous poser la question suivante:  Est-ce que nous sommes d'accord avec Mgr Lefebvre simplement parce qu'il était Mgr Lefebvre ou parce qu'il a dit la vérité? Si les traditionalistes répudient sa pensée, ils soutiennent alors l'idée que Monseigneur n'a pas tenu la vérité et qu'il a eu tort de parler avec tant de véhémence des documents du Concile comme il l'a fait. (écrit à partir d'un commentaire d'un forum «obscurus»)


samedi 25 mars 2017

L'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, 25 mars





Les grandes fêtes se suivent en cette fin de mars. Celle d'aujourd'hui nous rappelle le plus grand événement de l'histoire: l'Incarnation de Notre-Seigneur. C'est aujourd'hui que dans le sein d'une Vierge le Verbe s'est fait chair, qu'il s'est uni à tout jamais l'humanité de Jésus.

Le mystère de l'incarnation mérite à Marie son plus beau titre, celui de « Mère de Dieu », en grec « Theotocos » : nom que l'Église d'Orient inscrivait toujours en lettres d'or, comme un diadème, sur le front de ses Images ou de ses statues. « Placée sur les confins de la Divinité », puisqu'elle fournit au Verbe de Dieu la chair à laquelle il s'unit hypostatiquement, la Vierge fut toujours honorée d'un culte suréminent ou d'hyperdulie: « Le fils du Père et le fils de la Vierge sont un seul et même fils », dit saint Anselme. Marie est dès lors la reine du genre humain et tous la doivent vénérer. Au 25 mars correspondra, neuf mois plus tard, le 25 décembre, jour où se manifestera au monde le miracle qui n'est connu aujourd'hui que du ciel et de l'humble Vierge. La date du 25 mars, selon les anciens martyrologes, serait aussi celle de la mort du Sauveur. Elle nous rappelle donc, en cette sainte Quarantaine, comme le chante le Credo, que, c'est « pour nous, les hommes, et pour notre salut, que le Fils de Dieu est descendu du ciel, qu'il s'est incarné par la vertu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, qu'il s'est fait homme, qu'il a souffert sous Ponce-Pilate, a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour ». Puisque le titre de Mère de Dieu rend Marie toute-puissante auprès de son Fils, recourons à son intercession pour obtenir d'arriver par les mérites de la Passion et de la Croix à la gloire de la Résurrection.   source: La Porte Latine


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vendredi 24 mars 2017

En ce 26e anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Lefebvre, 25 mars





Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre
à Lille, le dimanche 29 août 1976.


En ce jour anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Lefebvre, nous vous présentons l'un de ses sermons qui a pour sujet:

L’alliance adultère de l’Eglise et de la révolution.

« (…) Que s’est-il passé dans ce concile? Nous pouvons le savoir facilement en lisant les livres de ceux qui ont été précisément les instruments de ce changement dans l’Eglise qui s’est opéré sous nos yeux. Lisez par exemple : « L’oecuménisme vu par un franc-maçon » de Marsaudon. Lisez le livre du sénateur du Doubs, Monsieur Prélot, « Le Catholicisme libéral », écrit en 1969. Il vous dira que c’est le concile qui est à l’origine de ce changement, lui catholique libéral, il le dit dans les premières pages de son livre : «Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l’intérieur de l’Eglise, et nous n’y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican II et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement et officiellement acceptés par la Sainte Eglise».

Vous croyez que ce n’est pas là un témoignage ?  Ce n’est pas moi qui le dis, cela. Mais lui le dit en triomphant, nous, nous le disons en pleurant.

Qu’est-ce qu’ont voulu en effet les catholiques libéraux pendant un siècle et demi ?

Marier l’Eglise et la révolution, marier l’Eglise et la subversion, marier l’Eglise et les forces destructrices de la société et de toutes sociétés, la société familiale, civile, religieuse. Ce mariage de l’Eglise, il est inscrit dans le concile. Prenez le schéma « Gaudium et Spes », et vous y trouverez : «Il faut marier les principes de l’Eglise avec les conceptions de l’homme moderne». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut marier l’Eglise, l’Eglise catholique, l’Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec des principes qui sont contraires à cette Eglise, qui la minent, qui ont toujours été contre l’Eglise.

C’est précisément ce mariage qui a été tenté dans le concile par des hommes d’Eglise, et non par l’Eglise, car jamais l’Eglise ne peut admettre une chose comme celle-là. Pendant un siècle et demi précisément, tous les Souverains Pontifes ont condamné ce catholicisme libéral, ont refusé ce mariage avec les idées de la révolution, de ceux qui ont adoré la Déesse-Raison.

Les papes n’ont jamais pu accepter des choses semblables. Et pendant cette révolution, des prêtres sont montés à l’échafaud, des religieuses ont été persécutées et également assassinées. Souvenez-vous des pontons de Nantes où étaient amassés tous les prêtres fidèles et que l’on coulait au large. Voilà ce qu’a fait la révolution !

Eh bien ! je vous le dis, mes biens chers frères, ce qu’a fait la révolution n’est rien à côté de ce qu’a fait le concile Vatican II, rien ! Il eut mieux valu que les 30, les 40, les 50000 prêtres qui ont abandonné leur soutane, qui ont abandonné leur serment fait devant Dieu, soient martyrisés, aillent à l’échafaud, ils auraient au moins gagné leur âme. Maintenant, ils risquent de la perdre (…).

En définitive, la révolution française lorsqu’elle faisait des martyrs accomplissait l’adage des premiers siècles : «Sanguis martyrum, semen christianorum», le sang des martyrs est une semence de chrétiens. Et ils le savent bien ceux qui persécutent les chrétiens, ils ont peur d’en faire des martyrs. Et on ne veut plus faire de martyrs !

Cela a été le summum de la victoire du démon : détruire l’Eglise par obéissance. Détruire l’Eglise par obéissance. Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux : les séminaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces séminaristes ? Qui sont-ils encore ces séminaristes ? Savent-ils qu’ils vont être prêtres ? Savent-ils ce qu’ils vont faire quand ils vont être prêtres ?

Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Eglise et la Révolution est une union adultère ! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards.

Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait : « Pourquoi il n’y a plus de vocations ? parce que l’Eglise ne sait plus ce qu’est un prêtre ».

Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre ? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. Ils ne savent pas qu’ils sont faits pour monter à l’Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ. Voilà ce que c’est qu’un prêtre, et nos jeunes qui sont ici le comprennent bien. Toute leur vie va être consacrée à cela, à aimer, à adorer, à servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, parce qu’ils y croient, à la présence de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucharistie !

Cette union adultère de l’Eglise et de la révolution se concrétise par le dialogue.
L’Eglise, si elle a à dialoguer, c’est pour convertir. Notre-Seigneur a dit : «Allez, enseignez toutes les nations, convertissez-les». Mais il n’a pas dit : «Dialoguez avec elles pour ne pas les convertir, pour essayer de vous mettre sur le même pied qu’elles».

L’erreur et la vérité ne sont pas compatibles. Si on a de la charité pour les autres (…), on doit leur donner Notre-Seigneur, leur donner la richesse que l’on a et non pas converser avec eux, dialoguer avec eux sur un pied d’égalité. La vérité et l’erreur ne sont pas sur un pied d’égalité. Ce serait mettre Dieu et le diable sur le même pied, puisque le diable est le père du mensonge, le père de l’erreur (…) »






Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991),
ancien archevêque de Dakar, ancien délégué apostolique pour l’Afrique française,
archevêque-évêque émérite de Tulle, ancien supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit,

homélie du dimanche 29 août 1976, Lille. 



source: Le blog du Maître-Chat Lully


Conservateur = corrupteur



SOURCE - Abbé Étienne de Blois, fsspx - Le Petit Eudiste - mars 2017

«C'est une forme de modestie louable que de ne pas vouloir être excentrique…» Les conservateurs ont des qualités, on ne peut le nier. Ils ont celle d'un certain courage, puisqu'il leur faut sans cesse s'opposer aux progressistes. Mais nous ne voulons pas ici juger de leurs intentions, ni dire en quoi ils sont excusables. Nous voulons seulement manifester le danger que courent, et font courir, les conservateurs. Non pas ceux qui cherchent la vérité et qui s'arrêtent − un temps trompé − aux seules apparences de la vérité, mais les conservateurs qui tiennent à le rester. 

«…Mais cette modestie est devenue impossible à pratiquer aujourd'hui! » Selon les faux-penseurs vrais-menteurs, le monde serait divisé en droite et gauche, conservateurs et progressistes. C'est faux. Le monde est divisé depuis le péché de Lucifer entre ceux qui acceptent l'autorité de Dieu et ceux qui la refusent. 
     
Ceux qui acceptent l'autorité divine sont appelés contre-révolutionnaires mais ils forment ce qui a pour vrai titre: la «Tradition». Les hommes de Tradition acceptent ce qui est transmis par les anciens parce que reçu de Dieu. Les révolutionnaires refusent toute transmission parce qu'ils refusent de recevoir une quelconque loi.
     
Ceux qui refusent l'autorité sont les révolutionnaires. Les progressistes sont de francs révolutionnaires : ils refusent la Tradition, et cherchent toujours et sans cesse du nouveau.
     
Les conservateurs ne sont pas de la Tradition : ils ne cherchent pas à transmettre ce qui est divin mais à conserver un pauvre état humain. Les conservateurs conservent un état présent. Le conservateur alimentaire maintient la viande dans un état intermédiaire entre la vie et la moisissure. L'apparence est appétissante, mais cache des principes morbides. L'homme conservateur souhaite maintenir le monde dans un état apparent plaisant… et dans un état réel de révolution. 
     
Objectivement le conservateur est, –bien souvent à son corps défendant–, un hypocrite révolutionnaire. Il conserve à la Révolution une apparence sortable. Il en est le meilleur allié, nolens volens.
     
Le conservateur est le meilleur ennemi de la Tradition. Le meilleur parce que le plus proche quant aux apparences. Combien sont trompés ? «C'est la même messe…» Oui, mais ce n'est pas la même doctrine! Les schismatiques aussi célèbrent la même messe. Le conservateur est ennemi de la Tradition parce que les principes du conservateur sont ceux du Révolutionnaire, la logique et l'honneur en moins. 
     
Pour réduire un homme de Tradition à un conservateur, le révolutionnaire adopte une tactique très habile en disant simplement : «Venez sous mon toit, je vous laisse libre». Le révolutionnaire baisse les armes, mais n'abandonne aucunement le terrain. De quelle liberté parlons-nous? Le révolutionnaire entend la liberté comme une indépendance de Dieu. Généreusement, il propose la liberté à la Tradition, la même liberté qu'il réclame pour toutes les erreurs, la liberté de Satan. Si l'homme de Tradition entre dans le cercle de la liberté révolutionnaire, il sort de l'adhésion à la vérité de Dieu, l'ayant réduite à une simple opinion humaine. Il gardera longtemps peut- être les apparences de la Tradition, mais il aura accepté dans son cœur le poison de la Révolution : c'est un conservateur de plus. 
     
Le conservateur a voulu sauver deux choses: les apparences et son honneur. Malheureusement l'honneur ne se conserve pas à la sauvette. Il demande à être servi avec noblesse, franchise et force. Le conservateur espère servir en restant sortable, en étant acceptable par ceux qu'il cherche à sauver. Faux honneur, vraie trahison : pour être accepté par le révolutionnaire, qui honni la Tradition, il a fallu cacher celle-ci. Belle noblesse, belle franchise, belle force! La Tradition est comme une plante : à l'ombre, elle crève, doucement, insensiblement. La Tradition transmet quelque chose. Cachée, coupée de sa source, elle n'est plus Tradition. La peau est restée, l'outre s'est vidée. Le conservateur peut s'écrier: «Tout est sauf, fors l'honneur et la vérité!»



source:  image fleur
auteur:   EL Funcionario
CC BY-SA 2.0
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jeudi 23 mars 2017

La foi est non négociable




"Gardez-vous bien de faiblir, mon frère; est-ce là ce que nous avons promis ensemble à Jésus-Christ? Si vous trahissez votre foi et votre serment, je serai moi-même votre accusateur au tribunal de Dieu." 


Dans la vie de saint Victorien et ses compagnons martyrs (484) au 23 mars, il est écrit :

Plusieurs autres chrétiens furent aussi les victimes de ce tyran cruel: parmi eux, deux frères qui s'étaient promis par serment de mourir l'un avec l'autre et d'un même supplice. Dieu permit en effet qu'ils obtinssent de leurs bourreaux la grâce touchante qu'ils avaient désirée. On commença par les suspendre avec de gros poids attachés à leurs pieds. Au bout d'un jour passé dans cette douloureuse situation, l'un d'eux, succombant à la douleur, demanda quelque répit. Son frère, craignant qu'il n'eût la faiblesse de renoncer à sa foi, lui cria du haut de sa potence: 

"Gardez-vous bien de faiblir, mon frère; est-ce là ce que nous avons promis ensemble à Jésus-Christ? Si vous trahissez votre foi et votre serment, je serai moi-même votre accusateur au tribunal de Dieu." 

Le pauvre martyr chancelant reprit alors courage et s'écria d'une voix forte: "Ajoutez les supplices aux supplices, je suis prêt à souffrir tout ce que souffrira mon frère."

Les bourreaux emploient alors contre ces deux héroïques martyrs les lames de fer rougies au feu, les ongles de fer et d'autres tortures non moins affreuses. Chose étonnante, on ne voyait sur eux aucune meurtrissure ni aucune trace des tourments qu'on leur faisait endurer.

A la fin, voyant que le courage des martyrs et les merveilles que Dieu opérait en leur faveur semblaient fortifier dans la foi ou convertir ceux qui en étaient les témoins, les bourreaux se hâtèrent d'achever leurs victimes, et les deux frères allèrent recevoir, avec Victorien, la palme due aux généreux soldats du Christ.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


mardi 21 mars 2017

Les autorités romaines veulent entraîner la FSSPX dans la révolution conciliaire



Certains croient que la FSSPX, une fois reconnue par Rome, pourrait maintenir ses objections contre la liberté religieuse, l’œcuménisme et la nouvelle messe. Or, cela n'est pas réaliste. Les déclarations du cardinal Müller, Mgr Pozzo et Mgr Schneider laissent clairement entendre le contraire.

Le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Pour réintégrer pleinement l'Église, la FSSPX devra reconnaître sans réserve les enseignements controversés de Vatican II indique le cardinal Müller dans un interview: «Aussi bien le Pape, que notre congrégation qui agit en son nom, ainsi que la la Commission «Ecclesia Dei», s’efforcent d’aboutir à une réconciliation et de rétablir la pleine communion. Dans les discussions, nous avons essayé de répondre aux préoccupations.  En ce qui concerne le Concile Vatican II, nous avons noté que la critique ne vise pas principalement le Concile mais un développement post-conciliaire – dans lequel se trouvent certaines choses de répréhensibles, comme des développements sauvages ou un aplatissement – par exemple dans la liturgie. Mais ces excès ne peuvent pas être mis sur le compte de la constitution liturgique du concile. Même sur la liberté religieuse il n'y a pas de contenu diamétralement opposé à l'héritage de l’Eglise du 19ème siècle. Je souhaite que les dirigeants de la FSSPX franchissent le pas, de réintégrer pleinement l'Eglise catholique.» Le Cardinal Müller conclut en disant: «Rome ne veut pas y aller au forceps, nous voulons convaincre et cela prend du temps.»  (18 novembre 2016)   source


Le National Catholic Register rapporte les propos du cardinal Müller:

«Le Cardinal Müller attend de la FSSPX qu'elle reconnaisse les enseignements du Concile qu'elle conteste.»

«Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré qu’il attend de la Fraternité Saint-Pie X, qui s’est toujours opposée aux déclarations du Concile Vatican II sur la liberté religieuse et l’œcuménisme, qu’elle «reconnaisse sans réserve» la liberté de religion comme un droit humain, et une obligation d’oecuménisme.»


  
Mgr Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei

Mgr Pozzo évoque le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X et ce qui est nécesssaire pour être en pleine communion avec le Saint-Siège:

«Ce qui apparaît essentiel c’est de retrouver une convergence totale sur ce qui est nécessaire pour être en pleine communion avec le Siège apostolique, à savoir l’intégrité du Credo catholique, le lien des sacrements et l’acceptation du magistère suprême de l’Eglise [Pour Mgr Pozzo, ce magistère est le magistère post-conciliaire]. Le Magistère, c'est le magistère qui n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite et transmise, mais qui la sert, est l’interprète authentique aussi des textes précédents, y compris ceux du Concile Vatican II, à la lumière de la Tradition vivante, [L'Église d'aujourd'hui selon Mgr Pozzo] qui se développe dans l’Eglise avec l’aide du Saint-Esprit, non pas avec comme une nouveauté contraire (ce serait nier le dogme catholique), mais avec une meilleure compréhension du dépôt de la foi [Pour Mgr Pozzo c'est l'herméneutique « du renouveau dans la continuité » comme expliqué par le pape Benoît XVI] toujours dans « l’unité du dogme, de sens et de manière de voir » (in eodem scilicet dogmate, eodem sensu et eademque sententia, cf. Concile Vatican, Const. dogm. Dei Filius, 4)

Où en est le dialogue avec les lefebvristes? - 25 février 2016


Mgr Schneider spécialement choisi par Rome pour visiter les séminaires de la FSSPX


Mgr Schneider admet d'un côté que les garanties, c'est-à-dire ce qui permettrait de protéger la Tradition contre l'influence moderniste,  sont impossibles sous une autorité conciliaire: «D’autre part, la Fraternité ne doit pas exiger des garanties à 100 %, ce qui reste irréaliste : nous sommes sur terre, pas au Ciel ! (9 décembre 2016 )  source

Selon Mgr Schneider, il n'y a aucune différence entre le Pape François et la FSSPX en ce qui concerne la foi catholique«...It is not a question of an agreement because when we speak of an agreement, there are differences. But in this case, there are no différences in the faith, in the catholic faith (Exclusive interview with Bishop Schneider for Rorate Caeli and Adelante la Fe 16 févr. 2017)

Finalement, rien n'a vraiment changé depuis l'époque de Mgr Lefebvre. Monseigneur disait en 1988 : «Si on lit bien l'interview du cardinal Ratzinger,[à notre époque, le cardinal Müller] il faudra dorénavant prendre garde de bien appliquer le concile, de ne pas se tromper dans son application et de faire attention de ne pas répéter les erreurs qu'on a pu commettre. Il ne parle pas d'en changer les principes. Même s'il en vient à admettre que les fruits du dernier concile ne sont pas ceux qu'il attendait, il opte pour en reprendre les principes de base et faire en sorte qu'ainsi il n'y ait plus de difficulté à l'avenir. Ils n'ont donc pas compris ce que signifie le retour à la Tradition que nous réclamons et ne veulent par conséquent pas revenir à la Tradition des prédécesseurs de Jean XXIII.» 

«Tous ceux qui nous ont quittés ne se rendent pas compte de cette situation et croient à la bonne volonté et à la rectitude de pensée des évêques ou cardinaux romains. Rien n'est plus faux ! Ce n'est pas possible qu'ils nous entraînent dans la révolution, disent ceux qui rejoignent le pape et ses évêques. Eh bien, c'est exactement cela qui se passera (1)

Ainsi,  Rome ne trouve rien de mieux à dire encore aujourd'hui : « Nous sommes prêts à vous reconnaître à condition d’accepter le Concile. 




(1) Entretien paru dans "Controverses" N° 0 – septembre 1988
Notes du Rocher n° 84 d'août-septembre 2013



Vous avez dit : « herméneutique de la continuité » ?




Extrait de la Lettre aux tertiaires de Saint Dominique - Noel 2011

Dans son « discours-programme » du 22 décembre 2005, le pape Benoît XVI disait que l’interprétation des nouveautés enseignées par le concile Vatican II (1) doit repousser    « l’herméneutique de la discontinuité par rapport à la Tradition » tandis qu’elle doit affirmer « l’herméneutique du renouveau dans la continuité ». En termes plus simples : le concile Vatican II ne doit pas être interprété dans le sens d’une rupture mais dans le sens d’une continuité avec la Tradition.

Aussitôt, dans les milieux ralliés, ce fut un cri de triomphe : le nouveau pape ne veut pas rompre avec le passé de l’église, il met un coup de frein et va ramener l’église à la Tradition. Cette « herméneutique » de la pensée de Benoît XVI est en fait un tragique contre-sens. 
  
D’abord, les faits n’ont montré en rien un retour à la Tradition. Benoît XVI continue inexorablement la politique de Jean-Paul II, nous l’avons vu en octobre dernier avec le renouvellement du scandale d’Assise. Il aurait suffit de lire les écrits du cardinal Ratzinger pour s’y attendre : « Si par restauration on entend un retour en arrière, alors aucune restauration n’est possible. [...] Non, on ne retourne pas en arrière et on ne peut y retourner (2)».

Certains diront : il y a quand même eu le Motu Proprio autorisant la Messe traditionnelle, la levée des excommunications, les discussions doctrinales sur le Concile avec la Fraternité.

Au sujet du Motu Proprio, le pape n’a accordé la Messe traditionnelle qu’à ceux qui ne rejetaient pas la nouvelle, il n’y a donc pas grand changement : « Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire. » (Motu Proprio n° 19)

Pour ce qui est de la levée des excommunications, sa portée est quand même limitée du fait que les excommunications de 1988 – et d’abord celle de Mgr Lefebvre – n’ont pas été déclarées nulles et injustes, [lire l'article «Sur la levée d'excommunication des quatre évêques] et du fait que le ministère des évêques et prêtres de la Tradition est toujours déclaré illégitime :Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei a réaffirmé clairement qu’il était défendu aux catholiques de participer à la messe ou de recevoir les sacrements des prêtres de la Fraternité, car – pour lui – ceux-ci sont canoniquement irréguliers (3).Il n’y a peut-être plus d’excommunication de droit (officiellement du moins, car ces excommunications étaient invalides dans la réalité), mais puisque les fidèles sont avertis de ne pas fréquenter les chapelles de la Tradition, il reste une excommunication de fait !

Quant aux discussions doctrinales, on se demande quelle a été leur utilité (4) dans la mesure où, après deux années de discussions, Rome ne trouve rien de mieux à dire que : « Nous sommes prêts à vous reconnaître à condition d’accepter le Concile (5).

Donc, rien n’a changé à Rome depuis Mgr Lefebvre.

Alors que signifie cette « herméneutique de la continuité » qui est le programme de Benoît XVI ?

Très significatif à cet égard, est l’article de Mgr Ocariz paru dans l’Osservatore Romano du 2 décembre dernier. Mgr Ocariz faisait partie de la commission des experts de la Congrégation pour la doctrine de la foi en charge des discussions doctrinales avec la Fraternité. Nous avons distribué et étudié ce texte capital en réunion de Tiers-Ordre (6). Nous en rappelons donc seulement ici les principaux passages :

« Le concile Vatican II n’a défini aucun dogme, au sens où il n’a proposé aucune doctrine au moyen d’un acte définitif. Toutefois, le fait qu’un acte du Magistère de l’église ne soit pas garanti par le charisme de l’infaillibilité ne signifie pas qu’il puisse être considéré comme faillible (7), au sens où il transmettrait une doctrine provisoire ou encore [de simples] opinions autorisées. Toute expression du Magistère authentique doit être accueillie pour ce qu’elle est véritablement : un enseignement donné par des pasteurs qui, dans la succession apostolique, parlent avec un "charisme de vérité" (Dei Verbum 8), "pourvus de l’autorité du Christ" (Lumen Gentium 25), "sous la lumière du Saint- Esprit" (ibid.) (8). »

« Au concile Vatican II, il y eut diverses nouveautés d’ordre doctrinal. [...] Certaines d’entre elles ont été et sont encore l’objet de controverses en ce qui concerne leur continuité avec le Magistère précédent, c’est-à-dire leur compatibilité avec la Tradition. [...] L’attitude catholique, compte tenu de l’unité du Magistère, consiste à chercher une interprétation unitaire dans laquelle les textes du concile Vatican II et les documents magistériels précédents s’éclairent mutuellement. [...] Des espaces légitimes de liberté théologique demeurent, pour expliquer, d’une façon ou d’une autre, la non-contradiction avec la Tradition de certaines formulations présentes dans les textes conciliaires. [...] A cet égard, il ne semble pas superflu de tenir compte du fait que presque un demi siècle s’est écoulé depuis la conclusion du concile Vatican II, et qu’au cours de ces décennies, quatre Pontifes romains se sont succédés sur la chaire de Pierre. »

« Cette adhésion au Concile ne se présente pas comme un acte de foi, mais plutôt d’obéissance. Elle n’est pas simplement disciplinaire, mais enracinée dans la confiance en l’assistance divine au Magistère, et donc dans la logique et sous la mouvance de l’obéissance de la foi (9). ». Cela rappelle le temps où Mgr Lefebvre se rendait à Rome pour montrer l’opposition doctrinale entre les nouveautés du Concile et l’enseignement constant de l’église, et où il s’entendait toujours répondre : « Obéissez, obéissez, obéissez ! »

Nous espérons que vous avez maintenant compris le raisonnement, et ce que signifie « l’herméneutique de la continuité » : le pape et le Concile sont le Magistère, ils parlent avec l’autorité du Christ, donc ils ne peuvent pas se tromper. Si certaines nouveautés du Concile vous semblent en contradiction avec l’enseignement du Magistère précédent, eh bien ! vous vous trompez, car ce n’est pas possible. Donc, revoyez votre copie, et nous vous accordons généreusement la liberté de vous mettre au travail, mais seulement pour montrer que, finalement, ces nouveautés ne sont pas en contradiction mais sont en continuité avec la Tradition.

C’est ce qu’a fait Le Barroux aussitôt son ralliement, par exemple, lorsque dom Gérard a demandé au père Basile de faire une thèse pour prouver la continuité de la liberté religieuse de Vatican II avec la Tradition. Campos aussi, etc.

Alors, le tapis rouge est déroulé et tous les honneurs vous sont accordés : bénédiction abbatiale, consécration épiscopale, reconnaissance immédiate de votre Institut comme étant de droit pontifical, etc. Il faut dire qu’en tentant de prouver que les nouveautés de Vatican II ne sont pas en opposition avec la Tradition, vous avez rendu le plus éminent des services à la Révolution dans l’église. Alors, vous méritez bien quelque récompense.

Mais ce sont les trente deniers de Judas ; et des chaînes d’or qui vous empêchent désormais de continuer le combat de la Tradition. Mgr Ocariz veut enfin terminer sur une note heureuse : (10) "En examinant le Magistère du pape et l’adhésion que lui a donné l’épiscopat, une éventuelle situation de difficulté devrait [alors] se changer en une adhésion sereine et joyeuse au Magistère."

Et de toutes façons, si vous n’êtes pas convaincus : obéissez ! Sinon vous risquez d’être de nouveau condamnés comme l’a été Mgr Lefebvre en 1988, « excommunié » pour avoir « une notion incomplète de la Tradition  » : incomplète parce qu’il ne voulait pas y insérer de force le concile Vatican II.

Extrait de la Lettre aux tertiaires de Saint Dominique, Noël 2011



1 — Pensons ici à l’œcuménisme, à la liberté religieuse, à la collégialité, par exemple.
2 — Cardinal RATZINGER, Entretiens sur la foi, p. 40. Il faut ajouter que la pensée du pape n’a pas changé depuis le temps où il était cardinal. Il a fait rééditer toutes ses œuvres passées en précisant qu’il pensait toujours la même chose.
3 — Interview sur Radio-Vatican, le 1er décembre 2010.
4 — Nous ne critiquons pas ici le bien fondé de ces discussions. Essayer de convertir la Rome moderniste par l’argumentation doctrinale n’est pas en soi mauvais; et toutes les précautions prudentielles avaient été prises pour que ces discussions ne soient pas dangereuses.
5 — Sermon de Mgr FELLAY à écone le 8 décembre 2011.
6 — Ceux qui n’ont pu assister à ces réunions peuvent nous le commander.
7 — Comprenne qui pourra : ce n’est pas parce que le Concile n’est pas infaillible qu’il pourrait etre faillible.
8 — Mgr Ocariz a totalement oublié la réserve du concile Vatican I au sujet des déclarations des papes : « Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine ; mais pour qu’avec son assistance, ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » (Constitution dogmatique Pastor aeternus du 18 juillet 1870. FC 481, DS 3070).
 9 — Comprenne qui pourra, une fois de plus : ce n’est pas une adhésion de foi, mais finalement cela revient à une adhésion de foi.
10— Motu proprio Ecclesia Dei adflicta du pape JEAN-PAUL II.

Source: 

http://piev52.wix.com/veritasliberabit#%21l%27herm%C3%A9neutiques-de-benoit-xvi


Au sujet du cardinal Müller



Le cardinal Gerhard Ludwig Müller aurait, dit-on, demandé à la Fraternité Saint-Pie X de le rejoindre dans la lutte contre les modernistes.  Or, celui-ci  a professé les hérésies suivantes:



Contre la Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Dans son livre Dogmatique catholique : étude et pratique de la théologie, Mgr Müller nie le dogme de la virginité de Marie. Selon lui, la virginité ne concerne pas les « caractéristiques physiologiques du processus naturel de la naissance de Jésus (tels que la non-ouverture du col, l’absence de déchirure de l'hymen ou l'absence de douleurs de l'enfantement), mais l’influx salvifique et rédempteur de la grâce du Christ dans la nature humaine ».

Contre le dogme de la Transsubstantiation

Dans son livre La Messe, source de la vie chrétienne, il écrit : « Corps et sang du Christ ne signifient pas les parties physiques de l’homme Jésus présent sur la terre ou dans son corps glorieux, […] Corps et sang signifient plutôt une présence du Christ à travers le signe du pain et du vin. Mgr Müller explique ainsi la transsubstantiation : « L’essence du pain et du vin doit être définie dans un sens anthropologique. Le caractère naturel de ces dons [pain et vin] comme fruits de la terre et du travail des hommes, comme produits naturels et culturels, symbolise la nourriture et la restauration des personnes et de la communauté humaine dans le signe d’un repas commun […]. L’être naturel du pain et du vin est transformé par Dieu dans le sens que cet être montre et réalise la communion salvifique ».

Les protestants font partie de l’Eglise

Au cours d’un discours en l’honneur de l’évêque luthérien Johannes Friedrich, Mgr Müller a affirmé le 11 octobre 2011 : « Le baptême est le caractère fondamental qui nous unit sacramentellement au Christ aux yeux du monde dans une seule Eglise visible. Nous, chrétiens, catholiques et protestants, sommes donc déjà unis dans ce que nous appelons l’Eglise visible. Au sens strict, il n’y a pas plusieurs Eglises, qui existeraient les unes à coté des autres, mais il existe des divisions, des ruptures à l’intérieur d’un peuple unique et d’une unique maison de Dieu ».

Etude du District d'Italie du 3 juillet 2012 
source: La Porte Latine




dimanche 5 mars 2017

Le testament spirituel d'un prêtre


«Accepter l'Ancienne Messe sous le Motu Proprio Summorum Pontificum, c'est accepter la légitimité de la nouvelle messe.»

Accepter l'ancienne Messe sous le Motu Proprio Summorum Pontificum, c'est accepter la légitimité de la nouvelle messe.

- Dans son Motu Proprio Summorum Pontificum, 7 juillet  2007, le pape Benoît XVI a écrit Art. 1: «Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la lex orandi de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par ... Jean XXIII doit être considéré comme expression extraordinaire de la même lex orandi  de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain

- Dans une lettre adressée le 7 juillet 2007 aux évêques, le pape Benoît XVI précise: «Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres.»

- Dans son instruction «Universae Ecclesiae» sur l’application de la Lettre apostolique Summorum Pontificum du 8 avril 2011 le pape Benoît XVI précise au point 19: «Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle. »

Benoît XVI continue inexorablement la politique de Jean-Paul II

D’abord, les faits n’ont montré en rien un retour à la Tradition. Benoît XVI continue inexorablement la politique de Jean-Paul II, nous l’avons vu en octobre dernier avec le renouvellement du scandale d’Assise. Il aurait suffit de lire les écrits du cardinal Ratzinger pour s’y attendre : « Si par restauration on entend un retour en arrière, alors aucune restauration n’est possible. [...] Non, on ne retourne pas en arrière et on ne peut y retourner». (Cardinal RATZINGER, Entretiens sur la foi, p. 40)

Certains diront : il y a quand même eu le Motu Proprio autorisant la Messe traditionnelle, la levée des excommunications, les discussions doctrinales sur le Concile avec la Fraternité.

Au sujet du Motu Proprio, le pape n’a accordé la Messe traditionnelle qu’à ceux qui ne rejetaient pas la nouvelle, il n’y a donc pas grand changement : « Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire. » (Motu Proprio n° 19)

Extrait de la Lettre aux tertiaires de Saint Dominique - Noel 2011


Le testament spirituel d'un prêtre


Comme nous l'avons vu dans plusieurs de nos commentaires précédents, accepter la Messe Ancienne célébrée selon le Motu proprio Summorum Pontificum, c’est accepter la légitimité de la nouvelle messe, c’est-à-dire accepter de participer à l'autodémolition de l'Église. L'un des premiers prêtres de la FSSPX à desservir nos régions (Québec), laissait au moment de quitter notre belle Province son testament spirituel aux fidèles:

«Je vous lègue mon testament spirituel: Ne cédez pas au chant des sirènes dans la crise présente de l'Église. Ne demandez pas à vos évêques l'autorisation d'assister à des messes de Saint Pie V, si en contrepartie, vous devez signer un texte reconnaissant que la Nouvelle Messe de Paul VI est bonne et que vous vous engagez à ne plus la critiquer. N'assistez pas aux messes de Saint Pie V, de prêtres qui auraient signé un tel texte en reniant leur foi au Saint Sacrifice de la Messe. N'oubliez pas que la Nouvelle Messe, même valide, est mauvaise. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Mgr Lefebvre, ainsi que le cardinal Ottaviani, ex-chef du Saint Office, qui écrivant une lettre au pape Paul VI, déclarait: «que la Nouvelle Messe s'éloigne dans l'ensemble comme dans le détail, de façon impressionnante, de la théologie de la Sainte Messe, telle qu'elle a été définie par la XXIIe session du Concile de Trente.»

Lettre aux fidèles (extrait) - 28 octobre 1984 - Fête du Christ-Roi



mercredi 15 février 2017

Ne faut-il pas entrer dans l’Église visible?


Mgr Lefebvre, fondateur de la FSSPX: 

« Ces derniers temps, on nous a dit qu’il était nécessaire que la Tradition entre dans l’Église visible. Je pense qu’on fait là une erreur très, très grave. Où est l’Église visible ? L’Église visible se reconnaît aux signes qu’elle a toujours donnés pour sa visibilité : elle est une, sainte, catholique et apostolique. Je vous de­mande : où sont les véritables marques de l’Église ? Sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous, en ce que nous représentons, ce que nous sommes ? Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Église officielle. Un évêque croit à ceci, l’autre n’y croit pas, la foi est diverse... Où est l’unité de la foi dans Rome ? » (Retraire sacerdotale, 9 septembre 1988)

« Se mettre à l’intérieur de l’Église, qu’est-ce que cela veut dire ? Et d’abord de quelle Église parle-t- on ? Si c’est l’Église conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Église catholique, nous rentrions dans cette Église conciliaire pour soi-disant la rendre catho­lique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets.» (Entretien Fideliter, n° 70, juillet-août 1989)

 «  C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne re­trouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique.  » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, 1990, p. 31)

«Nous appartenons bien à l'Eglise visible, à la société des fidèles sous l'autorité du Pape, car nous ne récusons pas l'autorité du Pape, mais ce qu'il fait. Nous reconnaissons bien au Pape son autorité, mais lorsqu'il s'en sert pour faire le contraire de ce pourquoi elle lui a été donnée, il est évident qu'on ne peut pas le suivre.»  (Mgr Marcel Lefebvre Fideliter n° 66, nov.-déc. 1988)

« Nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité. Nous serons désormais de plus en plus contraints d’agir en considérant cette nouvelle Église conciliaire comme n’étant plus catholique. » (Lettre à Jean Madiran, 29 janvier 1986)

« Nous n’aurons plus aucun rapport avec le Barroux et nous avertirons tous nos fidèles de ne plus soute­nir une œuvre désormais dans les mains de nos ennemis, ennemis de Notre Seigneur et de Son Règne univer­sel. » (Lettre du 18 août 1988, Conversation avec Mgr Marcel Lefebvre par Dom Thomas d’Aquin, supplément au bulletin du Monastère Sainte-Croix, 2011)


Le Supérieur général et tous les Supérieurs de districts FSSPX en 1988:

«En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missae, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem hahemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.»

«Ceux-ci [les fidèles] ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste (...) » (Extrait d'une lettre ouverte à son Éminence le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques. Écône, 6 juillet 1988 Fideliter N° 64. Juillet-Août 1988, pages 11-12)



Mgr Tissier de Mallerais: 

« Certes, ils sont l’autorité dans l’Église, le Pape est pape successeur de Pierre, mais il est aussi le représentant de ce système d’église, qui coiffe l’Église, qui paralyse l’Église, qui empoisonne l’Église, ce que l’on appelle l’église conciliaire par commodité de langage. Ce n’est pas une autre Église, c’est un nouveau type d’église, c’est une nouvelle religion qui a pénétré dans l’Église catholique, soutenue par les papes et toute la hiérarchie, tous les évêques à part quelques exceptions rarissimes.» (16 septembre 2012 au prieuré St Louis Marie Grignon de Monfort)


lundi 13 février 2017

La Résistance ne suit pas les principes de Mgr Lefebvre


La Résistance compte maintenant trois évêques: Mgr Williamson, Mgr Faure et Mgr Thomas d'Aquin. Ils ont fondé l'USML. Nous voulons rendre service à Son Excellence Mgr Williamson,  nous lui disons donc qu'il ne pourra jamais sauver l'oeuvre de MgrLefebvre, ni sauver le sacerdoce avec une Résistance qui:

- Reconnaît ouvertement comme une position acceptable le sédévacantisme.

«En juillet 2014, à Avrillé, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, (...), a admis la liberté pour chacun d’être una cum ou non una cum au canon de la messe. Le Père Thomas d’Aquin était partisan de cette liberté, l’abbé Altamira de même. Le père Pierre-Marie, prieur d’Avrillé, n’a pas fait d’objection. L’opposition venait du seul abbé Pfeiffer. En ce qui concerne les prêtres de l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre, les uns sont una cum, et d’autres sont non una cum (1)

Cette position ne suit pas la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité Saint-Pie X que doivent signer (c'est un engagement) tous les ordinands avant l’ordination sacerdotale, une déclaration composée par Mgr Lefebvre lui-même: «Je soussigné, reconnais (nommer le pape actuel, pour notre époque c'est le pape François) comme Pape légitime de la sainte Église catholique. C’est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife.»  (extrait tiré de la déclaration)

Cette position, ouvertement sédévacantiste, adoptée par La Résistance est, par conséquent,  en opposition avec les principes du fondateur qui disait: «En conséquence la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X des Pères, des Frères, des Soeurs, des Oblates ne peut pas tolérer dans son sein des membres qui refusent de prier pour le Pape et qui affirment que toutes les messes du Novus Ordo Missae sont invalides. Certes, nous souffrons de cette incohérence continuelle qui consiste à louer toutes les orientations libérales de Vatican II et qui en même temps s'efforce d'en atténuer les effets. Mais cela doit nous inciter à prier et à maintenir fermement la Tradition, mals non pour autant affirmer que le Pape n'est pas Pape.» (2)


- Combat la hiérarchie de l'Église par son refus de l'autorité (association de groupes indépendants sans dirigeant), ce qui conduit à la destruction du sacerdoce.

Mgr Williamson:

«On demanda à l’abbé Rioult s’il pensait que l’on peut monter une nouvelle organisation à niveau mondial, ou préférait-il une certaine forme d’association libre, comme celle des sédévacantistes depuis quelques années. Voici sa réponse, cette fois en ses propres termes : "Oui, il est possible que dans les prochains mois qui viennent, je puisse créer une association au sens large, fondée sur une amitié avec les autres résistants catholiques, qu’ils soient pour l’opinion sédévacantiste ou qu’ils ne le soient pas." »  (4)

«En gros, les jeunes (relativement parlant) veulent organiser pour coordonner l’action et la rendre plus efficace, tandis que les anciens pensent plutôt qu’une structure organisée n’est plus possible ni même peut-être souhaitable dans les circonstances chaotiques actuelles.» (5)

Cette façon de penser et d'agir ne suit pas l'esprit de l'Église:
« L'esprit de l'Église c'est se faire diriger par l'Évêque. De même, tous ceux qui prétendent aujourd’hui défendre la Tradition et la maintenir dans l’indépendance de l'évêque ne peuvent tenir. Cette allégeance, cette dépendance vis-à-vis de l’Évêque, c’est l’esprit de l’Église, aucun de ses membres ne peut s’en affranchir. Certes nos évêques ne jouissent à l’égard des âmes assoiffées que d’une juridiction de suppléance, mais cela ne légitime pas un libre examen, une émancipation des règles d’agir dans l’Église. Il nous faut conserver l’esprit de l’Église à défaut de pouvoir jouir du recours à l’autorité compétente. La crise de l’autorité n’autorise pas à vivre dans la crise, le désordre, l’indépendance, la révolution.» (6)

«Tu sais que s’il n’y a pas de chefs, c’est l’anarchie, c’est-à-dire le règne du désordre. La nature a besoin de chefs. Or c’est Dieu qui a fait ainsi la nature humaine. Donc c’est Dieu qui a voulu le pouvoir des chefs, des rois, etc. C’est ainsi, qu’on soit païen ou non.» (7)


- Affirme que l'Église conciliaire a quelque chose de catholique.

- Bishop Williamson: 

«the neo-church is somewhat Catholic.» (EC 445)

«There’s still something Catholic in the conciliar church, so it’s wrong for us to reject it completely.» (Bp. Williamson, 'Eleison Comments' #447, Feb. 6, 1016)

Ces déclarations contredisent celles de Mgr Lefebvre qui disait: 
« Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique.»  (8)

«L'Église conciliaire étant désormais répandue universellement, diffuse des erreurs contraires à la foi ca­tholique et en raison de ces erreurs, a corrompu les sources de la grâce que sont le saint Sacrifice de la Messe et les sacrements. Cette fausse Église est en rupture toujours plus profonde avec l’Église catholique.» (9)



- Recommande l'assistance à la messe nouvelle ou messe sédévacantiste à ses fidèles. 

- Bishop Williamson: 

«the new mass can and is still is used to build the faith. There are cases where you can assist the new mass. This is almost heresy, but this is what I think. I'm not going to say that everyone should stay away from the new mass.» (10)

«There are elements in the new mass that can nourish our faith.» (EC 445)

«In the New Mass, we can preserve the faith.»  (EC 447)

«There are miracles in the New Mass.» (EC 438), «these miracles – always assuming they are authentic – have lessons also for the Catholics of Tradition who have to some extent or another stood back from the Novus Ordo framework.» (EC 438)

Cette position sur l'assistance à la messe va à l'encontre de l'enseignement de l'Église puisque Mgr Lefebvre affirmait: «Nous sommes convaincus que ce nouveau rite de la Messe exprime une nouvelle foi, une foi qui ne nous appartient pas, une foi qui n'est pas la foi catholique.Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d'une nouvelle foi, une foi moderniste.» (13)








Conclusion

Pour conclure, ces quelques points apportent une grande confusion parmi les prêtres et les fidèles qui suivent La Résistance et les entraînent dans le libéralisme.




(1) M. l'abbé Rioult - Discours sur l’Église romaine face à l’apostasie (7/12) note 16, publié le 8 décembre 2015
(2) Mgr Lefebvre, 08 novembre 1979
(3) Post Falls, Idaho 1er juin 2014, 49 min. 25 sec.
(4) Commentaire Eleison «abbé Rioult II»  # 335
(5) Commentaire Eleison «Organiser la Résistance?»  # 321
(6) Abîmés par l'iceberg - M. l'Abbé Pierre Duverger - janvier 2006
(7) Origines de la crise dans l'Eglise. Réponse à un jeune par M. abbé Pivert 
(8) Quelques réflexions à propos de la “suspens a divinis”, 29 juillet 1976
(9) Lettre à Mgr de Castro-Mayer, 4 décembre 1990
(10) Mahopac Conference, New York, 6/28/2015
(11) "In defense of Bishop Williamson II"
(12) Catechism monastery of Santa Cruz/ RJ, December/2015
(13) Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976