dimanche 18 septembre 2016

Mgr Lefebvre: "J'accuse le Concile"



image: FSSPX


Tiré du livre "J'accuse le Concile" de Mgr Lefebvre



source: FSSPX

Rien ne semble plus opportun en ces jours où « l’affaire d’Ecône » pose le grave problème des intentions du Concile Vatican II et de son influence sur l’autodestruction de l’Eglise, que de publier des documents rédigés au cours du Concile.

Ces documents manifesteront avec évidence que des orientations libérales et modernistes se firent jour et eurent une influence prépondérante, grâce au véritable complot des cardinaux des bords du Rhin, malheureusement soutenus par le pape Paul VI.

Les équivoques et ambiguïtés de ce Concile pastoral contenaient le poison qui s’est répandu dans toute l’Eglise par l’intermédiaire des réformes et applications conciliaires. De ce Concile est née une nouvelle Eglise réformée que S.E. Mgr Benelli appelle lui-même l’Eglise conciliaire.

Pour bien comprendre et mesurer la nocivité de ce Concile il faut l’étudier à la lumière des Documents pontificaux qui mettent les évêques, les clercs et les fidèles en garde contre la conjuration des ennemis de l’Eglise agissant à travers le libéralisme et le modernisme, et cela depuis bientôt deux siècles.

Il faut aussi connaître les documents des adversaires de l’Eglise et spécialement des sociétés secrètes préparant ce Concile depuis plus d’un siècle.

Enfin il sera très instructif de suivre les réactions des protestants, des maçons et des catholiques libéraux, pendant et après ce Concile.

La conclusion s’impose, surtout après l’immense désastre que subit l’Eglise depuis ce Concile ; cet événement ruineux pour l’Eglise catholique et toute la civilisation chrétienne n’a pas été dirigé et conduit par l’Esprit Saint.

C’est rendre à l’Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ et au salut des âmes un immense service que de dénoncer publiquement les agissements des hommes d’Eglise qui ont voulu faire de ce Concile la paix de Yalta de l’Eglise avec ses pires ennemis, soit dans la réalité une nouvelle trahison de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son Eglise.

+Marcel Lefebvre
Ecône, le 18 août 1976




«Pourquoi ce titre « J’accuse le Concile » ? Parce que nous sommes fondés à affirmer, par des arguments tant de critique interne que de critique externe, que l’esprit qui a dominé au Concile et en a inspiré tant de textes ambigus et équivoques et même franchement erronés n’est pas l’Esprit Saint, mais l’esprit du monde moderne, esprit libéral, teilhardien, moderniste, opposé au règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Toutes les réformes et orientations officielles de Rome sont demandées et imposées au nom du Concile. Or ces réformes et orientations sont toutes de tendances franchement protestantes et libérales.

C’est dès le Concile que l’Eglise, ou du moins les hommes d’Eglise occupant les postes-clés, ont pris une orientation nettement opposée à la Tradition, soit au Magistère officiel de l’Eglise.

Ils se sont pris pour l’Eglise vivante et maîtresse de vérité, libre d’imposer aux clercs et aux fidèles de nouveaux dogmes : soit le progrès, l’évolution, la mutation et une obéissance aveugle et inconditionnelle. Ils ont tourné le dos à la véritable Eglise de toujours, lui ont donné de nouvelles institutions, un nouveau sacerdoce, un nouveau culte, un nouvel enseignement toujours en recherche, et cela toujours au nom du Concile.

Il est aisé de penser que quiconque s’opposera au Concile, leur nouvel évangile, sera considéré comme hors de la communion de l’Eglise. On peut leur demander de quelle Eglise ? Ils répondent de l’Eglise conciliaire.

Il est donc indispensable de démythiser ce Concile qu’ils ont voulu pastoral en raison de leur horreur instinctive pour le dogme, et pour faciliter l’introduction officielle dans un texte d’Eglise des idées libérales. Mais l’opération terminée, ils dogmatisent le Concile, le comparent à celui de Nicée, le prétendent semblable aux autres sinon supérieur ! (...)»

«Mais si nous laissons à Dieu et aux futurs vrais successeurs de Pierre de juger de ces choses, il n’en est que plus certain que le Concile a été détourné de sa fin par un groupe de conjurés et qu’il nous est impossible d’entrer dans cette conjuration, quand bien même il y aurait beaucoup de textes satisfaisants dans ce Concile. Car les bons textes ont servi pour faire accepter les textes équivoques, minés, piégés. Il nous reste une seule solution : abandonner ces témoins dangereux pour nous attacher fermement à la Tradition, soit au Magistère officiel de l’Eglise pendant vingt siècles.

Nous espérons que les pages qui suivent jetteront une lumière de vérité sur les entreprises subversives des adversaires de l’Eglise, conscients ou inconscients.
Ajoutons que les appréciations des clercs et des catholiques libéraux, des protestants, des francs-maçons sur le Concile ne font que confirmer nos appréhensions. Le cardinal Suenens affirmant que ce Concile a été 89 dans l’Eglise n’aurait-il pas raison !

Alors notre devoir est clair : prêcher le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ contre celui de la déesse raison.»



jeudi 1 septembre 2016

Aucun changement au point de vue doctrinal de la part de Rome qui justifierait le nôtre





Les quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre: Mgr Fellay, Mgr Williamson, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta



En 2012,  Mgr de Galarreta alors opposé au ralliement de la FSSPX à la Rome moderniste écrivait:

«Aller dans le sens d'un accord pratique serait renier notre parole et nos engagements devant nos prêtres, nos fidèles, Rome et devant tout le monde. Cela aurait des conséquences négatives énormes ad intra et ad extra. Il n'y a aucun changement au point de vue doctrinal de la part de Rome qui justifierait le nôtre. Bien au contraire, les discussions ont démontré qu'ils n'acceptent en rien nos critiques. Il serait absurde de notre part d'aller dans le sens d'un accord pratique après le résultat et les constatations des discussions. Ou alors il faudrait penser que Mgr. Riffan et l'abbé Aulagnier avaient raison. Une telle démarche manifesterait une grave faiblesse diplomatique de la part de la Fraternité, et à vrai dire, plus que diplomatique. Il serait un manque de cohérence, de droiture et de fermeté, qui auraient comme effets la perte de crédibilité et de l'autorité morale dont nous jouissons.  Le simple fait de nous engager dans cette voie engendrera chez nous le doute, des disputes, méfiances, partis et surtout la division.  Beaucoup de supérieurs et de prêtres auront un problème de conscience légitime et s'y opposeront.  L'autorité et le principe même de l'autorité seront remis en question, minés.» 

«Réflexion autour de la proposition Romaine» par Mgr Alfonso de Galarreta




«To move towards a practical agreement would be to deny our word and our commitments to our priests, our faithful, and Rome in front of everyone. This would have hugely negative consequences ad intra and ad extra. There is no change in the doctrinal point of view from Rome that would justify ours. On the contrary, the discussions have shown they will not accept anything in our criticisms. It would be absurd for us to go in the direction of a practical agreement after the result of discussions and findings. Otherwise, one would think that Msgr. Rifan and Father Aulagnier were right. Such an approach would show a serious diplomatic weakness on the part of the Fraternity, and indeed, more than diplomatic. It would be a lack of consistency, honesty and firmness, which would have effects like loss of credibility and moral authority we enjoy. The mere fact of going down this path will lead us to doubt, dispute, distrust, parties, and especially division. Many superiors and priests have a legitimate problem of conscience and will oppose it. Authority and the very principle of authority will be questioned, undermined.»


lundi 25 juillet 2016

La conversion d'un pécheur par le crucifix








En mai 1774, Louis XV se sent frappé d'une maladie mortelle.  Mme du Barry, la courtisane, est toujours près de lui.  

Le prince va-t-il mourir dans l'impénitence? 

Non, car là-bas, derrière les grilles du Carmel de St-Denis, sa fille intercède pour lui.  Madame Louise de France n'a-t-elle pas quitté la cour, n'a-t-elle pas revêtu la bure, pour obtenir la conversion de son père?

C'est son crucifix qui sera l'instrument de cette conversion tant désirée.  Dès que la recluse apprend que le roi est en danger, elle lui fait parvenir ce cher crucifix que le Pape lui a indulgencié in articulo mortis.  Le 4 mai, elle écrit:  «Ce jour est celui de sainte Monique, mère de saint Augustin, mon patron.  Demain est le jour de sa conversion: j'espère que je me verrai, sous ce rapport, la fille d'un autre Augustin.»  Elle avait raison d'espérer.  Le crucifix de la Carmélite toucha le coeur du prince.  Ce jour-là même, la favorite était congédiée.  Le lendemain, 5 mai, le roi se confessait et recevait l'absolution.  Le vendredi, 6 mai, le cardinal Grand Aumônier apportait le Saint-Viatique.  À la vue du ciboire, le roi se découvre, rejette ses couvertures et essaie de s'agenouiller.  Comme on veut l'en empêcher, il répond avec animation: «Quand mon grand Dieu fait à un misérable comme moi l'honneur de venir le trouver, c'est le moins qu'il soit reçu avec respect.»

Après la communion, le cardinal se tourne vers l'assistance, et par ordre du roi, lit cette formule concertée:
«Quoique le roi ne doive compte de sa conscience qu'à Dieu seul, il déclare qu'il se repent d'avoir causé du scandale à ses sujets et qu'il ne désire vivre encore que pour le soutien de la religion et le bonheur de son peuple.»

Le roi interrompit l'officiant au mot se repent, et se soulevant sur l'oreiller: Monsieur le Cardinal, répétez ceci, répétez-le bien.

Le repentir témoigné par le souverain ne se démentit pas.  Louis XV ne cessa plus jusqu'à sa mort d'invoquer Dieu et d'embrasser le crucifix de Madame Louise. (Vie de Madame Louise de France, par léon de la Brière, Paris, Retaux, 1900.)

Source:
Le Crucifix par J. Hoppenot 1902
p 267-268

mercredi 20 juillet 2016

Que penser du port de pantalon pour une femme?




Sainte Jeanne d'Arc
auteur: BastienM
CC BY-SA 3.0
wikimedia

Malgré la triste réalité de cette corruption des modes modernes qui détruit la société, on voit de plus en plus de jeunes filles ou de femmes dans les milieux de la Tradition se permettre le port du pantalon pour des circonstances dites particulières comme des activités ou professions.

Or dans l'Évangile, il est écrit:
«Si donc ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le loin de toi. » Il faut, à la vérité, que les scandales arrivent ; cependant, malheur à l’homme qui, par sa faute, est la cause de ce qui ne peut manquer de se produire dans le monde.»

S’il y a quelque chose, semble dire le Sauveur, qui vous soit aussi étroitement uni que la main, le pied, ou l’œil est uni au corps ; quelque chose qui vous soit utile, mais qui par l’opposition des mœurs, vous entraîne dans l’enfer, il vaut mieux vous priver des avantages temporels qui en résultent, de peur qu’en voulant en profiter, vous n’ayez des occasions de vous perdre.  ( 1 )

En conséquence, toute activité ou toute profession doit être abandonner, quand il y a lieu de craindre d'exposer autrui à des scandales.

Pensons à sainte Maria Goretti, qui préféra sacrifier sa propre vie plutôt que de commettre le péché. Nous avons encore un autre bel exemple avec sainte Jeanne d'Arc qui ne se permit jamais la moindre inconvenance et garda sa pureté intacte de tout compromis:

«Jeanne avait un grand souci pour sa vertu et porta toujours, même avec son armure, une tunique qui tombait sous les genoux. Les sculpteurs et les peintres qui nous donnent des effigies de Jeanne d'Arc, devraient bien se souvenir de ce détail historique.» ( 2 )

«Un autre fait nous est raconté à ce sujet, lorsqu'elle était obligée de reposer quelquefois, au milieu des officiers, elle conservait sa pesante armure sans en retrancher une seule pièce, inaugurant une pénitence d'un genre nouveau et d'une exceptionnelle rudesse, qu'elle observa d'ailleurs en semblable circonstance, durant toute sa vie de guerrière, en gardant sous la tente, les membres serrés dans leur inflexible prison d'acier. 

Elle ne se départira jamais de cette loi de stricte convenance.

Et même quand il lui sera permis de coucher dans une habitation, elle exigera toujours qu'il y ait au moins une femme avec elle. Jamais l'ombre même d'un soupçon ne planera sur son inviolable pureté. Et ce n'est pas là un des moindres signes de la sainteté de sa vie. Tel était l'ascendant qu'elle avait pris sur ces hommes de guerre et le respect qu'elle leur inspirait; ils ne se permirent jamais la moindre inconvenance.» ( 3 )





«Au temps de saint Jean Chrysostome certaines femmes se risquaient à se montrer dans des vêtements indécents. (...) D'une voix tonnante, le saint leur représentait l'horreur de leur péché et n'hésitait point à affirmer qu'elles étaient encore plus coupables que celles qui se livrant à la débauche, parce que celles-ci séduisent seulement dans les maisons, tandis que celles qui paraissent en public tendent des pièges à tous les passants. Et il les disait plus criminelles que les assassins ou des empoisonneurs qui ne tuent que le corps alors qu'elles tuaient l'âme.» ( 4 )

En résumé, soyons prêts à tous les sacrifices à l'exemple des saints afin de rester fidèles aux promesses de notre baptême, aux engagements que nous avons promis à Dieu en ce jour béni en renonçant à Satan, à ses oeuvres et à ses pompes.

( 1 )
Homélie de saint Jérôme, Prêtre

( 2  )
Sainte Jeanne D'Arc
P. Laurent, 1920
p 36 et p 140

( 3 )
Histoire admirable de la bienheureuse Jeanne d'Arc
Mgr Henri Debout , 1909
p18

( 4 )
Dictionnaire d'exemples
À l'usage des Prédicateurs et des Catéchistes
R. P. A. Scherer, O Ordre saint Benoît
R. P. J.-B. Lampert, O.S.B. Docteur en Théologie
Tome V pp 662 à 663
1936


samedi 16 juillet 2016

Ceux-là se perdent qui n'ont pas la protection de Marie




Notre Dame du mont Carmel
auteur: Eugenio Hansen, OFS



Jésus-Christ est l'unique médiateur de justice, dont les mérites nous ont réconciliés avec Dieu: qui le nie?  Mais aussi il y a de l'impiété à nier que Dieu se complaise à accorder ses grâces par l'intercession des saints, et spécialement de sa Mère, que Jésus-Christ a tant à coeur de voir aimée et honorée.  Qui ne sait que l'honneur fait aux mères tourne à la gloire des enfants?  Ne pensez pas, dit saint Bernard, d'obscurcir la gloire du Fils, en exaltant la Mère, car plus vous honorerez la Mère, plus vous louerez le Fils.  p163

Jésus-Christ déclare que nul ne peut venir à lui si le Père ne l'attire par sa grâce (2).  Suivant Richard, il en dit autant de sa Mère:  Nul ne vient à moi, si ma Mère ne l'attire par ses prières (1).  Jésus est le fruit de Marie, comme le dit sainte Élisabeth (2).  Qui veut le fruit, doit aller à l'arbre.  Qui veut Jésus, doit aller à Marie, et qui trouve Marie, trouve certainement Jésus.  Lorsque sainte Élisabeth aperçut la sainte, qui était venue la visiter dans sa maison, ne sachant comment lui rendre grâces, elle s'écria dans son humilité (3): Comment ai-je mérité que la Mère de mon Dieu daignât me visiter?  Mais pourrait-on demander, sainte Élisabeth ignorait-elle que ce n'était pas seulement Marie, mais Jésus, qui se trouvait dans sa maison.  Et pourquoi ne se déclara-t-elle pas plutôt indigne de voir le Fils que de recevoir la Mère?  C'est qu'elle savait parfaitement que lorsque Marie vient, elle amène aussi Jésus; il lui suffisait donc de remercier la Mère (...)

Marie est cet heureux navire qui nous apporte du Ciel Jésus-Christ, le pain vivant descendu d'en haut pour nous donner la vie éternelle (4).  D'où Richard de Saint-Laurent prend occasion d'ajouter que, sur la mer de ce monde, tous ceux-là se perdent qui ne sont point reçus dans ce navire, c'est-à-dire, sous la protection de Marie (1).  Aussi, dès que les tentations ou les passions nous mettent en péril, devons-nous recourir à Marie, en nous écriant:  Empressez-vous, ô Vierge, de nous secourir; sauvez-nous, ou nous périssons.

Richard de Saint-Laurent, le vénérable de Blois, et surtout Cassien, dont l'expression a plus d'énergie (3), conviennent que le salut consiste dans les faveurs et les protections de Marie.  Celui qu'elle protège se sauve; celui qu'elle ne protège pas se perd.  Saint Bernardin de Sienne lui adresse ces paroles:  Reine du monde, vous êtes la dispensatrice de toutes grâces, celle du salut ne peut venir que par votre entremise, notre salut dépend donc de vous (...)

Semblable à la pierre qui tombe, dès que la terre qui la soutient s'éboule, l'âme, privée de l'appui de Marie, tombe d'abord dans le péché, puis dans l'enfer. (5) Saint Bonaventure après avoir dit qu'on ne la sauvera point sans l'intercession de Marie (1), ajoute qu'à l'exemple de l'enfant qui ne saurait vivre si sa nourrice lui manque, le chrétien ne peut se sauver si Marie ne le protège (2).  p 183 à 188

Paraphrase du Salve Regina
par saint Alphonse de Liguori
1843




Les litanies de Notre-Dame du Mont Carmel



Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

Père du Ciel qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous

Notre-Dame du Mont Carmel, Reine du Ciel, priez pour nous pécheurs.
Notre-Dame du Mont Carmel, victorieuse de Satan,
Notre-Dame du Mont Carmel, fille très obéissante,
Notre-Dame du Mont Carmel, vierge très pure,
Notre-Dame du Mont Carmel, épouse très dévouée,
Notre-Dame du Mont Carmel, mère très tendre,
Notre-Dame du Mont Carmel, modèle parfait de vertu,
Notre-Dame du Mont Carmel, ancre sûre d'espérance,
Notre-Dame du Mont Carmel, refuge dans l'affliction,
Notre-Dame du Mont Carmel, dispensatrice des dons de Dieu,
Notre-Dame du Mont Carmel, bastion contre nos ennemis,
Notre-Dame du Mont Carmel, notre aide dans le danger,
Notre-Dame du Mont Carmel, chemin menant à Jésus,
Notre-Dame du Mont Carmel, notre lumière dans les ténèbres,
Notre-Dame du Mont Carmel, notre consolation à l'heure de la mort,
Notre-Dame du Mont Carmel, avocate des pécheurs les plus abandonnés,

Pour ceux qui sont endurcis dans le vice,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui offensent votre Divin Fils,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui négligent de prier,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui sont à l'agonie,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui diffèrent leur conversion,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui souffrent en Purgatoire,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.
Pour ceux qui ne Vous connaissent pas,
nous venons à Vous avec confiance, Ô Notre-Dame du Mont Carmel.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Notre-Dame du Mont Carmel, espérance des désespérés, Intercédez pour nous auprès de Votre Divin Fils.

Notre-Dame du Mont Carmel, glorieuse Reine des Anges, canal de la plus tendre miséricorde de Dieu envers les hommes, refuge et avocate des pécheurs, je me prosterne devant Vous avec confiance, vous suppliant de m'obtenir...

En retour, je vous promets solennellement d'avoir recours à Vous dans toutes mes épreuves, mes souffrances, mes tentations, et je ferai tout en mon pouvoir pour engager les autres à Vous aimer, à Vous vénérer, et à Vous invoquer dans tous leurs besoins. Je vous remercie pour les grâces sans nombre que j'ai reçues de Votre miséricorde et de Votre puissante intercession. Continuez d'être ma défense dans le danger, mon guide pendant la vie et ma consolation à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

Notre-Dame du Mont Carmel, avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour l'âme du pécheur le plus abandonné de l'univers (ou pour l'âme de...) Alors les Anges du Ciel se réjouiront et l'enfer sera privé de sa proie.

Je viens à vous avec confiance, ô Notre-Dame du Mont Carmel.

Ainsi soit-il.

source: La Porte Latine

mardi 12 juillet 2016

L'incrédulité a très souvent sa source dans l'immoralité







Les incrédules sont ceux qui ne veulent croire que ce qu'ils perçoivent par les sens ou peuvent comprendre par leur raison.

Thomas était incrédule; il ne voulait pas croire à la résurrection avant d'avoir mis ses doigts dans les plaies des mains, et sa main dans le côté du Christ. (S. Jean XX, 25).  Beaucoup d'hommes lui ressemblent; ils ne veulent croire que ce qu'ils voient, touchent et mâchent; ils rejettent tout le reste. L'incrédule, dit S. Jean Chrysostome est un terrain sablonneux qui ne rapporte rien, malgré la pluie qu'il reçoit.  L'incrédule outrage son Dieu, comme le sujet outragerait un souverain qu'il refuserait de reconnaître tout en le sachant légitime. (Lehmkuhl).

L'incrédulité a très souvent sa source dans l'immoralité.

Le soleil se réflète dans une eau l'impide et tranquille, mais non dans une eau bourbeuse.  Il en est de même de l'homme; s'il est de bonne moeurs, il arrivera facilement à la foi, mais l'homme sensuel ne percevra pas ce qui est de l'esprit de Dieu. (I Cor. II,14).  Un miroir terni ne réflétera que mal ou pas du tout.  L'âme est un miroir (S. Maxime) qui doit être sensible à la lumière divine et qui est incapable de réfléter les vérités de la foi, quand elle est ternie par le vice.

Catéchisme François Spirago 1950  p 28-29




                                               




Sainte Monique avait déposé dans l'âme du jeune Augustin les germes de la vertu, mais le jeune homme influencé par l'esprit du monde avait peu à peu abandonné l'enseignement et les saintes recommandations de sa pieuse mère. Monique ne cessait de verser des torrents de larmes pour ce cher fils égaré.

«Allez, allez lui avait dit un vénérable et saint évêque, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse.»

Réflexion de Mgr Bougaud sur les égarements d'Augustin.

«Si Monique eût été une femme mondaine, de tels dons, un génie si précoce et si brillant, l'auraient exaltée et remplie d'orgueil; mais sous cette belle enveloppe, elle voyait les horribles ravages du mal; une plaie qui grandissait tous les jours, une conscience, une âme immortelle, l'âme de son cher enfant, qui allait périr. Cette vue couvrait tout le reste d'un voile de deuil. Et ce qui achevait de la désoler, c'est qu'avec la vertu, la foi elle-même avait baissé dans l'âme d'Augustin. Du coeur, où elles étaient nées, où elles naissent toujours, les ténèbres commençaient à monter dans son esprit; et l'on pouvait prédire qu'après avoir abandonné la vertu, Augustin renierait la foi; ou plutôt il n'y avait plus rien à prédire. Du premier abîme, il avait déjà roulé dans le second, et la perte de la foi avait suivi de près la disparition des moeurs

Histoire de sainte Monique par Mgr Bougaud 1901 p 168 - 169 - 196
                                                                               

lundi 27 juin 2016

Le renoncement au luxe et à l'excès de la parure




auteur: Père Igor  CC BY-SA 3.0
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Se renoncer.  Quel vilain mot!  Se renoncer!  bon pour la Carmélite, enfermée derrière une triple grille! Mais ne voyez-vous prenant à tache de me renoncer, moi, femme du monde, et du grand monde?

-Madame, elle était du monde aussi, et du grand monde, Élisabeth de Hongrie. 

Noble épouse de Louis, Landgrave de Hesse et de Thuringe, elle portait au front le triple diadème d'une haute naissance, d'une immense fortune et d'une illustre alliance;  mais, dès son enfance, elle a compris les plaies de Jésus crucifié, et se renoncer lui est devenu un besoin.

Un jour, jeune encore, elle entre dans une église; elle est vêtue de soie et porte sur ses cheveux une couronne d'or et de pierreries.  Soudain, le crucifix attire ses regards:  «Me voici couverte de soie et couronnée d'or, se dit-elle toute honteuse, tandis que mon Seigneur est couronné d'épines sur la croix.»

Elle arracha sa couronne et ne parut plus à l'église qu'en robe de laine. 

Oh! que le renoncement est facile à qui regarde le crucifix!

Le crucifix par J. Hoppenot 1902  p 242




Ecce Homo


Notre-Seigneur adressait, un jour, ces paroles à Marguerite de Cortone, l'amante des plaies du crucifié: «Je gémis des modes vaines, nouvellement introduites dans les vêtements et les ornements... elles font pécher mortellement ceux dont elles attirent les regards, en imprimant dans leurs esprits des imaginations impures. Oui, je suis souvent mortellement atteint par ces dentelles, ces parures, ces frisures de cheveux, car ceux qui les font, portent sur leur face l'orgueil et les insignes de Satan.»   (Marguerite de Cortone.  Sa vie, ch IX,  40)

Ce n'est pas par des paroles seulement que le crucifix enseigne le renoncement au luxe et à l'excès de la parure, c'est encore par des actes.  Il est un christ fameux, vénéré à la cathédrale de Burgos.  «La tradition, nous dit Ozanam, lui attribuait ce touchant prodige: on avait placé sur la tête du Christ une couronne d'or, mais cette tête sacrée la secoua, ne voulant être couronnée que d'épines, et le riche diadème resta à ses pieds.»  (Ozanam, Pèlerinage au pays du Cid.)

Le crucifix par J. Hoppenot 1902 p 243

dimanche 26 juin 2016

Le visage de la Vierge Marie peint par les Anges




De nombreuses vocations vinrent rapidement accroître la famillle des servites de Marie (…)  Divers couvents nouveaux se fondèrent.  Dès avant sa profession, le P. Alexis avait présidé à l'inauguration d'une maison à Sienne.  Un autre couvent fut bâti à Tifernum, en 1252, grâce à la générosité d'un habitant de cette ville.  Les Pères, qui venaient du mont Senario pour quêter en Florence, avaient obtenu de la charité d'un Florentin un petit pied-à-terre, pour s'y abriter durant la nuit, dans la plaine de Cafaggio, à cinq kilomètres de Florence.  Cette petite demeure fut transformée en monastère et une belle église fut élevée en ce lieu en l'honneur de l'Annonciation de Marie.  A la prière des moines, un peintre habile se chargea de faire gratuitement le tableau représentant le mystère de L'Annonciation, que l'on devait placer dans le sanctuaire. L'artiste se mit au travail avec ardeur; la fête de l'Annonciation approchait, on le supplia de terminer son œuvre pour ce jour béni; Bartloloméo (c'était le nom du peintre) redouble d'activité, il prolonge ses veilles; enfin tout se trouve heureusement achevé, la chambre de Marie, l'archange Gabriel, le Père Céleste dans les nuées lumineuses, il ne reste plus qu'une chose: la tête et le visage de la Vierge.  L'artiste se recueille pour chercher son idéal, mais succombant à la fatigue, il s'endort. Durant son sommeil, les anges achèvent le tableau, et, à son réveil, le peintre voit avec admiration la figure de la Reine du ciel dessinée avec une perfection que le pinceau des hommes ne saurait atteindre. Ses cris de joie réunissent autour du chef-d'oeuvre tout le couvent; la nouvelle de cet événement se répand bientôt dans la contrée, et les pèlerins arrivent en nombre immense au pied de l'image miraculeuse qu'ils nomment Notre-Dame Sainte Marie, Mère de grâces.

Source: Vie des saints chapitre 1 saint Alexis de Falconieri et autres saints fondateurs de l'ordre des servites, fête 17 février.  La fête collective est célébrée le 11 janvier.

mercredi 22 juin 2016

Le subjectivisme n'est pas catholique



L'obligation pour un catholique de suivre l'autorité de l'Église:

Dans l'Église catholique, seule se trouve la Bible dans son intégrité et son explication exacte (Conc. de Tr. 4); car c'est aux Apôtres seuls et à leurs successeurs, les évêques, c'est-à-dire à l'Église catholique que Jésus-Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. (S. Matth. XVI, 18)  Aussi la Bible, d'où l'Église tire sa doctrine, ne peut-elle pas être corrompue. Les hérétiques au contraire ont déformé quelques passages dans un sens favorable à leurs erreurs et même supprimé des passages et des livres qui les gênaient: Luther, par exemple, supprima l'Épître de saint Jacques parce qu'on y lit que la foi est morte sans les oeuvres.  Aucun catholique ne doit donc lire la Bible protestante.  La Bible est généralement difficile à comprendre.  Bien peu de personnes peuvent dire qu'elles comprennent les épîtres lues au prône du dimanche.  Saint Pierre lui-même dit des épîtres de saint Paul qu'elles sont difficiles à comprendre. (II S. Pierre III, 16)  Même saint Augustin nous dit:  "Il y a plus de passages que je ne comprends pas qu'il n'y en a que je comprends."  Ni les prophètes, ni le Christ n'ont énoncé tous les mystères divins de façon à être compris de chacun. (Cém. d'Al.)   Aussi les docteurs diffèrent-ils dans l'interprétation d'un seul et même passage.   Il faut donc que l'Église explique le sens des passages difficiles.

Tous les codes supposent une autorité qui les interprète dans les cas douteux; l'autorité instituée par Dieu pour la garde et l'interprétation de la Bible est l'Église. (Deharbe)  C'est à elle que Dieu a donné le S. Esprit. (S. Jean, XIV et XVI)  "De même, dit S. Ephrem, qu'un enfant porte à sa mère la noix qu'il a trouvé et la prie de la lui ouvrir, ainsi le chrétien demande à l'Église de lui expliquer l'Écriture.  "C'est à l'Église seule qu'il appartient de décider du vrai sens, de donner l'interprétation exacte de l'Écriture (Conc. de Tr. IV); voilà pourquoi le fidèle ne doit lire qu'une Bible avec des notes approuvées, c'est-à-dire qui contient l'interprétation de l'Église.  (catéchisme catholique François Spirago 1950 p 16) 


mardi 21 juin 2016

Pour protéger notre foi, il nous faut retrouver la sainte et sévère prudence des Apôtres





Saint Paul


source: La Porte Latine

Encouragements à la fidélité - Dix règles de spiritualité
en temps de crise, par les capucins de Morgon - Mars-avril 2015

-extrait-

"Hereticum devita. Évite  l'hérétique après un premier et un second  avertissement"  
(Saint Paul à Tite 3,10)

Pour protéger  notre foi, il nous faut retrouver  la sainte et sévère  prudence des Apôtres, des Pères et des Docteurs de l'Église par rapport aux hérétiques et à, tous les ennemis de la foi. Si nous avions un plus grand amour de Jésus-Christ et de la vérité nous comprendrions mieux, par exemple, pourquoi saint Jean, l'Apôtre  bien-aimé et le docteur de la charité fraternelle, s'exprimait ainsi pour protéger ses disciples des hérétiques de son temps : "Si quelqu'un vient à vous et ne professe pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez pas" (Saint Jean, 2, Épître, l 0).

Nous ne serions pas non plus étonnés d'apprendre  de saint Irénée que le même saint Jean soit sorti précipitamment  des bains à Éphèse après avoir appris que Cérinthe l'hérétique  s'y  trouvait, en expliquant sa crainte que les bains ne s'effondrent  puisque s'y  trouvait Cérinthe "l'ennemi de la vérité" (Adversus Hrereses, III, 3 - P.G. 7,853). A l'hérétique  Marcion, rencontré par hasard  à Rome  et  qui  lui  demandait  s'il   le  connaissait,  le  doux  Apôtre n'hésitait pas aussi à répliquer: "Oui, je connais le premier-né du diable" (id.).

Il nous faut, par conséquent, une grande prudence par rapport aux modernistes, par rapport à tous ceux qui sont atteints de la maladie du libéralisme, par rapport à ceux qui n'ont pas compris la primauté absolue de la foi et de la doctrine, par rapport à tous ceux qui ne défendent plus ouvertement la vérité en ne s'opposant pas aux scandales renouvelés de la Rome conciliaire.

Au nom d'un  principe supérieur (protéger sa foi), il faut éviter d'assister aux messes des prêtres dits "ralliés",  aussi saints et édifiants soient-ils. Et il faut éviter les contacts non nécessaires avec les fidèles de ces groupements "Ecclesia Dei".  Les conservateurs libéraux sont pour nous les plus dangereux.

Dans toutes ces considérations de prudence, il ne s'agit pas de juger du for interne  des  consciences  mais  de  se  mettre  à  l'abri  de  dangers  externes objectifs. Ne nous mettons pas dans une situation de ralliement à la Rome conciliaire, situation qui nous obligerait tôt ou tard à des concessions d'ordre doctrinal et liturgique, comme l'expérience  des différents ralliements depuis 1988 l'a malheureusement prouvé. Puissions-nous ne jamais avoir à mériter la sévère mais réaliste définition du "rallié" donnée, il y a bien longtemps déjà, par Abel Bonnard, ministre de l'Éducation  Nationale du Maréchal Pétain de 1942 à 1944, dans son livre de Pensées:

 "Le rallié reste -dans ses rapports avec ceux qu'il  a rejoints -un subalterne, un homme qu'on  ne consulte pas, qui n'a jamais part à ce qu'on décide, qu'on  manie comme on veut et qui, restant frappé d'une suspicion que rien n'efface, doit toujours faire et refaire la preuve de sa sincérité et ne la fait que par des reniements et des abandons."

Et nous ne devons pas mettre notre foi en péril ou en amoindrir l'absolu sous prétexte d'apostolat. L'intransigeance doctrinale et l'attachement  ferme aux vrais principes ont toujours eu un grand impact apostolique alors que l'amoindrissement  des vérités n'a  jamais produit un apostolat efficace.  "II suffit d'ailleurs,  disait le Cardinal Pie, d'un  petit nombre de réclamants pour sauver l'intégrité  des doctrines ; et l'intégrité  des doctrines, c'est  l'unique chance du rétablissement de l'ordre dans le monde" (Œuvres, V, p. 203).

Cette prudence par rapport aux graves dangers qui nous menacent n'exclut pas l'exercice de l'apostolat : l'extrême misère des âmes doit nous inspirer une profonde pitié. Un zèle apostolique intense et éclairé doit nous pousser à tout mettre en œuvre pour le salut de nos contemporains. Si la pêche au filet est devenue bien difficile, la pêche à la ligne est un devoir rigoureux dans toutes les occasions que la Divine Providence nous présente de "faire du bien" autour de nous.

samedi 18 juin 2016

Le danger d'un ralliement à l'Église conciliaire



Les saints Docteurs de l'Église
Auteur: Mbzt, 2012    CC BY 3.0


Depuis les dernières années, nous assistons avec beaucoup de tristesse au ralliement de plusieurs groupes traditionalistes à la Rome moderniste. Que ce soit la Fraternité Saint-Pierre, Campos, l'institut du Bon Pasteur etc, les ralliés ont tous fini par abandonner le combat de la foi. Pour bien comprendre ces chutes étonnantes, écoutons l'enseignement des saints docteurs de l'Église au sujet de ceux qui se lancent sans réfléchir au milieu des dangers volontaires:



« Celui qui aime le danger , y périra. » Eccle III, 27
« C'est folie de prétendre marcher pieds nus sur des charbons ardents, avec l'espérance de ne pas se brûler.» Prov. VI, 28

Écoutez maintenant l'enseignement des saints, sur le danger des occasions. Lorsque nous nous exposons à l'occasion du péché, dit saint Thomas, Dieu nous abandonne. Le meilleur conseil dit saint Bernard, celui qui est comme le fondement de la religion, parce qu'il met l'âme à l'abri du péché, c'est de fuir l'occasion du péché. Celui qui s'expose à l'occasion du péché, dit saint Cyprien, n'est pas plus en sûreté que l'agneau dans la caverne du loup. Se conserver pur au milieu des dangers volontaires du péché, dit saint Bernardin de Sienne, est un plus grand miracle que de ressusciter un mort. Celui qui ne veut pas fuir le danger, dit saint Augustin, veut périr. De même dit saint Alphonse, que l'on craint non seulement la morsure du serpent, mais encore de le toucher et même d'en approcher, ainsi on ne doit pas seulement fuir le péché, mais encore l'occasion du péché... Celui qui vit près d'un serpent, dit saint Isidore, ne sera pas longtemps sans en être piqué.

Ces recommandations si vigoureuses et si pressantes d'éviter tout ce qui expose au péché, sont justifiées par la chute de ceux qui n'en tiennent pas compte. Pourquoi Eve a-t-elle mangé du fruit défendu ? Parce qu'elle s'est exposé à la tentation en considérant la beauté de ce fruit et en engageant la conversation avec le démon. Qui a fait tomber le roi David dans un double crime ? L'occasion et l'oubli de ce qu'il a lui-même écrit, « qu'il fallait détourner les yeux et ne pas regarder un objet dangereux. » Ps CXVIII, 37 Pourquoi Dina, fille du patriarche Jacob, a-t-elle été déshonorée ? Pour être allée seule dans la ville de Sichem, poussée par la curiosité. L'apôtre qui, le premier, avait confessé la divinité du Fils de Dieu, montré un si vif attachement pour lui, et même protesté qu'il mourrait plutôt que de le renier, jure qu'il ne l'a jamais connu, parce qu'il a été imprudemment se mêler aux ennemis de Jésus [se mêler à cette Rome moderniste].

Ces chutes étonnantes prouvent la folle témérité de ceux qui s'exposent volontairement aux occasions du péché.

Je dis avec raison, chutes étonnantes, Eve était dans le paradis et n'avait aucun des penchants déréglés qui sont maintenant comme le fond de la nature humaine. Le roi David était si pur et si vertueux que Dieu déclare qu'il « était un homme selon son coeur. » Dina était la fille du patriarche Jacob, qui l'avait élevée dans la crainte de Dieu. Saint Pierre était la colonne sur laquelle devait reposer l'Église. Tels étaient ceux dont je viens de raconter la chute.

Seule la grâce de Dieu peut empêcher de tomber celui qui se trouvent dans l'occasion du péché. Sans le secours divin, sur lequel il ne peut compter, lorsqu'il se jette volontairement dans les occasions non nécessaires, il est comme un soldat désarmé, comme un petit enfant trop jeune pour marcher sans sa mère. Il sera infailliblement vaincu.

Saint Alphonse rapporte qu'un prêtre exorcisant un possédé, commanda au démon de déclarer quel était son meilleur adversaire. C'est un prédicateur, répondit le démon, qui recommande souvent de fuir les occasions du péché. Du moment qu'on l'écoute, je perds mes chances; si , au contraire, ils s'y exposent, ils sont à moi, et j'en fais ce qu'il me plaît.

Cet aveu est bien propre à désillusionner ceux qui ne redoutent point les occasions dangereuses dont « l'effet, dit saint Alphonse, est comme celui d'un bandeau qui nous couvre les yeux, nous dérobe les vérités éternelles, la pensée de nos résolutions, nous enlève le souvenir de tout ce qui pourrait nous retenir dans le bien, et nous force en quelque sorte à nous jeter dans le précipice. »

source :
Le Manuel des parents chrétiens
M. l'abbé Alexis Mailloux 1909 p160-161

samedi 11 juin 2016

Céline Martin au chevet de son père mourant







Ce fut Céline Martin qui assista à la mort de leur père, Louis Martin. Elle raconte :  «Je priais avec angoisse, demandant  au bon Dieu de m'inspirer ce que je devais faire, car je ne m'étais jamais trouvée au chevet d'un mourant. Alors, je dis très haut ces trois invocations : 

«Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur, mon esprit et ma vie.» 
«Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans ma dernière agonie.» 
«Jésus, Marie, Joseph, faites que je meure en paix dans votre sainte compagnie.» 

A ce moment, mon père chéri ouvrit les yeux et les reposa sur moi avec une affection et une reconnaissance indicibles. Ils étaient pleins de vie et d'intelligence. Et puis, il les referma pour toujours.»

vendredi 10 juin 2016

La fidélité à l’Eglise passe, dans ces temps de crise pour la FSSPX et l’Eglise, par la fidélité à la pensée de Mgr Lefebvre






Plusieurs tomberont à gauche (modernisme) et plusieurs à droite (sédévacantisme), mais ceux qui auront suivi la voie de l'obéissance à l'Église, ne seront pas atteints.


«A l’heure où certains voudraient que nous acceptions le concile Vatican II comme faisant parti du magistère – un tel refus ferait soit-disant de nous des sédévacantistes -, et où d’autres voudraient que les papes post-conciliaires soient considérés comme n’étant pas des papes, il est bon de revenir au bon sens catholique de Mgr Lefebvre. Le fondateur, dans cette sagesse toute divine que lui donna la providence en ces temps de crise, n’avait pas besoin de grands discours ni de considérations abstraites pour saisir et entrevoir les solutions qui seront sans doutes explicitées par l’Eglise plus tard.

La fidélité à l’Eglise passe, dans ces temps de crise pour la FSSPX et l’Eglise, par la fidélité à la pensée de son fondateur. S’en écarter, c’est prendre des chemins qui ont montré qu’ils sont une voie de mort : d’un côté le schisme par la séparation d’avec Pierre, et de l’autre, l’abandon du combat de la Foi par l’acceptation plus ou moins implicite des erreurs qui détruisent l’Eglise. » (Sédévacantisme et libéralisme: le même problème selon Mgr Lefebvre par Austremoine)


lundi 6 juin 2016

Les raisons de notre opposition à La Résistance






Nous sommes des fidèles de la FSSPX au Québec. Nous nous opposons publiquement au ralliement de la FSSPX avec la Rome conciliaire depuis le 6 juin 2012. Bien que nous soyons contre les accords, nous refusons de suivre La Résistance fondée par Son Excellence Monseigneur Williamson. Les traditionalistes trouveront ci-dessous, les principales raisons de notre opposition à La Résistance.



Tout d'abord, la position officielle de la Résistance sur la question du Pape est contraire à celle de Mgr Lefebvre: il est permis pour un prêtre de La Résistance de rejeter publiquement l'autorité du pape. En effet, Son Excellence Mgr Williamson admettait en juillet 2014, la liberté pour chaque prêtre de la Résistance de choisir pour la position una cum ou non una cum au canon de la messe (1) malgré les recommandations de Mgr Lefebvre à ses prêtres de ne faire aucun compromis avec les sédévacantistes: «Nous devons être indemnes de compromission tant à l’égard des « sédévacantistes » qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique. » (2)   Les évêques et les prêtres ordonnés par Mgr Lefebvre ne peuvent avoir une opinion personnelle sur la crise de l'Église.  Par conséquent, ils doivent se conformer à leur fondateur comme le faisait remarquer, le Père Barielle, directeur spirituel à Ecône, aux prêtres de la FSSPX: « Quel est donc l’esprit du fondateur? N’oubliez jamais mes biens chers fidèles, et c’est ce que me disait souvent le Père Barielle, Mgr Lefebvre a reçu les grâces de la fondation de la Fraternité, tous les autres membres n’ont pas cette grâce, ils ont la grâce de poursuivre l’œuvre de Mgr Lefebvre. Si on veut changer la grâce qu’a reçu Mgr Lefebvre ont fait autre chose et on tombe. Alors, qu’est-ce que disait Mgr Lefebvre et c’est à cela que je m’accroche et ce sont ses principes que je vous demande de méditer.» (3)

Un autre point important à considérer est la structure anarchique de la Résistance. Une telle structure est loin d'être conforme à l'esprit de l'Église qui se veut essentiellement hiérarchique et ordonnée. C'est dans le Commentaire Eleison "Abbé Rioult II", que Son Excellence Mgr Williamson exprimait pour la première fois son intention d'établir une organisation d'association libre: «On demanda à l’abbé Rioult s’il pensait que l’on peut monter une nouvelle organisation à niveau mondial, ou préférait-il une certaine forme d’association libre, comme celle des sédévacantistes depuis quelques années. Voici sa réponse, cette fois en ses propres termes: (...) oui pour une association au sens large qui partage un même bien commun: la foi et le culte de l’Église catholique, défendre la foi. C’est ce bien commun qui peut créer une amitié entre tous nos groupes.»

Or, voici ce qu'écrivait un prêtre de la FSSPX à propos des groupes indépendants sans dirigeant comme le sont les sédévacantistes: «L'esprit de l'Église c'est se faire diriger par l'Évêque. De même, tous ceux qui prétendent aujourd’hui défendre la Tradition et la maintenir dans l’indépendance de l'évêque ne peuvent tenir. Cette allégeance, cette dépendance vis-à-vis de l’Évêque, c’est l’esprit de l’Église, aucun de ses membres ne peut s’en affranchir. Certes nos évêques ne jouissent à l’égard des âmes assoiffées que d’une juridiction de suppléance, mais cela ne légitime pas un libre examen, une émancipation des règles d’agir dans l’Église. Il nous faut conserver l’esprit de l’Église à défaut de pouvoir jouir du recours à l’autorité compétente. La crise de l’autorité n’autorise pas à vivre dans la crise, le désordre, l’indépendance, la révolution.» (4) Au sujet du principe de l'autorité, Monsieur l'abbé Pivert, alors membre de la FSSPX, affirmait: «Tu sais que s’il n’y a pas de chefs, c’est l’anarchie, c’est-à-dire le règne du désordre. La nature a besoin de chefs. Or, c’est Dieu qui a fait ainsi la nature humaine. Donc c’est Dieu qui a voulu le pouvoir des chefs, des rois, etc. C’est ainsi, qu’on soit païen ou non.» (5) Ainsi, ce n'est pas sans raison que Mgr Lefebvre avait établi une FSSPX où l'on retrouve cette hiérarchie de l'Église, Monseigneur avait bien compris que toute la force de l'Église résidait dans cette organisation.

Enfin, la position de Son Excellence Mgr Williamson au sujet de la Nouvelle Messe, une position non contestée par Mgr Faure et Mgr Thomas d'Aquin, est en contradiction avec celle du fondateur de la FSSPX. Selon Mgr Williamson, le nouveau rite de la Messe (NOM) pourrait nourrir la foi de certaines personnes:

«Et si le NOM leur avait fait perdre la foi dans le cours de ces années, comment en seraient-ils venus à la Tradition catholique?» (Parasite et hote– I. Mgr Williamson)

«Be very careful with the Novus Ordo … But, exceptionally, if you’re watching and praying, even there you may find the grace of God. If you do, make use of it in order to sanctify your soul.» (Mgr Williamson, conférence à Mahopac, New York, États-Unis, 28 Juin 2015)

Or, Mgr Lefebvre déconseillait expressément aux fidèles l'assistance à la messe de Paul VI:

«(...) alors ces changements qui ont eu lieu dans cette messe rendent cette messe dangereuse! Empoisonnée! Et c'est pourquoi nous refusons absolument d'encourager les fidèles à aller à cette messe! Nous les détournons de cette messe! » (Conférence de Mgr Lefebvre le 11 juin 1988 à Flavigny)

«Cette messe est empoisonnée, il est mauvais et fait perdre peu à peu de foi, nous sommes clairement obligés de la rejeter.» ( La Messe de toujours p 353)

«Nous sommes convaincus que ce nouveau rite de la Messe exprime une nouvelle foi, une foi qui ne nous appartient pas, une foi qui est pas la foi catholique.Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d'une nouvelle foi, une foi moderniste ». (Mgr Lefebvre: Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976)

En espérant que les évêques et les prêtres de la Résistance se conforment aux engagements qu'ils ont prononcés lors de leur adhésion comme membres de la Fraternité Saint-Pie X pour l'amour de la Vérité, de la Sainte Église et du Souverain Pontife.


Des fidèles du Québec

Nous sommes opposés au ralliement à l'Église conciliaire ainsi qu'à toute forme de sédévacantisme selon les principes de Mgr Lefebvre: ni moderniste, ni sédévacantiste.

Ce qui suit, en bleu, est la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité Saint-Pie X formulées par Mgr Marcel Lefebvre. Cette déclaration doit être signée par les candidats avant de recevoir le sous-diaconat:

DÉCLARATION DE FIDÉLITÉ AUX POSITIONS DE LA FRATERNITÉ SAINT PIE X

Je soussigné, reconnais (pape actuel) comme Pape légitime de la sainte Église catholique. C’est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife. Je refuse de le suivre quand il s’écarte de la Tradition catholique, particulièrement en matière de liberté religieuse et d’œcuménisme, ainsi que dans les réformes qui sont nocives pour l’Église.

J’admets que les Messes célébrées selon le nouveau rite ne sont pas toutes invalides. Cependant, eu égard aux mauvaises traductions du N.O.M, à son ambiguïté qui favorise son interprétation dans un sens protestant, et à la pluralité des modes de célébration, je reconnais que le danger d’invalidité est très grand. J’affirme que le nouveau rite de la Messe ne formule, il est vrai, aucune hérésie expresse, mais qu’il «s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe» et que pour cette raison ce nouveau rite est en soi mauvais. C’est pourquoi je ne célébrerai jamais la sainte Messe selon ce nouveau rite, même sous la menace de peines ecclésiastiques ; et je ne conseillerai jamais à quiconque, de manière positive, de participer activement à une telle messe.

J’admets enfin comme légitime et conforme à la Tradition la réforme liturgique de Jean XXIII.

J’en reçois donc comme catholiques tous les livres liturgiques : missel, bréviaire,. etc., (et je m’engage à les utiliser exclusivement selon leur calendrier et leurs rubriques, en particulier pour la célébration de la Messe et pour la récitation du bréviaire). Je désire ce faisant manifester l’obéissance qui me lie à mes supérieurs, ainsi que celle qui me lie au Pontife Romain dans tous ses actes légitimes.
Fait à (lieu et date) :......... Signature:........


(1)
[16] «En juillet 2014, à Avrillé, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, (...), a admis la liberté pour chacun d’être una cum ou non una cum au canon de la messe. Le Père Thomas d’Aquin était partisan de cette liberté, l’abbé Altamira de même. Le père Pierre-Marie, prieur d’Avrillé, n’a pas fait d’objection. L’opposition venait du seul abbé Pfeiffer. En ce qui concerne les prêtres de l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre, les uns sont una cum, et d’autres sont non una cum.»

M. l'abbé Rioult - Discours sur l’Église romaine face à l’apostasie (7/12) publié le 8 décembre 2015

(2) Extrait d’une conférence de Mgr Lefebvre à Flavigny, décembre 1988 – Fideliter de mars-avril 1989
(3) Sermon de l'abbé Michel Koller, fsspx - 10 juin 2012
(4) Abîmés par l'iceberg - M. l'Abbé Pierre Duverger - janvier 2006
(5) Origines de la crise dans l'Eglise. Réponse à un jeune


D'un glissement doctrinal à la confusion dans les esprits







Mgr Lefebvre a toujours condamné sévèrement les ralliés. Ce que semble ne pas vouloir admettre les traditionalistes pro-ralliement.



Mgr Lefebvre:

«Quand ils disent qu'ils [= les ralliés] n'ont lâché, c'est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire. Ils doivent se taire étant donné les faveurs qui leur ont été accordées. Ils leur est maintenant impossible de dénoncer les erreurs de l'Église conciliaire. » (Mgr Lefebvre ; Fideliter No 79, p. 3 ; Janvier 1991)



D'un glissement doctrinal à la confusion dans les esprits


par Monsieur l'Abbé F-M Chautard

Ce texte, tiré du Chardonnet n° 239 de juin 2008, est criant d’actualité…et de vérité. A lire et relire.

source: La Porte Latine


Des compromis doctrinaux


20 ans après, le constat est accablant. Comme le notait M. l’abbé de Cacqueray le 22 avril 2007,
« au fur et à mesure que se sont ralliés à la Rome conciliaire différents monastères, instituts ou prêtres isolés, il s’est toujours produit un affadissement, un gauchissement des idées qui s’est d’abord opéré par le remplacement ou le détournement de sens d’un mot puis de quelques-uns. Il suffit d’avoir consenti à l’un d’entre eux – car il existe normalement une cohérence dans une pensée – pour qu’il en amène d’autres à germer, qui vont lui imposer peu à peu une tout autre orientation. Quelques années après, l’on se frotte les yeux en se demandant comment il est possible qu’un tel fossé ait pu se creuser »(1) .


Ouvrons justement les yeux, car doctrinalement, ces instituts ont cédé sur:


1. La messe: Curieusement, ces instituts qui passent pour être les champions de la liturgie ont tous lâché sur ce point en reconnaissant la légitimité de la nouvelle messe et en se taisant logiquement sur la nocivité de celle-ci(2) . Mentionnons Dom Gérard, abbé du Barroux (le 27 avril 1995), Mgr Wach, supérieur du Christ-Roi (le 21 décembre 1991), Mgr Rifan, supérieur de l’Institut saint Jean-Marie Vianney de Campos (le 8 décembre 2004) qui ont tous concélébré dans le nouveau rite(3) . Nous pourrions citer également et abondamment la revue Sedes Sapientiæ qui défendait la parfaite orthodoxie de la nouvelle liturgie(4) ou M. l’abbé Ribeton, supérieur actuel du district de France de la FSSP(5) ou encore messieurs les abbés de Tanouärn et C. Héry (de l’IBP) défendant l’un la légitimité(6) , l’autre la valeur(7) du nouveau rite.

2. La liberté religieuse: c’est le cas du Barroux avec la justification de la liberté religieuse par le père Basile dans sa très longue thèse ; c’est le cas de l’IBP, avec un article de l’abbé C. Héry qui encense le passage du Discours de Benoît XVI de décembre 2005 où il est question de la liberté religieuse(8) ;

3. L’ecclésiologie du subsistit in: avec le ralliement enthousiaste de M. l’abbé Philippe Laguérie à l’interprétation désormais classique de Rome (9) ;

4. L’oecuménisme: Voici ce qu’osait déclarer il y a quelques années, l’ancien supérieur et cofondateur de la Fraternité Saint-Pierre, M. l’abbé Bisig :
« Je ne vois rien de mauvais dans le fait que des catholiques se donnent un rendez-vous avec des non-catholiques, qu’ils s’entretiennent avec eux, etc. Assise avait en un certain sens, une grande importance, dans la mesure où, dans le cadre de la prière pour la paix, se rencontraient les fidèles des différentes religions » (10) .

5. Du nouveau code de droit canonique que tous ces instituts ont adopté sans sourciller.
Et la liste pourrait se rallonger encore. Un dernier point à ce sujet. Pas un mot, pas l’ombre d’une critique à l’égard des scandales doctrinaux de Rome. Il n’y aurait que ce silence à mettre à la charge de ces instituts ainsi muselés, cela serait une preuve suffisante que cette attitude de soumission à la Rome moderniste reste vouée à l’échec.


A la merci de Rome et des évêques.


Les (relativement) récents déboires de la Fraternité Saint-Pierre en France en 2006 : récupération par les diocèses des centres paroissiaux de Versailles, Lyon et Orléans, manifestent que la soumission aux évêques s’accompagne d’un frein non négligeable à l’apostolat. A ce titre, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X manifeste par les coudées franches dont elle dispose qu’il est bien plus facile d’ouvrer pour la tradition à l’extérieur des structures ordinaires. Combien de refus ne faut-il pas essuyer, combien de démarches ne faut-il pas entreprendre avant d’obtenir quelques bienfaits des évêques(11) .
Du reste, ces difficultés avec les autorités locales ne sont que l’écho des pressions romaines. Rappelons-nous qu’en 1999, lorsque le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre, M. l’abbé Bisig, voulut s’opposer à la frange gauche de sa société, Rome donna raison à celle-ci, attribua à tout prêtre de la FSSP le droit de célébrer selon le nouveau rite(12) et imposa un nouveau supérieur bi-ritualiste en 2000.


L’abandon de poste


A la lumière, d’une part, de cette soumission imprudente à des structures ecclésiastiques aux mains de modernistes, et, d’autre part, de tous ces gauchissements, déviances et renoncements sur des questions liées intimement à la foi, on a l’impression de se trouver face à un abandon de poste, une diminution de l’esprit de combat. Comme le disait d’ailleurs E. Hello dans L’Homme :
« quand un homme qui aimait la vérité cesse de l’aimer, il ne commence pas par déclarer sa défection ; il commence par moins détester l’erreur ».


Une division profonde et durable


Cette reddition pratique et doctrinale d’une partie du bloc jusqu’alors homogène de la Tradition a inévitablement conduit à une division profonde et durable. On peut en effet remarquer que, dans la quasi-totalité des cas, Rome n’a accordé certaines libertés traditionnelles qu’à des anciens de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

A chaque fois qu’une prétendue ouverture de Rome s’est faite en faveur de la Tradition, elle s’est accompagnée de divisions au sein de la Fraternité Saint-Pie X. Ce fut le cas lors de la fondation de la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut saint Philippe Néri, la Fraternité Saint-Jean, le séminaire Mater Ecclesiae et dernièrement l’Institut du Bon Pasteur qui ont tous été fondés par des anciens de la Fraternité Saint-Pie X entraînant des divisions en elle ; de même le Barroux, Chéméré, Campos sont des fondations d’anciens alliés dont les ralliements se sont accompagnés de nouvelles divisions dans le front autrefois uni de la Tradition.


Ce n’est donc pas une multiplication par addition, mais par division.


Et comme nous venons de le montrer – preuves à l’appui – cet abandon de la Fraternité Saint-Pie X suppose chez ceux qui la quittent l’acceptation progressive et manifeste des erreurs conciliaires et liturgiques. Cette volonté de division était déjà d’ailleurs clairement exprimée par feu Mgr Decourtray le 4 décembre 1988 :

« Si Mgr Lefebvre avait confirmé la signature donnée le 5 mai au protocole d’accord, il aurait fait la preuve qu’il était disposé à accueillir tout le concile Vatican II en même temps que l’autorité du pape actuel et des évêques locaux qui lui sont unis. En réalité, si Mgr Lefebvre n’a pas accepté le protocole qui lui était proposé, c’est précisément qu’il a compris soudain sa signification réelle. « Ils voulaient nous tromper », a-t-il dit équivalemment. Cela signifiait : « Ils voulaient nous faire accepter le concile »(13) .
De même, « Au lendemain de l’accord des prêtres de Campos a paru un entretien (Radio-Vatican) avec le théologien de la maison pontificale, le Père Georges Cottier, O.P., dans lequel celui-ci exprimait qu’il était insuffisant que les prêtres de Campos reconnaissent la validité de la nouvelle messe, mais que l’on devait les amener à la célébrer :

« Nous devons nous attendre peu à peu à d’autres actes de rapprochement : par exemple, la participation à des concélébrations dans le rite réformé. Mais il faut encore faire preuve de patience. Il est essentiel que leurs cours ne s’y refusent pas plus longtemps. L’unité retrouvée au sein de l’Eglise renferme en elle-même une dynamique interne qui portera ses fruits » »(14) .

On pourrait citer encore l’avis autorisé de la revue de La Documentation catholique dans sa traduction française présentant le document de fondation de l’Institut du Bon Pasteur :

« l’Institut du Bon Pasteur qui a pour vocation d’accueillir dans l’Eglise catholique des prêtres issus de la fraternité Saint-Pie X, schismatique. »(15).

Enfin, il est à noter que pour ces instituts qui se séparent du vaisseau amiral, cela s’accompagne d’un éloignement de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X(16) voire d’une condamnation de celle-ci(17) .


D’un glissement doctrinal à la confusion dans les esprits


Cédant sur la doctrine, les instituts Ecclesia Dei se sont cramponnés sur la question liturgique en la vidant de son aspect profondément doctrinal. En avalisant la valeur et la légitimité de la nouvelle messe, en occultant les erreurs du magistère actuel, ces instituts ont changé la perspective du combat de la Tradition. Il ne s’agit plus pour ces derniers ni de soutenir la messe de saint Pie V en condamnant la nouvelle messe, ni de combattre les erreurs modernes prêchées par la Rome actuelle pour prêcher la foi de toujours. Il s’agit uniquement de manifester la plus grande richesse doctrinale et liturgique de la messe tridentine.

Le déplacement d’accent n’est pas petit. Et cela explique sans doute une confusion si présente aujourd’hui dans nos milieux, celle de limiter le combat de la Tradition à celui de la messe comme si l’on devait s’en satisfaire et ne pas exiger la foi de toujours avec la messe de toujours(18) . C’est pourquoi nous pensons que c’est aujourd’hui, peut-être plus qu’avant, que nous payons les fruits amers de cette division de 1988.
« Dès lors qu’ils admettent la fausse liberté religieuse, conclut Mgr Lefebvre, (.) le faux ocuménisme (.) la réforme liturgique (.) ils contribuent officiellement à la révolution dans l’Eglise, et à sa destruction »(19) .


La porte ouverte à la mondanité


Parmi ces fruits qu’on est en droit d’attendre, la mondanité ne nous semble pas exempte. Psychologiquement, l’habitude du compromis intellectuel mène naturellement au compromis moral. A force de céder sur des points de doctrine jugés secondaires, l’âme prend l’habitude de céder sur des points de morale jugés secondaires.


Des sacrements douteux ?


Curieusement, la validité de certains sacrements donnés par les prêtres desdits instituts est rarement remise en cause. Pourtant, si l’on tient compte que :
1) les sacrements d’extrême-onction et de confirmation sont douteusement valides si l’huile utilisée n’est pas de l’huile d’olive,
2) cette huile est consacrée par l’évêque,
3) ces instituts n’ont pas d’évêque(20) traditionnel et qu’ils sont à la merci d’évêques pouvant utiliser de l’huile autre que l’huile d’olive ;
« Qu’en est-il alors de l’extrême-onction qu’ils confèrent avec ces huiles ? » demande l’abbé Célier(21) .
Ces instituts usent-ils avec certitude d’une véritable huile d’olive ? De la réponse à cette question dépend la certitude de la validité de leurs sacrements d’extrême-onction et de confirmation.


Le diable porte pierre


Tout ce réquisitoire, pour être fondé, n’en est pas moins sévère. Sans aucun doute y a-t-il de nombreuses âmes de bonne foi, pieuses, mortifiées, surnaturelles dans ces instituts. Peut-être d’ailleurs que des âmes, n’osant franchir le seuil de chapelles affublées du caractère injuste de schismatique, ont ainsi trouvé le chemin d’une vie chrétienne plus fervente, plus riche liturgiquement et doctrinalement dans ces instituts. Nous ne voulons et ne pouvons pas le nier. De même, ces instituts sont parfois l’occasion pour des prêtres et fidèles de découvrir le combat de la Tradition et d’arriver finalement jusqu’à la Fraternité Saint-Pie X mais ceci malgré l’orientation générale de ces instituts qui conduisent à l’assimilation des principes conciliaires.

De plus, comme l’enseigne le principe de morale rappelé par l’Apôtre : « Ne faisons pas le mal pour qu’il advienne du bien ». La fin ne justifie pas les moyens. C’est pourquoi le bien réel qui se fait dans ces instituts ne saurait justifier leur ralliement aux erreurs conciliaires. (22)

Au contraire, nous pensons que si ces prêtres et fidèles de bonne foi étaient (restés) fidèles au vrai combat sans se décourager, leur efficacité apostolique en serait décuplée. Doctrinalement et spirituellement parlant, ils n’auraient pas ce danger pour leur foi. Spirituellement parlant, ils ne baigneraient pas dans ce climat propice à la mondanité. Pratiquement parlant, ils n’auraient pas la difficulté liée à la mauvaise volonté de la plupart des évêques.


Du coeur, Rodrigue !

Pour clore ce chapitre douloureux, terminons par une question d’honneur, ou si l’on préfère, de cour. Il y a 20 ans, Mgr Lefebvre, dont la vie ne fut qu’un écho fidèle de la Tradition de l’Eglise, fut condamné pour le motif de n’avoir pas respecté cette même Tradition(23) .

Avec lui, c’est toute la Tradition de l’Eglise qui fut excommuniée, l’enseignement constant de l’Eglise et, au-delà tous ces prêtres et fidèles qui ont si bien mérité de l’Eglise en ces années troublées.

« Il doit être également évident, précise M. l’abbé de Cacqueray, pour tous ceux qui savent quelle est la bataille de Monseigneur Lefebvre, que la justice la plus élémentaire interdit de nouer ‘des accords’ si la mémoire de celui à qui nous devons tout – autant qu’il est possible de tout devoir à un homme – n’a pas été lavée des injustices et des peines subies. L’existence même de la commission Ecclesia Dei, dressée sur la condamnation de nos évêques, qui regroupe ceux ‘qui ont abandonné le mouvement de Monseigneur Lefebvre’ (interview du cardinal Castrillón Hoyos, 06.08.2007) se trouve viciée dès l’origine. Accepter d’en être est une gifle à la mémoire d’une personne qui nous est sacrée. Ce n’est point là affaire de susceptibilité. Chacun peut comprendre que nous serions, tout au contraire, des fils bien indignes et bien ingrats, et que nous pècherions gravement contre l’honneur et contre la piété filiale, si nous admettions une régularisation canonique de notre situation sans plus nous soucier de notre fondateur. L’origine même de cette commission pontificale, comme sa dénomination invitant textuellement les fidèles à s’affranchir du combat des seuls évêques qui ont osé se lever pour défendre la doctrine traditionnelle, nous est odieuse et suffit à la discréditer à nos yeux »(24).

Comment par le fait, pourrions-nous nous entendre avec ces ralliés qui, non contents de s’unir à la Rome qui a condamné la Tradition se rallie à cette condamnation même (25)?

Abbé François-Marie Chautard FSSPX

Notes
(1) « L’abbé Laguérie à la croisée des chemins », La Porte Latine.
(2) Deux exceptions à notre connaissance. La première vient de L’IBP qui, par une logique qui nous laisse songeur, adopte la légitimité et la valeur de la nouvelle messe tout en faisant sienne la critique de celle-ci. La seconde vient de Renaissance catholique à travers la réédition du Bref examen critique, Renaissance catholique dont nous avons peine à comprendre la cohérence puisque ce mouvement n’hésite pas à inviter à des adorations du Saint-Sacrement dans des églises où les hosties sont consacrées à une messe que le Bref examen critique qualifie de douteusement valide.
(3) A noter que Mgr Rifan eut l’impudence de déclarer qu’il avait simulé cette concélébration. Cela en dit long sur le courage et l’honnêteté d’un tel évêque. De plus, et à propos des instituts ralliés après les sacres, comme Campos ou l’IBP qui se basent non sur un changement de Rome en 1988 mais à la fin du règne de Jean-Paul II ou au début de celui de Benoît XVI, le raisonnement reste fondamentalement le même : on peut maintenant faire confiance à Rome. L’évolution rapide de ce instituts (mentionnée dans cet article) ou la stabilité des idées modernistes à Rome (cf. article suivant) démontre l’irréalisme d’un tel jugement.
(4) « Qu’il s’agisse de la valeur et de la sainteté des anciens et des nouveaux livres [liturgiques], un clerc adhérant à l’usage ancien ou nouveau ne pourrait se dire pleinement catholique s’il laissait subsister une ambiguïté sur ses convictions intimes en ces matières » abbé Pierre-Olivier, « Accueillir le Motu proprio » dans Sedes Sapientiæ, n°101, automne 2007, p. 28. On aimerait demander à cet abbé ce que signifie pour lui être non pleinement catholique. Comprenons nous bien. Que celui qui n’a jamais commis d’écart de plume leur jette le premier calame. Il s’agit pas de cela ici mais de montrer que ce ne sont justement pas des écarts de plume mais le résultat d’une position pratique.
(5) « Je ne crois pas que célébrer la messe selon le nouvel ordo puisse en soi constituer un désordre moral objectif » (intervention sur Le Forum catholique du 13/11/2006). Mgr Lefebvre disait exactement le contraire : « La nouvelle messe conduit au péché contre la foi, et c’est un des péchés les plus graves, les plus dangereux (.) Autant conclure qu’une personne qui serait consciente et avertie du danger de cette messe, et qui s’y rendrait, ferait certainement au moins un péché véniel. Pourquoi, me direz-vous, pourquoi ne dites-vous pas un péché grave ? Parce que je pense qu’une seule assistance à cette messe ne constitue pas un danger prochain. Je pense que le danger devient grave et par conséquent devient sujet d’un péché grave par la répétition. (…) Le péché devient grave si une personne consciente et avertie y va quand même régulièrement et dit : ‘Moi cela m’est égal, oh, moi je ne crains pas pour ma foi.’, alors qu’elle sait parfaitement que c’est dangereux » (Mgr Lefebvre, La messe de toujours, textes réunis par l’abbé Troadec, Clovis, 2005, p. 396-397).
(6) « Ce Novus Ordo Missae reste un rite légitime de l’Eglise catholique romaine » (Valeurs actuelles n°3653, 1er décembre 2006). Tellement légitime que l’abbé n’hésita pas ni à animer de sa voix puissante la messe de funérailles de P.Pujo célébrée dans le nouveau rite ni à prêcher à celle-ci. L’abbé a sans doute oublié ce propos de Mgr Lefebvre : « nous refusons de dire qu’elle [la nouvelle messe] est légitime » (Communicantes, août 1985).
(7) Le Mascaret n° 290 (novembre 2007), p. 6-7.
(8) Abbé Christophe Héry dans Le Mascaret n° 281 (juillet-août 2006), p. 6-7. A renfort de citations tronquées, notre abbé essaye de prouver que Benoît XVI donne une lecture de Dignitatis humanae conforme à la Tradition. Pour reprendre l’expression de M. l’abbé Célier, « Il n’est plus question pour [lui] de chercher à interpréter Dignitatis humanæ dans le sens de la Tradition, mais plutôt de chercher à interpréter la Tradition dans le sens de Dignitatis humanæ (L’Eglise déchirée, Fideliter, 1994, p. 68). En réalité, le récent Discours à l’ONU du 18 avril 2008 (où on lit que le principe de la liberté religieuse vise « à obtenir la liberté pour tout croyant » et que « la pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion ») dissipe toute illusion.
(9) « le pape rend ainsi à l’Eglise catholique romaine, après tant d’humiliations subies, sa place unique d’épouse du Christ Jésus (.) Deo gratias, l’interprétation authentique du Concile a bel et bien commencé (.) Ainsi, les orthodoxes constituent de véritables églises particulières toujours », « Réponse à des questions (Document de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi du 29 juin 2007) » dans Blog de l’abbé Philippe Laguérie du 25 juillet 2007.
(10) Revue Wdroze, janvier 1999 cité dans Le combat de la foi n°127, 1er septembre 1999, p.7. Plus récemment, « lorsque la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a publié en 2004 une étude de 45 p. intitulée De l’ocuménisme à l’apostasie silencieuse, cosignée par nos quatre évêques, le district de France de la FSSP y a répondu par une critique de 100 p. (.) justifiant les 25 ans d’ocuménisme de Jean-Paul II, y compris Assise » (abbé P. François, Bulletin du prieuré Marie Reine, déc. 2006).
(11) Comme le disait justement l’abbé de Tanouärn le 1er avril 2008 sur le forum catholique en parlant de la Fraternité Saint-Pie X : « si l’instrument est si efficace, c’est qu’il n’est pas lié à la hiérarchie catholique officielle ». Quant à l’IBP, le cardinal Ricard dans La Croix du 11 septembre 2005, rappelait « que pour ce qui est de l’apostolat, ils dépendent de l’évêque diocésain, et ils sont obligés d’avoir l’accord de l’évêque diocésain pour toute implantation dans un diocèse ».
(12) Cf. pour les documents, Fideliter n°132, septembre-octobre 1999.
(13) « Progresser dans la fidélité au concile. Discours d’introduction du cardinal Decourtray à l’assemblée de l’épiscopat à Lourdes », La Documentation catholique 1973, p. .
(14) Nouvelles de Chrétienté n°73, Mars-Avril 2002, p. 4
(15) DC n°2367, p. 970. c’est aussi le point de vue de l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP pour qui celle-ci est un pont entre la FSSPX et l’Eglise (intervention sur Le Forum catholique du 13/11/2006). Un petit exemple très concret illustrera cette « bonne volonté épiscopale ». L’Institut du Christ-Roi s’est installé à Libreville (Gabon) à 100 mètres de notre mission saint Pie X. Comme si l’évêque ne pouvait pas leur donner une paroisse plus éloignée et comme si l’Afrique n’était pas assez grande et dépourvue de prêtres pour ne pas tomber dans un esprit de concurrence mesquine !
(16) « En 1984, Dom Gérard a été appelé à une rencontre avec le président de la Confédération bénédictine, à Florence, en Italie. Là, on lui a proposé de recevoir les approbations de Rome pour la vie monastique et pour la messe traditionnelle, si, en échange, il acceptait de ne plus aller à Ecône. A son retour, Dom Gérard en a parlé à la communauté qui lui a répondu que cette proposition était une trahison, et que lui n’était pas un traître (.) Quatre ans plus tard (.) Dom Gérard a reçu le cardinal Mayer qui est rapidement venu au Barroux proposer un accord après le refus de Monseigneur Lefebvre de continuer les négociations. Pour faire un accord avec Rome, le Barroux devait s’éloigner de Monseigneur Lefebvre. La même proposition qu’en 1984, néanmoins avec une réponse différente de Dom Gérard. Cette fois, la mitre et la crosse de l’abbé étaient en jeu. Rome savait séduire pour gagner. Et la trahison arriva » (Dom Laurenco Fleichman osb, Les marques de la souffrance : paroles d’un fils de Dom Gérard). Dans le même esprit, il suffit de relire le Motu proprio Ecclesia Dei afdlicta tout imprégné de cet esprit.
(17) Citons pour mémoire, l’article de M.l’abbé de Montjoye, (desservant actuel de l’église Saint-André-Saint-Maurice de Charenton) « Peut-on assister à la messe et recevoir les sacrements d’un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ? » dans la revue Tu es Petrus (bulletin des amis de la FSSP) n°82 (2002, p. 18-38), qui s’évertuait à montrer que les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X donnaient des sacrements sacrilèges.
(18) Dernièrement M. l’abbé Aulagnier (dans Item, Un regard sur le monde politique et religieux au 22 février 2008, n° 160) s’en prenait à la phrase suivante de M. l’abbé Bourrat (dans Le Chardonnet n°235) dont voici la teneur condamnable : « La défense de la foi catholique ne peut se limiter, sous peine d’échec à plus ou moins loin terme, à la seule défense de la messe traditionnelle ». C’est pourtant ce que rappelait Mgr Lefebvre : « Ce n’est pas une petite chose qui nous oppose. Il ne suffit pas qu’on nous dise : « Vous pouvez dire la messe ancienne, mais il faut accepter cela [le Concile] ». Non, ce n’est pas que cela [la messe] qui nous oppose, c’est la doctrine. C’est clair. C’est ce qui est grave chez dom Gérard et c’est ce qui l’a perdu. Dom Gérard n’a toujours vu que la liturgie et la vie monastique. Il ne voit pas clairement les problèmes théologiques du Concile, de la liberté religieuse. Il ne voit pas la malice de ces erreurs » – Mgr Lefebvre, « Je poserai mes conditions à une reprise éventuelle des colloques avec Rome » dans Fideliter n° 66 (septembre-octobre 1988), p. 12-14.
(19) Itinéraire spirituel, Fideliter, p. 10-11
(20) Excepté Campos avec Mgr Rifan.
(21) L’Eglise déchirée, Fideliter, 1994, p. 44. Ouvrage au demeurant fort instructif.
(22) Pour donner un exemple plus fort, ce n’est parce que des païens peuvent être fort serviables qu’il est bon d’être païen.
(23) « A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition. » (Ecclesia Dei Adflicta du 5/7/1988).
(24) Lettre aux amis et bienfaiteurs n°71, décembre 2007, p. 21.
(25) Nous sommes conscients de ne pas avoir ici répondu à l’objection classique du schisme et de l’excommunication. Ces objections ont été amplement réfutées pour ne pas y revenir. Nous renvoyons à ces ouvrages, en particulier celui publié par Le courrier de Rome, intitulé La Tradition excommuniée, 2001. De même, il y aurait beaucoup à dire sur la tactique révolutionnaire d’une Rome qui veut résoudre la question sur le plan pratique en renvoyant le problème doctrinal sur un terrain ambigu (comme l’expression équivoque d’ « attitude critique positive envers le Concile »). Cf. Le combat de la foi n°135.