samedi 25 mars 2017

L'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, 25 mars





Les grandes fêtes se suivent en cette fin de mars. Celle d'aujourd'hui nous rappelle le plus grand événement de l'histoire: l'Incarnation de Notre-Seigneur. C'est aujourd'hui que dans le sein d'une Vierge le Verbe s'est fait chair, qu'il s'est uni à tout jamais l'humanité de Jésus.

Le mystère de l'incarnation mérite à Marie son plus beau titre, celui de « Mère de Dieu », en grec « Theotocos » : nom que l'Église d'Orient inscrivait toujours en lettres d'or, comme un diadème, sur le front de ses Images ou de ses statues. « Placée sur les confins de la Divinité », puisqu'elle fournit au Verbe de Dieu la chair à laquelle il s'unit hypostatiquement, la Vierge fut toujours honorée d'un culte suréminent ou d'hyperdulie: « Le fils du Père et le fils de la Vierge sont un seul et même fils », dit saint Anselme. Marie est dès lors la reine du genre humain et tous la doivent vénérer. Au 25 mars correspondra, neuf mois plus tard, le 25 décembre, jour où se manifestera au monde le miracle qui n'est connu aujourd'hui que du ciel et de l'humble Vierge. La date du 25 mars, selon les anciens martyrologes, serait aussi celle de la mort du Sauveur. Elle nous rappelle donc, en cette sainte Quarantaine, comme le chante le Credo, que, c'est « pour nous, les hommes, et pour notre salut, que le Fils de Dieu est descendu du ciel, qu'il s'est incarné par la vertu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, qu'il s'est fait homme, qu'il a souffert sous Ponce-Pilate, a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour ». Puisque le titre de Mère de Dieu rend Marie toute-puissante auprès de son Fils, recourons à son intercession pour obtenir d'arriver par les mérites de la Passion et de la Croix à la gloire de la Résurrection.   source: La Porte Latine


source image:
wikimedia


vendredi 24 mars 2017

En ce 26e anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Lefebvre, 25 mars





Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre
à Lille, le dimanche 29 août 1976.


En ce jour anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Lefebvre, nous vous présentons l'un de ses sermons qui a pour sujet:

L’alliance adultère de l’Eglise et de la révolution.

« (…) Que s’est-il passé dans ce concile? Nous pouvons le savoir facilement en lisant les livres de ceux qui ont été précisément les instruments de ce changement dans l’Eglise qui s’est opéré sous nos yeux. Lisez par exemple : « L’oecuménisme vu par un franc-maçon » de Marsaudon. Lisez le livre du sénateur du Doubs, Monsieur Prélot, « Le Catholicisme libéral », écrit en 1969. Il vous dira que c’est le concile qui est à l’origine de ce changement, lui catholique libéral, il le dit dans les premières pages de son livre : «Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l’intérieur de l’Eglise, et nous n’y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican II et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement et officiellement acceptés par la Sainte Eglise».

Vous croyez que ce n’est pas là un témoignage ?  Ce n’est pas moi qui le dis, cela. Mais lui le dit en triomphant, nous, nous le disons en pleurant.

Qu’est-ce qu’ont voulu en effet les catholiques libéraux pendant un siècle et demi ?

Marier l’Eglise et la révolution, marier l’Eglise et la subversion, marier l’Eglise et les forces destructrices de la société et de toutes sociétés, la société familiale, civile, religieuse. Ce mariage de l’Eglise, il est inscrit dans le concile. Prenez le schéma « Gaudium et Spes », et vous y trouverez : «Il faut marier les principes de l’Eglise avec les conceptions de l’homme moderne». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut marier l’Eglise, l’Eglise catholique, l’Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec des principes qui sont contraires à cette Eglise, qui la minent, qui ont toujours été contre l’Eglise.

C’est précisément ce mariage qui a été tenté dans le concile par des hommes d’Eglise, et non par l’Eglise, car jamais l’Eglise ne peut admettre une chose comme celle-là. Pendant un siècle et demi précisément, tous les Souverains Pontifes ont condamné ce catholicisme libéral, ont refusé ce mariage avec les idées de la révolution, de ceux qui ont adoré la Déesse-Raison.

Les papes n’ont jamais pu accepter des choses semblables. Et pendant cette révolution, des prêtres sont montés à l’échafaud, des religieuses ont été persécutées et également assassinées. Souvenez-vous des pontons de Nantes où étaient amassés tous les prêtres fidèles et que l’on coulait au large. Voilà ce qu’a fait la révolution !

Eh bien ! je vous le dis, mes biens chers frères, ce qu’a fait la révolution n’est rien à côté de ce qu’a fait le concile Vatican II, rien ! Il eut mieux valu que les 30, les 40, les 50000 prêtres qui ont abandonné leur soutane, qui ont abandonné leur serment fait devant Dieu, soient martyrisés, aillent à l’échafaud, ils auraient au moins gagné leur âme. Maintenant, ils risquent de la perdre (…).

En définitive, la révolution française lorsqu’elle faisait des martyrs accomplissait l’adage des premiers siècles : «Sanguis martyrum, semen christianorum», le sang des martyrs est une semence de chrétiens. Et ils le savent bien ceux qui persécutent les chrétiens, ils ont peur d’en faire des martyrs. Et on ne veut plus faire de martyrs !

Cela a été le summum de la victoire du démon : détruire l’Eglise par obéissance. Détruire l’Eglise par obéissance. Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux : les séminaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces séminaristes ? Qui sont-ils encore ces séminaristes ? Savent-ils qu’ils vont être prêtres ? Savent-ils ce qu’ils vont faire quand ils vont être prêtres ?

Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Eglise et la Révolution est une union adultère ! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards.

Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait : « Pourquoi il n’y a plus de vocations ? parce que l’Eglise ne sait plus ce qu’est un prêtre ».

Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre ? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. Ils ne savent pas qu’ils sont faits pour monter à l’Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ. Voilà ce que c’est qu’un prêtre, et nos jeunes qui sont ici le comprennent bien. Toute leur vie va être consacrée à cela, à aimer, à adorer, à servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, parce qu’ils y croient, à la présence de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucharistie !

Cette union adultère de l’Eglise et de la révolution se concrétise par le dialogue.
L’Eglise, si elle a à dialoguer, c’est pour convertir. Notre-Seigneur a dit : «Allez, enseignez toutes les nations, convertissez-les». Mais il n’a pas dit : «Dialoguez avec elles pour ne pas les convertir, pour essayer de vous mettre sur le même pied qu’elles».

L’erreur et la vérité ne sont pas compatibles. Si on a de la charité pour les autres (…), on doit leur donner Notre-Seigneur, leur donner la richesse que l’on a et non pas converser avec eux, dialoguer avec eux sur un pied d’égalité. La vérité et l’erreur ne sont pas sur un pied d’égalité. Ce serait mettre Dieu et le diable sur le même pied, puisque le diable est le père du mensonge, le père de l’erreur (…) »






Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991),
ancien archevêque de Dakar, ancien délégué apostolique pour l’Afrique française,
archevêque-évêque émérite de Tulle, ancien supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit,

homélie du dimanche 29 août 1976, Lille. 



source: Le blog du Maître-Chat Lully


Conservateur = corrupteur



SOURCE - Abbé Étienne de Blois, fsspx - Le Petit Eudiste - mars 2017

«C'est une forme de modestie louable que de ne pas vouloir être excentrique…» Les conservateurs ont des qualités, on ne peut le nier. Ils ont celle d'un certain courage, puisqu'il leur faut sans cesse s'opposer aux progressistes. Mais nous ne voulons pas ici juger de leurs intentions, ni dire en quoi ils sont excusables. Nous voulons seulement manifester le danger que courent, et font courir, les conservateurs. Non pas ceux qui cherchent la vérité et qui s'arrêtent − un temps trompé − aux seules apparences de la vérité, mais les conservateurs qui tiennent à le rester. 

«…Mais cette modestie est devenue impossible à pratiquer aujourd'hui! » Selon les faux-penseurs vrais-menteurs, le monde serait divisé en droite et gauche, conservateurs et progressistes. C'est faux. Le monde est divisé depuis le péché de Lucifer entre ceux qui acceptent l'autorité de Dieu et ceux qui la refusent. 
     
Ceux qui acceptent l'autorité divine sont appelés contre-révolutionnaires mais ils forment ce qui a pour vrai titre: la «Tradition». Les hommes de Tradition acceptent ce qui est transmis par les anciens parce que reçu de Dieu. Les révolutionnaires refusent toute transmission parce qu'ils refusent de recevoir une quelconque loi.
     
Ceux qui refusent l'autorité sont les révolutionnaires. Les progressistes sont de francs révolutionnaires : ils refusent la Tradition, et cherchent toujours et sans cesse du nouveau.
     
Les conservateurs ne sont pas de la Tradition : ils ne cherchent pas à transmettre ce qui est divin mais à conserver un pauvre état humain. Les conservateurs conservent un état présent. Le conservateur alimentaire maintient la viande dans un état intermédiaire entre la vie et la moisissure. L'apparence est appétissante, mais cache des principes morbides. L'homme conservateur souhaite maintenir le monde dans un état apparent plaisant… et dans un état réel de révolution. 
     
Objectivement le conservateur est, –bien souvent à son corps défendant–, un hypocrite révolutionnaire. Il conserve à la Révolution une apparence sortable. Il en est le meilleur allié, nolens volens.
     
Le conservateur est le meilleur ennemi de la Tradition. Le meilleur parce que le plus proche quant aux apparences. Combien sont trompés ? «C'est la même messe…» Oui, mais ce n'est pas la même doctrine! Les schismatiques aussi célèbrent la même messe. Le conservateur est ennemi de la Tradition parce que les principes du conservateur sont ceux du Révolutionnaire, la logique et l'honneur en moins. 
     
Pour réduire un homme de Tradition à un conservateur, le révolutionnaire adopte une tactique très habile en disant simplement : «Venez sous mon toit, je vous laisse libre». Le révolutionnaire baisse les armes, mais n'abandonne aucunement le terrain. De quelle liberté parlons-nous? Le révolutionnaire entend la liberté comme une indépendance de Dieu. Généreusement, il propose la liberté à la Tradition, la même liberté qu'il réclame pour toutes les erreurs, la liberté de Satan. Si l'homme de Tradition entre dans le cercle de la liberté révolutionnaire, il sort de l'adhésion à la vérité de Dieu, l'ayant réduite à une simple opinion humaine. Il gardera longtemps peut- être les apparences de la Tradition, mais il aura accepté dans son cœur le poison de la Révolution : c'est un conservateur de plus. 
     
Le conservateur a voulu sauver deux choses: les apparences et son honneur. Malheureusement l'honneur ne se conserve pas à la sauvette. Il demande à être servi avec noblesse, franchise et force. Le conservateur espère servir en restant sortable, en étant acceptable par ceux qu'il cherche à sauver. Faux honneur, vraie trahison : pour être accepté par le révolutionnaire, qui honni la Tradition, il a fallu cacher celle-ci. Belle noblesse, belle franchise, belle force! La Tradition est comme une plante : à l'ombre, elle crève, doucement, insensiblement. La Tradition transmet quelque chose. Cachée, coupée de sa source, elle n'est plus Tradition. La peau est restée, l'outre s'est vidée. Le conservateur peut s'écrier: «Tout est sauf, fors l'honneur et la vérité!»



source:  image fleur
auteur:   EL Funcionario
CC BY-SA 2.0
wikimedia


jeudi 23 mars 2017

La foi est non négociable




"Gardez-vous bien de faiblir, mon frère; est-ce là ce que nous avons promis ensemble à Jésus-Christ? Si vous trahissez votre foi et votre serment, je serai moi-même votre accusateur au tribunal de Dieu." 


Dans la vie de saint Victorien et ses compagnons martyrs (484) au 23 mars, il est écrit :

Plusieurs autres chrétiens furent aussi les victimes de ce tyran cruel: parmi eux, deux frères qui s'étaient promis par serment de mourir l'un avec l'autre et d'un même supplice. Dieu permit en effet qu'ils obtinssent de leurs bourreaux la grâce touchante qu'ils avaient désirée. On commença par les suspendre avec de gros poids attachés à leurs pieds. Au bout d'un jour passé dans cette douloureuse situation, l'un d'eux, succombant à la douleur, demanda quelque répit. Son frère, craignant qu'il n'eût la faiblesse de renoncer à sa foi, lui cria du haut de sa potence: 

"Gardez-vous bien de faiblir, mon frère; est-ce là ce que nous avons promis ensemble à Jésus-Christ? Si vous trahissez votre foi et votre serment, je serai moi-même votre accusateur au tribunal de Dieu." 

Le pauvre martyr chancelant reprit alors courage et s'écria d'une voix forte: "Ajoutez les supplices aux supplices, je suis prêt à souffrir tout ce que souffrira mon frère."

Les bourreaux emploient alors contre ces deux héroïques martyrs les lames de fer rougies au feu, les ongles de fer et d'autres tortures non moins affreuses. Chose étonnante, on ne voyait sur eux aucune meurtrissure ni aucune trace des tourments qu'on leur faisait endurer.

A la fin, voyant que le courage des martyrs et les merveilles que Dieu opérait en leur faveur semblaient fortifier dans la foi ou convertir ceux qui en étaient les témoins, les bourreaux se hâtèrent d'achever leurs victimes, et les deux frères allèrent recevoir, avec Victorien, la palme due aux généreux soldats du Christ.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


Mgr Pozzo: Rome-FSSPX


Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, a accordé un entretien au journal allemand  Die Tagespost, le 17 mars 2017.  Voici un extrait de l'entretien.  Les commentaires ne font pas partie de l'entretien.

Via google traduction

Dans quelle mesure êtes-vous déjà d'accord?

Sur un point absolument fondamental, il y a un accord total avec la Fraternité sacerdotale: le Magistère de l'Église n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite ou transmise, mais il sert à ne rien enseigner autre que ce qui est remis (Dei Verbum, 10). Le Magistère, d'autre part, à qui le Christ a confié la préservation, la défense et l'interprétation de la foi, a pour tâche d'expliquer et d'authentiquer les textes antérieurs du Magistère, y compris les textes du Concile Vatican II à la lumière authentique de la tradition ininterrompue, qui se produit certainement dans l'Église avec l'aide de l'Esprit Saint, mais jamais avec une nouveauté qui contredit la précédente, mais avec une meilleure compréhension de la foi "dans la même doctrine, dans le même sens Et dans la même conception. »(cf Vat, Dei Filius, 4 et Vat. II, Dei Verbum, 8). Ce principe doit également s'appliquer aux documents du Concile Vatican II qui doivent être lus et compris à la lumière de la tradition, en conformité avec le Magistère constant de l'Église, comme l'a écrit lui-même l'archevêque Lefebvre dans une lettre au pape Jean-Paul II en 1981.

Commentaire:

«Sur un point absolument fondamental, il y a un accord total avec la Fraternité sacerdotale: le Magistère de l'Église n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite ou transmise, mais il sert à ne rien enseigner autre que ce qui est remis.»

Pour Mgr Pozzo, ce Magistère est le Magistère post-conciliaire.  Or, voici la position de la FSSPX au sujet du Magistère post-conciliaire:

«Premièrement, il faut savoir que l’expression Magistère actuel a pris un sens nouveau, autre, à l’occasion du Concile Vatican II. Nouvelle conception qui n’est autre que celle condamnée par Saint Pie X dans son encyclique Pascendi dénonçant le modernisme (cf. dans Enseignements Pontificaux de Solesmes, L’Eglise, n° 705) ; conception qui considère le Magistère sidéré comme l’expression de la conscience ecclésiale. Le Magistère n’est plus le médiateur nous transmettant l’enseignement du Christ, avec les garanties de véracité propres au Christ. Non. Le Magistère est considéré comme l’expression de la conscience interne de l’Eglise. Paul VI dira – c’est lui qui a signé tous les actes du Concile –, il dira que le Concile c’est un moment où l’Eglise s’est recueillie en elle-même pour se dire à elle-même ce qu’elle pensait d’elle-même. Acte de conscience par excellence. Jean-Paul II – qui a été le Pape qui a mis en application le Concile Vatican II, on peut dire le grand interprète authentique de ce Concile – disait que le Concile était un acte d’auto-conscience de l’Eglise. Il l’a dit a plusieurs reprises.

Autrement dit il y a effectivement une véritable confusion qui s’est installée, au sein même du Concile, puisque cet argument moderniste, cette conception moderniste du Magistère, a été évoquée pour expliquer l’autorité du Concile : qui parlait pendant le Concile ? Est-ce que c’était les évêques le Pape en tant qu’instruments médiateurs du Christ-Vérité, ou était-ce l’Eglise qui se disait à elle-même ce qu’elle pensait d’elle-même ? (...)

Alors, face à ces confusions, l’âme catholique en général, et plus particulièrement notre Fraternité, pour rester dociles à l’enseignement authentique de l’Eglise, n’a pas d’autre solution que de regarder l’objet enseigné pour voir s’il est conforme ou non à l’enseignement authentique de l’Eglise, où là, sans l’ombre d’un seul doute, le Magistère engagé était bien le Magistère ministériel, instrument du Christ-Vérité. On n’a pas d’autre solution que celle-ci et c’est ce que nous faisons depuis quarante ans. Tout simplement.»  M. l'abbé P. de La Rocque - conférence, 18 mai 2012


«Le concile doit être lu à la lumière de la Tradition.»

Les autorités romaines (Mgr Pozzo par exemple) ne donnent pas le même sens à cette phrase que Mgr Lefebvre lui donnait.  Un prêtre de la FSSPX écrivait à ce sujet:
«Qui d’entre nous oserait s’opposer à cette phrase que Mgr Lefebvre lui-même a souvent utilisée ? Mais voilà, derrière les mêmes mots, un sens tout nouveau vient poindre. Ce n’est plus le Concile jugé par la Tradition, les erreurs du Concile rejetées par la Tradition, mais c’est un éclairage réciproque : le Concile à la lumière de la Tradition et la Tradition à la lumière du Concile. Comme dans un self-service, il y en a ainsi pour tous les goûts, et la Tradition retrouve un petit droit de cité dans une Eglise conciliaire conciliante. En ce sens, et au prix d’un léger silence vite oublié, la Tradition serait acceptée, et des millions d’âmes jusque là tenues à distance par l’irrégularité canonique, franchiraient enfin les portes de nos églises, attirés par la splendeur des cérémonies et l’odeur de l’encens. Las, que d’illusions ! Modernisme et semi-modernisme sont de la même famille puisqu’en eux circule le même venin d’erreur, venin dont saint Pie X disait qu’il n’y en avait pas de pire. Suivre un Concile en rupture avec le passé, ou rechercher dans ce Concile une solution de continuité avec la Tradition, c’est toujours faire du Concile sa boussole. Soutane, grégorien, encens, latin, tout cela ne changera rien tant que les faux principes demeurent.» source: Semi-ariens et semi-modernistes par M. l'abbé Storez- Bulletin Le Belvédère du mois de novembre 2012

Ça signifie?
C'est-à-dire que si l'on propose une interprétation ou une entente ou une pratique du Vatican II, qui est une discontinuité ou une rupture avec la doctrine catholique précédemment définie ou enseignée par le Magistère, cette interprétation doit être rejetée comme étant fausse ou inadéquate. Le problème n'est donc pas le Concile Vatican II en tant que tel, mais une certaine façon de comprendre, d'appliquer et de pratiquer le Concile, ce que l'on appelle l'esprit du Concile. Le pape Benoît XVI a parlé d'un «vrai concile» et d'un «concile virtuel», ce dernier étant le fruit des medias, des courants modernistes de la théologie, c'est-à-dire de l'idéologie de la conciliation qui superposait le véritable «mens» des pères du Concile.

Commentaire:

Cela implique que la FSSPX serait obligée de répudier les réflexions de Mgr Lefebvre sur le Concile si elle conclut un accord avec Rome. Mgr Lefebvre a soutenu que les textes eux-mêmes du Concile étaient problématiques et qu'il ne s'agissait pas d'une fausse interprétation du Concile. Certains textes sont franchement ambigus donc susceptibles d'interprétations diverses et variées. Enfin, d'autres sont clairement en contradiction avec l'enseignement constant de l'Église.  Monseigneur disait par exemple que Dignitatis Humanae était contraire au Magistère constant de l'Église. Il disait aussi que «l'esprit qui a dominé le Concile est un esprit libéral, teilhardien, moderniste, opposé au règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ au point qu'il nous reste une solution : abandonner ces témoins dangereux, pour nous attacher fermement à la Tradition.» (J'accuse le concile 1976 p 5) Maintenant, nous devons nous poser la question suivante:  Est-ce que nous sommes d'accord avec Mgr Lefebvre simplement parce qu'il était Mgr Lefebvre ou parce qu'il a dit la vérité? Si les traditionalistes répudient sa pensée, ils soutiennent alors l'idée que Monseigneur n'a pas tenu la vérité et qu'il a eu tort de parler avec tant de véhémence des documents du Concile comme il l'a fait.
source: texte écrit à partir d'un commentaire d'un forum  «obscurus»

source de l'entrevue:
Übersetzung von Claudia Reimüller
http://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/bdquo-Der-Heilige-Vater-draengt-ldquo;art312,177056


mardi 21 mars 2017

Les autorités romaines veulent entraîner la FSSPX dans la révolution conciliaire



Certains croient que la FSSPX, une fois reconnue par Rome, pourrait maintenir ses objections contre la liberté religieuse, l’œcuménisme et la nouvelle messe. Or, cela n'est pas réaliste. Les déclarations du cardinal Müller, Mgr Pozzo et Mgr Schneider laissent clairement entendre le contraire.

Le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Pour réintégrer pleinement l'Église, la FSSPX devra reconnaître sans réserve les enseignements controversés de Vatican II indique le cardinal Müller dans un interview: «Aussi bien le Pape, que notre congrégation qui agit en son nom, ainsi que la la Commission «Ecclesia Dei», s’efforcent d’aboutir à une réconciliation et de rétablir la pleine communion. Dans les discussions, nous avons essayé de répondre aux préoccupations.  En ce qui concerne le Concile Vatican II, nous avons noté que la critique ne vise pas principalement le Concile mais un développement post-conciliaire – dans lequel se trouvent certaines choses de répréhensibles, comme des développements sauvages ou un aplatissement – par exemple dans la liturgie. Mais ces excès ne peuvent pas être mis sur le compte de la constitution liturgique du concile. Même sur la liberté religieuse il n'y a pas de contenu diamétralement opposé à l'héritage de l’Eglise du 19ème siècle. Je souhaite que les dirigeants de la FSSPX franchissent le pas, de réintégrer pleinement l'Eglise catholique.» Le Cardinal Müller conclut en disant: «Rome ne veut pas y aller au forceps, nous voulons convaincre et cela prend du temps.»  (18 novembre 2016)   source


Le National Catholic Register rapporte les propos du cardinal Müller:

«Le Cardinal Müller attend de la FSSPX qu'elle reconnaisse les enseignements du Concile qu'elle conteste.»

«Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré qu’il attend de la Fraternité Saint-Pie X, qui s’est toujours opposée aux déclarations du Concile Vatican II sur la liberté religieuse et l’œcuménisme, qu’elle «reconnaisse sans réserve» la liberté de religion comme un droit humain, et une obligation d’oecuménisme.»


  
Mgr Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, 

Mgr Pozzo évoque le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X et ce qui est nécesssaire pour être en pleine communion avec le Saint-Siège:

«Ce qui apparaît essentiel c’est de retrouver une convergence totale sur ce qui est nécessaire pour être en pleine communion avec le Siège apostolique, à savoir l’intégrité du Credo catholique, le lien des sacrements et l’acceptation du magistère suprême de l’Eglise [Pour Mgr Pozzo, ce magistère est le magistère post-conciliaire]. Le Magistère, c'est le magistère qui n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite et transmise, mais qui la sert, est l’interprète authentique aussi des textes précédents, y compris ceux du Concile Vatican II, à la lumière de la Tradition vivante, [L'Église d'aujourd'hui selon Mgr Pozzo] qui se développe dans l’Eglise avec l’aide du Saint-Esprit, non pas avec comme une nouveauté contraire (ce serait nier le dogme catholique), mais avec une meilleure compréhension du dépôt de la foi [Pour Mgr Pozzo c'est l'herméneutique « du renouveau dans la continuité » comme expliqué par le pape Benoît XVI] toujours dans « l’unité du dogme, de sens et de manière de voir » (in eodem scilicet dogmate, eodem sensu et eademque sententia, cf. Concile Vatican, Const. dogm. Dei Filius, 4)

Où en est le dialogue avec les lefebvristes? - 25 février 2016


Mgr Schneider spécialement choisi par Rome pour visiter les séminaires de la FSSPX


Mgr Schneider admet d'un côté que les garanties, c'est-à-dire ce qui permettrait de protéger la Tradition contre l'influence moderniste,  sont impossibles sous une autorité conciliaire: «D’autre part, la Fraternité ne doit pas exiger des garanties à 100 %, ce qui reste irréaliste : nous sommes sur terre, pas au Ciel ! (9 décembre 2016 )  source

Selon Mgr Schneider, il n'y a aucune différence entre le Pape François et la FSSPX en ce qui concerne la foi catholique«...It is not a question of an agreement because when we speak of an agreement, there are differences. But in this case, there are no différences in the faith, in the catholic faith (Exclusive interview with Bishop Schneider for Rorate Caeli and Adelante la Fe 16 févr. 2017)

Finalement, rien n'a vraiment changé depuis l'époque de Mgr Lefebvre. Monseigneur disait en 1988 : «Si on lit bien l'interview du cardinal Ratzinger,[à notre époque, le cardinal Müller] il faudra dorénavant prendre garde de bien appliquer le concile, de ne pas se tromper dans son application et de faire attention de ne pas répéter les erreurs qu'on a pu commettre. Il ne parle pas d'en changer les principes. Même s'il en vient à admettre que les fruits du dernier concile ne sont pas ceux qu'il attendait, il opte pour en reprendre les principes de base et faire en sorte qu'ainsi il n'y ait plus de difficulté à l'avenir. Ils n'ont donc pas compris ce que signifie le retour à la Tradition que nous réclamons et ne veulent par conséquent pas revenir à la Tradition des prédécesseurs de Jean XXIII.» 

«Tous ceux qui nous ont quittés ne se rendent pas compte de cette situation et croient à la bonne volonté et à la rectitude de pensée des évêques ou cardinaux romains. Rien n'est plus faux ! Ce n'est pas possible qu'ils nous entraînent dans la révolution, disent ceux qui rejoignent le pape et ses évêques. Eh bien, c'est exactement cela qui se passera !» 

Ainsi,  Rome ne trouve rien de mieux à dire encore aujourd'hui : « Nous sommes prêts à vous reconnaître à condition d’accepter le Concile. 




(1) Entretien paru dans "Controverses" N° 0 – septembre 1988
Notes du Rocher n° 84 d'août-septembre 2013



Vous avez dit : « herméneutique de la continuité » ?




Extrait de la Lettre aux tertiaires de Saint Dominique - Noel 2011

Dans son « discours-programme » du 22 décembre 2005, le pape Benoît XVI disait que l’interprétation des nouveautés enseignées par le concile Vatican II (1) doit repousser    « l’herméneutique de la discontinuité par rapport à la Tradition » tandis qu’elle doit affirmer « l’herméneutique du renouveau dans la continuité ». En termes plus simples : le concile Vatican II ne doit pas être interprété dans le sens d’une rupture mais dans le sens d’une continuité avec la Tradition.

Aussitôt, dans les milieux ralliés, ce fut un cri de triomphe : le nouveau pape ne veut pas rompre avec le passé de l’église, il met un coup de frein et va ramener l’église à la Tradition. Cette « herméneutique » de la pensée de Benoît XVI est en fait un tragique contre-sens. 
  
D’abord, les faits n’ont montré en rien un retour à la Tradition. Benoît XVI continue inexorablement la politique de Jean-Paul II, nous l’avons vu en octobre dernier avec le renouvellement du scandale d’Assise. Il aurait suffit de lire les écrits du cardinal Ratzinger pour s’y attendre : « Si par restauration on entend un retour en arrière, alors aucune restauration n’est possible. [...] Non, on ne retourne pas en arrière et on ne peut y retourner (2)».

Certains diront : il y a quand même eu le Motu Proprio autorisant la Messe traditionnelle, la levée des excommunications, les discussions doctrinales sur le Concile avec la Fraternité.

Au sujet du Motu Proprio, le pape n’a accordé la Messe traditionnelle qu’à ceux qui ne rejetaient pas la nouvelle, il n’y a donc pas grand changement : « Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire. » (Motu Proprio n° 19)

Pour ce qui est de la levée des excommunications, sa portée est quand même limitée du fait que les excommunications de 1988 – et d’abord celle de Mgr Lefebvre – n’ont pas été déclarées nulles et injustes, [lire l'article «Sur la levée d'excommunication des quatre évêques] et du fait que le ministère des évêques et prêtres de la Tradition est toujours déclaré illégitime :Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei a réaffirmé clairement qu’il était défendu aux catholiques de participer à la messe ou de recevoir les sacrements des prêtres de la Fraternité, car – pour lui – ceux-ci sont canoniquement irréguliers (3).Il n’y a peut-être plus d’excommunication de droit (officiellement du moins, car ces excommunications étaient invalides dans la réalité), mais puisque les fidèles sont avertis de ne pas fréquenter les chapelles de la Tradition, il reste une excommunication de fait !

Quant aux discussions doctrinales, on se demande quelle a été leur utilité (4) dans la mesure où, après deux années de discussions, Rome ne trouve rien de mieux à dire que : « Nous sommes prêts à vous reconnaître à condition d’accepter le Concile (5).

Donc, rien n’a changé à Rome depuis Mgr Lefebvre.

Alors que signifie cette « herméneutique de la continuité » qui est le programme de Benoît XVI ?

Très significatif à cet égard, est l’article de Mgr Ocariz paru dans l’Osservatore Romano du 2 décembre dernier. Mgr Ocariz faisait partie de la commission des experts de la Congrégation pour la doctrine de la foi en charge des discussions doctrinales avec la Fraternité. Nous avons distribué et étudié ce texte capital en réunion de Tiers-Ordre (6). Nous en rappelons donc seulement ici les principaux passages :

« Le concile Vatican II n’a défini aucun dogme, au sens où il n’a proposé aucune doctrine au moyen d’un acte définitif. Toutefois, le fait qu’un acte du Magistère de l’église ne soit pas garanti par le charisme de l’infaillibilité ne signifie pas qu’il puisse être considéré comme faillible (7), au sens où il transmettrait une doctrine provisoire ou encore [de simples] opinions autorisées. Toute expression du Magistère authentique doit être accueillie pour ce qu’elle est véritablement : un enseignement donné par des pasteurs qui, dans la succession apostolique, parlent avec un "charisme de vérité" (Dei Verbum 8), "pourvus de l’autorité du Christ" (Lumen Gentium 25), "sous la lumière du Saint- Esprit" (ibid.) (8). »

« Au concile Vatican II, il y eut diverses nouveautés d’ordre doctrinal. [...] Certaines d’entre elles ont été et sont encore l’objet de controverses en ce qui concerne leur continuité avec le Magistère précédent, c’est-à-dire leur compatibilité avec la Tradition. [...] L’attitude catholique, compte tenu de l’unité du Magistère, consiste à chercher une interprétation unitaire dans laquelle les textes du concile Vatican II et les documents magistériels précédents s’éclairent mutuellement. [...] Des espaces légitimes de liberté théologique demeurent, pour expliquer, d’une façon ou d’une autre, la non-contradiction avec la Tradition de certaines formulations présentes dans les textes conciliaires. [...] A cet égard, il ne semble pas superflu de tenir compte du fait que presque un demi siècle s’est écoulé depuis la conclusion du concile Vatican II, et qu’au cours de ces décennies, quatre Pontifes romains se sont succédés sur la chaire de Pierre. »

« Cette adhésion au Concile ne se présente pas comme un acte de foi, mais plutôt d’obéissance. Elle n’est pas simplement disciplinaire, mais enracinée dans la confiance en l’assistance divine au Magistère, et donc dans la logique et sous la mouvance de l’obéissance de la foi (9). ». Cela rappelle le temps où Mgr Lefebvre se rendait à Rome pour montrer l’opposition doctrinale entre les nouveautés du Concile et l’enseignement constant de l’église, et où il s’entendait toujours répondre : « Obéissez, obéissez, obéissez ! »

Nous espérons que vous avez maintenant compris le raisonnement, et ce que signifie « l’herméneutique de la continuité » : le pape et le Concile sont le Magistère, ils parlent avec l’autorité du Christ, donc ils ne peuvent pas se tromper. Si certaines nouveautés du Concile vous semblent en contradiction avec l’enseignement du Magistère précédent, eh bien ! vous vous trompez, car ce n’est pas possible. Donc, revoyez votre copie, et nous vous accordons généreusement la liberté de vous mettre au travail, mais seulement pour montrer que, finalement, ces nouveautés ne sont pas en contradiction mais sont en continuité avec la Tradition.

C’est ce qu’a fait Le Barroux aussitôt son ralliement, par exemple, lorsque dom Gérard a demandé au père Basile de faire une thèse pour prouver la continuité de la liberté religieuse de Vatican II avec la Tradition. Campos aussi, etc.

Alors, le tapis rouge est déroulé et tous les honneurs vous sont accordés : bénédiction abbatiale, consécration épiscopale, reconnaissance immédiate de votre Institut comme étant de droit pontifical, etc. Il faut dire qu’en tentant de prouver que les nouveautés de Vatican II ne sont pas en opposition avec la Tradition, vous avez rendu le plus éminent des services à la Révolution dans l’église. Alors, vous méritez bien quelque récompense.

Mais ce sont les trente deniers de Judas ; et des chaînes d’or qui vous empêchent désormais de continuer le combat de la Tradition. Mgr Ocariz veut enfin terminer sur une note heureuse : (10) "En examinant le Magistère du pape et l’adhésion que lui a donné l’épiscopat, une éventuelle situation de difficulté devrait [alors] se changer en une adhésion sereine et joyeuse au Magistère."

Et de toutes façons, si vous n’êtes pas convaincus : obéissez ! Sinon vous risquez d’être de nouveau condamnés comme l’a été Mgr Lefebvre en 1988, « excommunié » pour avoir « une notion incomplète de la Tradition  » : incomplète parce qu’il ne voulait pas y insérer de force le concile Vatican II.

Extrait de la Lettre aux tertiaires de Saint Dominique, Noël 2011



1 — Pensons ici à l’œcuménisme, à la liberté religieuse, à la collégialité, par exemple.
2 — Cardinal RATZINGER, Entretiens sur la foi, p. 40. Il faut ajouter que la pensée du pape n’a pas changé depuis le temps où il était cardinal. Il a fait rééditer toutes ses œuvres passées en précisant qu’il pensait toujours la même chose.
3 — Interview sur Radio-Vatican, le 1er décembre 2010.
4 — Nous ne critiquons pas ici le bien fondé de ces discussions. Essayer de convertir la Rome moderniste par l’argumentation doctrinale n’est pas en soi mauvais; et toutes les précautions prudentielles avaient été prises pour que ces discussions ne soient pas dangereuses.
5 — Sermon de Mgr FELLAY à écone le 8 décembre 2011.
6 — Ceux qui n’ont pu assister à ces réunions peuvent nous le commander.
7 — Comprenne qui pourra : ce n’est pas parce que le Concile n’est pas infaillible qu’il pourrait etre faillible.
8 — Mgr Ocariz a totalement oublié la réserve du concile Vatican I au sujet des déclarations des papes : « Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine ; mais pour qu’avec son assistance, ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » (Constitution dogmatique Pastor aeternus du 18 juillet 1870. FC 481, DS 3070).
 9 — Comprenne qui pourra, une fois de plus : ce n’est pas une adhésion de foi, mais finalement cela revient à une adhésion de foi.
10— Motu proprio Ecclesia Dei adflicta du pape JEAN-PAUL II.

Source: 

http://piev52.wix.com/veritasliberabit#%21l%27herm%C3%A9neutiques-de-benoit-xvi


Au sujet du cardinal Müller



Le cardinal Gerhard Ludwig Müller aurait, dit-on, demandé à la Fraternité Saint-Pie X de le rejoindre dans la lutte contre les modernistes.  Or, celui-ci  a professé les hérésies suivantes:



Contre la Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Dans son livre Dogmatique catholique : étude et pratique de la théologie, Mgr Müller nie le dogme de la virginité de Marie. Selon lui, la virginité ne concerne pas les « caractéristiques physiologiques du processus naturel de la naissance de Jésus (tels que la non-ouverture du col, l’absence de déchirure de l'hymen ou l'absence de douleurs de l'enfantement), mais l’influx salvifique et rédempteur de la grâce du Christ dans la nature humaine ».

Contre le dogme de la Transsubstantiation

Dans son livre La Messe, source de la vie chrétienne, il écrit : « Corps et sang du Christ ne signifient pas les parties physiques de l’homme Jésus présent sur la terre ou dans son corps glorieux, […] Corps et sang signifient plutôt une présence du Christ à travers le signe du pain et du vin. Mgr Müller explique ainsi la transsubstantiation : « L’essence du pain et du vin doit être définie dans un sens anthropologique. Le caractère naturel de ces dons [pain et vin] comme fruits de la terre et du travail des hommes, comme produits naturels et culturels, symbolise la nourriture et la restauration des personnes et de la communauté humaine dans le signe d’un repas commun […]. L’être naturel du pain et du vin est transformé par Dieu dans le sens que cet être montre et réalise la communion salvifique ».

Les protestants font partie de l’Eglise

Au cours d’un discours en l’honneur de l’évêque luthérien Johannes Friedrich, Mgr Müller a affirmé le 11 octobre 2011 : « Le baptême est le caractère fondamental qui nous unit sacramentellement au Christ aux yeux du monde dans une seule Eglise visible. Nous, chrétiens, catholiques et protestants, sommes donc déjà unis dans ce que nous appelons l’Eglise visible. Au sens strict, il n’y a pas plusieurs Eglises, qui existeraient les unes à coté des autres, mais il existe des divisions, des ruptures à l’intérieur d’un peuple unique et d’une unique maison de Dieu ».

Etude du District d'Italie du 3 juillet 2012 
source: La Porte Latine




dimanche 5 mars 2017

Le testament spirituel d'un prêtre


«Accepter l'Ancienne Messe sous le Motu Proprio Summorum Pontificum, c'est accepter la légitimité de la nouvelle messe.»

Benoît XVI dans son Motu Proprio Summorum Pontificum :
«Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la lex orandi de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par ... Jean XXIII doit être considéré comme expression extraordinaire de la même lex orandi  de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain

«Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 7 juillet de l’an du Seigneur 2007, en la troisième année de mon pontificat.»

LETTRE APOSTOLIQUE
EN FORME DE MOTU PROPRIO
DU SOUVERAIN PONTIFE
BENOÎT XVI


Le testament spirituel d'un prêtre


Comme nous l'avons vu dans plusieurs de nos commentaires précédents, accepter la Messe Ancienne célébrée selon le Motu proprio Summorum Pontificum, c’est accepter la légitimité de la nouvelle messe, c’est-à-dire accepter de participer à l'autodémolition de l'Église. L'un des premiers prêtres de la FSSPX à desservir nos régions (Québec), laissait au moment de quitter notre belle Province son testament spirituel aux fidèles:

«Je vous lègue mon testament spirituel: Ne cédez pas au chant des sirènes dans la crise présente de l'Église. Ne demandez pas à vos évêques l'autorisation d'assister à des messes de Saint Pie V, si en contrepartie, vous devez signer un texte reconnaissant que la Nouvelle Messe de Paul VI est bonne et que vous vous engagez à ne plus la critiquer. N'assistez pas aux messes de Saint Pie V, de prêtres qui auraient signé un tel texte en reniant leur foi au Saint Sacrifice de la Messe. N'oubliez pas que la Nouvelle Messe, même valide, est mauvaise. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Mgr Lefebvre, ainsi que le cardinal Ottaviani, ex-chef du Saint Office, qui écrivant une lettre au pape Paul VI, déclarait: «que la Nouvelle Messe s'éloigne dans l'ensemble comme dans le détail, de façon impressionnante, de la théologie de la Sainte Messe, telle qu'elle a été définie par la XXIIe session du Concile de Trente.»

Lettre aux fidèles (extrait) - 28 octobre 1984 - Fête du Christ-Roi



mercredi 15 février 2017

Ne faut-il pas entrer dans l’Église visible?


Mgr Lefebvre, fondateur de la FSSPX: 

« Ces derniers temps, on nous a dit qu’il était nécessaire que la Tradition entre dans l’Église visible. Je pense qu’on fait là une erreur très, très grave. Où est l’Église visible ? L’Église visible se reconnaît aux signes qu’elle a toujours donnés pour sa visibilité : elle est une, sainte, catholique et apostolique. Je vous de­mande : où sont les véritables marques de l’Église ? Sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous, en ce que nous représentons, ce que nous sommes ? Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Église officielle. Un évêque croit à ceci, l’autre n’y croit pas, la foi est diverse... Où est l’unité de la foi dans Rome ? » (Retraire sacerdotale, 9 septembre 1988)

« Se mettre à l’intérieur de l’Église, qu’est-ce que cela veut dire ? Et d’abord de quelle Église parle-t- on ? Si c’est l’Église conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Église catholique, nous rentrions dans cette Église conciliaire pour soi-disant la rendre catho­lique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets.» (Entretien Fideliter, n° 70, juillet-août 1989)

 «  C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne re­trouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique.  » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, 1990, p. 31)

«Nous appartenons bien à l'Eglise visible, à la société des fidèles sous l'autorité du Pape, car nous ne récusons pas l'autorité du Pape, mais ce qu'il fait. Nous reconnaissons bien au Pape son autorité, mais lorsqu'il s'en sert pour faire le contraire de ce pourquoi elle lui a été donnée, il est évident qu'on ne peut pas le suivre.»  (Mgr Marcel Lefebvre Fideliter n° 66, nov.-déc. 1988)

« Nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité. Nous serons désormais de plus en plus contraints d’agir en considérant cette nouvelle Église conciliaire comme n’étant plus catholique. » (Lettre à Jean Madiran, 29 janvier 1986)

« Nous n’aurons plus aucun rapport avec le Barroux et nous avertirons tous nos fidèles de ne plus soute­nir une œuvre désormais dans les mains de nos ennemis, ennemis de Notre Seigneur et de Son Règne univer­sel. » (Lettre du 18 août 1988, Conversation avec Mgr Marcel Lefebvre par Dom Thomas d’Aquin, supplément au bulletin du Monastère Sainte-Croix, 2011)


Le Supérieur général et tous les Supérieurs de districts FSSPX en 1988:

«En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missae, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem hahemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.»

«Ceux-ci [les fidèles] ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste (...) » (Extrait d'une lettre ouverte à son Éminence le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques. Écône, 6 juillet 1988 Fideliter N° 64. Juillet-Août 1988, pages 11-12)



Mgr Tissier de Mallerais: 

« Certes, ils sont l’autorité dans l’Église, le Pape est pape successeur de Pierre, mais il est aussi le représentant de ce système d’église, qui coiffe l’Église, qui paralyse l’Église, qui empoisonne l’Église, ce que l’on appelle l’église conciliaire par commodité de langage. Ce n’est pas une autre Église, c’est un nouveau type d’église, c’est une nouvelle religion qui a pénétré dans l’Église catholique, soutenue par les papes et toute la hiérarchie, tous les évêques à part quelques exceptions rarissimes.» (16 septembre 2012 au prieuré St Louis Marie Grignon de Monfort)


lundi 13 février 2017

La Résistance ne suit pas les principes de Mgr Lefebvre


La Résistance compte maintenant trois évêques: Mgr Williamson, Mgr Faure et Mgr Thomas d'Aquin. Ils ont fondé l'USML. Nous voulons rendre service à Son Excellence Mgr Williamson,  nous lui disons donc qu'il ne pourra jamais sauver l'oeuvre de MgrLefebvre, ni sauver le sacerdoce avec une Résistance qui:

- Reconnaît ouvertement comme une position acceptable le sédévacantisme.

«En juillet 2014, à Avrillé, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, (...), a admis la liberté pour chacun d’être una cum ou non una cum au canon de la messe. Le Père Thomas d’Aquin était partisan de cette liberté, l’abbé Altamira de même. Le père Pierre-Marie, prieur d’Avrillé, n’a pas fait d’objection. L’opposition venait du seul abbé Pfeiffer. En ce qui concerne les prêtres de l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre, les uns sont una cum, et d’autres sont non una cum (1)

Cette position ne suit pas la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité Saint-Pie X que doivent signer (c'est un engagement) tous les ordinands avant l’ordination sacerdotale, une déclaration composée par Mgr Lefebvre lui-même: «Je soussigné, reconnais (nommer le pape actuel, pour notre époque c'est le pape François) comme Pape légitime de la sainte Église catholique. C’est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife.»  (extrait tiré de la déclaration)

Cette position, ouvertement sédévacantiste, adoptée par La Résistance est, par conséquent,  en opposition avec les principes du fondateur qui disait: «En conséquence la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X des Pères, des Frères, des Soeurs, des Oblates ne peut pas tolérer dans son sein des membres qui refusent de prier pour le Pape et qui affirment que toutes les messes du Novus Ordo Missae sont invalides. Certes, nous souffrons de cette incohérence continuelle qui consiste à louer toutes les orientations libérales de Vatican II et qui en même temps s'efforce d'en atténuer les effets. Mais cela doit nous inciter à prier et à maintenir fermement la Tradition, mals non pour autant affirmer que le Pape n'est pas Pape.» (2)


- Combat la hiérarchie de l'Église par son refus de l'autorité (association de groupes indépendants sans dirigeant), ce qui conduit à la destruction du sacerdoce.

Mgr Williamson:

«On demanda à l’abbé Rioult s’il pensait que l’on peut monter une nouvelle organisation à niveau mondial, ou préférait-il une certaine forme d’association libre, comme celle des sédévacantistes depuis quelques années. Voici sa réponse, cette fois en ses propres termes : "Oui, il est possible que dans les prochains mois qui viennent, je puisse créer une association au sens large, fondée sur une amitié avec les autres résistants catholiques, qu’ils soient pour l’opinion sédévacantiste ou qu’ils ne le soient pas." »  (4)

«En gros, les jeunes (relativement parlant) veulent organiser pour coordonner l’action et la rendre plus efficace, tandis que les anciens pensent plutôt qu’une structure organisée n’est plus possible ni même peut-être souhaitable dans les circonstances chaotiques actuelles.» (5)

Cette façon de penser et d'agir ne suit pas l'esprit de l'Église:
« L'esprit de l'Église c'est se faire diriger par l'Évêque. De même, tous ceux qui prétendent aujourd’hui défendre la Tradition et la maintenir dans l’indépendance de l'évêque ne peuvent tenir. Cette allégeance, cette dépendance vis-à-vis de l’Évêque, c’est l’esprit de l’Église, aucun de ses membres ne peut s’en affranchir. Certes nos évêques ne jouissent à l’égard des âmes assoiffées que d’une juridiction de suppléance, mais cela ne légitime pas un libre examen, une émancipation des règles d’agir dans l’Église. Il nous faut conserver l’esprit de l’Église à défaut de pouvoir jouir du recours à l’autorité compétente. La crise de l’autorité n’autorise pas à vivre dans la crise, le désordre, l’indépendance, la révolution.» (6)

«Tu sais que s’il n’y a pas de chefs, c’est l’anarchie, c’est-à-dire le règne du désordre. La nature a besoin de chefs. Or c’est Dieu qui a fait ainsi la nature humaine. Donc c’est Dieu qui a voulu le pouvoir des chefs, des rois, etc. C’est ainsi, qu’on soit païen ou non.» (7)


- Affirme que l'Église conciliaire a quelque chose de catholique.

- Bishop Williamson: 

«the neo-church is somewhat Catholic.» (EC 445)

«There’s still something Catholic in the conciliar church, so it’s wrong for us to reject it completely.» (Bp. Williamson, 'Eleison Comments' #447, Feb. 6, 1016)

Ces déclarations contredisent celles de Mgr Lefebvre qui disait: 
« Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique.»  (8)

«L'Église conciliaire étant désormais répandue universellement, diffuse des erreurs contraires à la foi ca­tholique et en raison de ces erreurs, a corrompu les sources de la grâce que sont le saint Sacrifice de la Messe et les sacrements. Cette fausse Église est en rupture toujours plus profonde avec l’Église catholique.» (9)



- Recommande l'assistance à la messe nouvelle ou messe sédévacantiste à ses fidèles. 

- Bishop Williamson: 

«the new mass can and is still is used to build the faith. There are cases where you can assist the new mass. This is almost heresy, but this is what I think. I'm not going to say that everyone should stay away from the new mass.» (10)

«There are elements in the new mass that can nourish our faith.» (EC 445)

«In the New Mass, we can preserve the faith.»  (EC 447)

«There are miracles in the New Mass.» (EC 438), «these miracles – always assuming they are authentic – have lessons also for the Catholics of Tradition who have to some extent or another stood back from the Novus Ordo framework.» (EC 438)

Cette position sur l'assistance à la messe va à l'encontre de l'enseignement de l'Église puisque Mgr Lefebvre affirmait: «Nous sommes convaincus que ce nouveau rite de la Messe exprime une nouvelle foi, une foi qui ne nous appartient pas, une foi qui n'est pas la foi catholique.Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d'une nouvelle foi, une foi moderniste.» (13)








Conclusion

Pour conclure, ces quelques points apportent une grande confusion parmi les prêtres et les fidèles qui suivent La Résistance et les entraînent dans le libéralisme.




(1) M. l'abbé Rioult - Discours sur l’Église romaine face à l’apostasie (7/12) note 16, publié le 8 décembre 2015
(2) Mgr Lefebvre, 08 novembre 1979
(3) Post Falls, Idaho 1er juin 2014, 49 min. 25 sec.
(4) Commentaire Eleison «abbé Rioult II»  # 335
(5) Commentaire Eleison «Organiser la Résistance?»  # 321
(6) Abîmés par l'iceberg - M. l'Abbé Pierre Duverger - janvier 2006
(7) Origines de la crise dans l'Eglise. Réponse à un jeune par M. abbé Pivert 
(8) Quelques réflexions à propos de la “suspens a divinis”, 29 juillet 1976
(9) Lettre à Mgr de Castro-Mayer, 4 décembre 1990
(10) Mahopac Conference, New York, 6/28/2015
(11) "In defense of Bishop Williamson II"
(12) Catechism monastery of Santa Cruz/ RJ, December/2015
(13) Sermon sur Ecône, Juin, 29, 1976



mardi 7 février 2017

Pourquoi l'accord pratique est impossible


«Pas d'accord avant la conversion de Rome»


Homélie  prononcée par Mgr de Galarreta, le 29 juin 2004, lors des ordinations, à Écône et publiée dans Le sel de la terre n° 50.

- extrait -

« ...Donc voyez, au point de départ pour nous entendre, il manque un fondement essentiel. Et ensuite, comment pourrions-nous nous mettre sous l'autorité de ceux qui démolissent l'Église et qui ne veulent pas changer ? C'est la quadrature du cercle ! Vouloir garder la Tradition et obéir à ceux qui ne veulent pas changer de direction, qui sont dans le sens de la rupture avec la Tradition, la démolition de tout. Cela relève de l'utopie, de la chimère, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Tant qu'il n'y a pas un retour de la plus haute autorité de l'Église, nous ne pourrons pas faire un accord purement pratique. Ce n'est pas possible pour l'heure. Et à son heure, cet accord ne sera pas purement pratique... »



Pourquoi l'accord pratique est impossible

C'est dans ce contexte précis qu'on nous propose un accord purement pratique. Chose qui a été faite avec Campos, et nous en voyons sur trois ans les effets dévastateurs.

Il faut que ce soit évident pour nous : un accord purement pratique est impossible.

Lorsque a eu lieu un des premiers contacts à Rome, quelqu'un nous a dit : « Ne discutons pas de doctrine nous allons nous embourber ». Voyez, cela semble une phrase anodine, mais c'est grave. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que la vérité divise, et c'est bien ce qu'ils croient. C'est ce qui fonde la liberté religieuse, l'oecuménisme aussi. La vérité divise, donc il faut la mettre de côté. Cela rappelle beaucoup la phrase de Pilate : « Qu'est ce que la vérité ? » Et l'apôtre saint Paul nous avertit dans l'épître aux Thessaloniciens que Dieu enverra un esprit d'aveuglement à ces hommes-là, parce qu'ils n'auront pas reçu avec amour la vérité [1].

Donc voyez, au point de départ pour nous entendre, il manque un fondement essentiel. Et ensuite, comment pourrions-nous nous mettre sous l'autorité de ceux qui démolissent l'Église et qui ne veulent pas changer ? C'est la quadrature du cercle ! Vouloir garder la Tradition et obéir à ceux qui ne veulent pas changer de direction, qui sont dans le sens de la rupture avec la Tradition, la démolition de tout. Cela relève de l'utopie, de la chimère, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Tant qu'il n'y a pas un retour de la plus haute autorité de l'Église, nous ne pour­rons pas faire un accord purement pratique. Ce n'est pas possible pour l'heure. Et à son heure, cet accord ne sera pas purement pratique.


Ce serait de la duplicité.

Ensuite, il y a encore un aspect très important, c'est que tout accord purement pratique supposerait une contradiction de notre part, une dissociation entre la foi qu'on a dans le cour et la foi qu'on a aux lèvres. Autrement dit, entre la foi catholique et la confession de la foi catholique. Cela nous met dans une duplicité, cela relève de l'astuce, et non pas de la prudence. Car il faudrait - au moins publiquement - faire croire que nous admettons ce qui se passe actuellement dans l'Église à Rome.

Ici, je dis que nous ne pouvons pas coopérer avec ceux qui vont contre la foi catholique, c'est ce que dit l'apôtre saint Paul : Quel accord peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres, entre la justice et l'injustice. Ne portez pas un même joug avec les infidèles [2]. Je pense qu'on peut très bien l'appliquer ici. Donc il ne s'agit pas seulement de refuser une confusion du point de vue doctrinal, du point de vue théologique de la foi, du point de vue du culte, mais même du point de vue pratique de l'action, nous ne pouvons pas travailler ensemble parce que nous allons dans un sens contraire, absolument contraire et il s'agit de la foi. Car la condition implicite d'une entente avec nous- et même parfois condition explicite, mais comme ce qui est écrit en petits caractères dans un contrat ! -, c'est que nous reconnaissions le pluralisme, que nous reconnaissions l'oecuménisme. Cela équivaut à dire : la Tradition est admise comme un charisme particulier. Mais si nous admettons cela, nous rangeons la vérité catholique au niveau des opinions, et nous sommes en plein dans le pluralisme, l'oecuménisme, le relativisme, l'indifférentisme. Donc, il y a bien là un problème essentiel. Il est évident qu'à chaque fois ce qu'on nous propose, c'est ce qu'on pourrait appeler : la Tradition libre dans l'Église conciliaire libre. Prenez le dernier entretien du cardinal Castrillon Hoyos, qui est maintenant sur Internet et partout - il fait exprès que ce soit public -, et vous verrez. C'est une réduction extraordinaire. il dit le problème traditionaliste se réduit à une question liturgique et dévotionnelle. Donc notre attachement à la sainte messe est une question liturgique et dévotionnelle qui se réduit à une ques­tion de sensibilité et de sentiment. Notre position relèverait ainsi de la liberté de conscience, et on pourrait très bien la ramener à « l'unité dans la diversité , Le cardinal dit qu'il n'y a aucun problème à ce qu'il y ait des contraires pourvu qu'on fasse référence à cette nouvelle unité qui est fondée exclusivement sur le pape. Bien sûr parce qu'il s'agit d'un pape moderniste. Leur démarche est claire, ce qu'ils nous proposent : on vous reconnaît une particularité, mais vous reconnaissez tout le reste. Vous reconnaissez le principe qui démolit la foi, qui est en train de démolir la foi et aussi le monde. Nous assistons donc vraiment à l'établissement d'une autre foi, d'une autre religion, et nous devons être très prudents.


Ce qui console

Peut-être pouvez-vous vous dire : ce panorama est bien triste, bien désolant.

Je pense que notre consolation ne peut pas venir de la situation que nous vivons. il ne faut pas chercher la consolation là où elle n'est pas. Ce qui nous console, ce n'est vraiment pas la situation que nous avons à vivre, elle vient d'ailleurs et premièrement de Dieu, de la Providence. Saint Paul nous rappelle que toutes les choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu [3]. C'est une phrase d'une portée énorme. Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu, pas seulement les biens, mais aussi les maux, les adversités, les souffrances, les tribulations. Cela veut dire que tout est ordonné au bien de la partie la plus noble de l'univers qui est le Corps mystique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et donc à l'Église. Tout ce qui nous arrive est ordonné à notre bien, pourvu que nous demeurions dans l'amour de Dieu, car tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu. Et saint Augustin a une belle phrase, il dit : La tribulation sera ce que tu veux qu'elle soit, ou bien épreuve ou damnation. Si elle te trouve comme de l'or elle te purifie, elle enlève les scories; si elle te trouve comme de la paille elle te consume. Et c'est pour cela que l'Apôtre ajoute : Si Dieu est pour nous, qui est contre nous [4] ? Si Dieu est avec nous, si nous sommes avec Dieu qui est contre nous ? Et cela doit nous donner une tranquillité profonde, une espérance surnaturelle bien sûr, mais qui vaut beaucoup plus que toute espérance terrestre. 


[1] 2 Th 2, 11 : Ideo mittet illis Deus operationem erroris, ut credant mendacio, ut Judicentur omnes qui non crediderunt veritati.
[2] 2 Co 6, 14 : Nolite jugum ducere cum infidelibus; quo enim participatio justitio cum iniquitate ? Aut quae societas luci ad tenebras ?
[3] Rm 8, 28 Diligentibus Deum, omnia cooperantur in bonum.
[4] Rm 8, 31 Si Deus pro nobis, quis contra nos ?

source: La Porte Latine


jeudi 2 février 2017

La Purification de la Bienheureuse Vierge Marie



En ce temps-là, quand furent accomplis les jours de la purification de Marie, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour offrir en sacrifice, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes. Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon, et cet homme était juste et craignant Dieu, et il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était en lui. Et il lui avait été révélé par l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au temple, poussé par l’Esprit de Dieu. Et comme les parents de l’enfant Jésus l’apportaient, afin d’accomplir pour lui ce que la loi ordonnait, il le prit entre ses bras, et bénit Dieu, et dit : Maintenant, Seigneur, vous vous laisserez votre serviteur s’en aller en paix, selon votre parole, puisque mes yeux ont vu le salut qui .vient de vous, que vous avez préparé à la face de tous les peuples : Lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël votre peuple.

image:
auteur: GFreihalter
licence:  CC BY-SA 3.0 


Pourquoi Mgr Lefebvre a-t-il refusé un accord avec Rome?



« Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera, qu’Il me dise : qu’est ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Eglise aussi ». Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Eglise. J’ai contribué à la construire.»    Mgr Lefebvre


En 1988, Mgr Lefebvre constatait : ils n'ont pas changé d'intention [nous ramener au Concile] parce qu'ils n'ont pas changé de principes. Aussi, disait-il: «Nous n'avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le Cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s'entend pas. C'est un dialogue de sourds. » (Mgr Lefebvre dans Fideliter n° 66 (sept.-oct. 1988) p. 12-14

Le fondateur de la FSSPX  n'a cessé de répéter que «tout cela ne nous inspirait pas du tout confiance de nous mettre dans les mains de Rome, d’une Rome qui combattait la Tradition».  Il poursuivait en ces termes : 

«Nous ne pouvons pas avoir confiance, ce n’est pas possible. Et je vais vous citer un dernier exemple : un exemple extraordinaire.Vous avez entendu parler, sans doute, et vous avez fait quelques articles dans les journaux, il y a deux ans, sur les transfuges d’Ecône, les fameux transfuges d’Ecône ! Etaient partis d’ici, d’Ecône neuf séminaristes. Celui qui a été le chef en quelque sorte de cette petite rébellion, l’abbé… est resté dans le séminaire pendant un certain temps, il cachait bien son jeu, et il est arrivé à déterminer huit autres séminaristes à quitter Ecône. Il s’est mis en relation avec l’abbé Grégoire Billot qui est ici en Suisse à Baden ; cet abbé Billot est lui-même en relation avec le cardinal Ratzinger ; il parle l’allemand. Il a téléphoné au cardinal Ratzinger : « Voilà, il y a à Ecône neuf séminaristes qui sont prêts à partir. Qu’est-ce que vous leur promettez ? Qu’est-ce que vous faites avec eux ? »

Oh ! c’est formidable ; c’est une occasion unique ; si on leur promet monts et merveilles, il y en aura d’autres qui vont venir. Il l’a dit explicitement. Le cardinal Ratzinger l’a dit : « Je suis heureux qu’il y en ait qui aient quitté Ecône et j’espère bien qu’il y en aura d’autres qui suivront les premiers. »

Vous le savez très bien, on a fait le fameux séminaire Mater Ecclesiae dirigé par un cardinal, le cardinal Innocenti, avec le cardinal Garrone et un troisième cardinal le cardinal Ratzinger, approuvé par le Pape officiellement dans L’Osservatore Romano. Une affaire mondiale. Tous les journaux du monde ont parlé de ce séminaire traditionnel fait avec les transfuges d’Ecône et qui rassemblerait aussi bien des séminaristes qui avaient la même sensibilité.

Ils sont partis là-bas et se sont retrouvés peut-être une vingtaine de séminaristes.

Je vous assure que ça vaut la peine de lire cette lettre que vient de nous envoyer ces jours-ci l’abbé… qui était l’instigateur du départ de ces séminaristes. Il écrit : « Je regrette », en gros titre dans sa lettre. « Je regrette, nous avons tout perdu, on n’a tenu aucune promesse. Nous sommes des misérables, nous ne savons plus même où aller.»

Eh bien voilà pour des gens qui ont voulu se rallier à Rome!Cela va être notre cas. Nous en sommes de plus en plus persuadés. Plus nous réfléchissons à l’ambiance de ces colloques, plus nous nous rendons compte que l’on est en train de nous tendre un piège, de nous piéger, et que demain on nous dira : désormais c’est fini la messe traditionnelle, il faut accepter la messe nouvelle aussi . Il ne faut pas être contre la messe nouvelle.  Cela, ils nous l’ont dit.

Voici un exemple qu’a donné le cardinal Ratzinger. « Par exemple à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Monseigneur, quand le protocole sera signé, que les affaires seront réglées, il est évident que Saint-Nicolas-du-Chardonnet ne va pas rester comme maintenant. Pourquoi ? Parce que Saint-Nicolas est une paroisse de Paris et dépend du cardinal Lustiger. Par conséquent il sera absolument nécessaire que dans la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet il y ait une messe nouvelle régulièrement, tous les dimanches. On ne peut pas accepter que les paroissiens qui désirent une nouvelle messe, ne puissent pas aller dans leur paroisse pour avoir cette messe nouvelle. » Voyez cela! C’est le commencement de l’introduction : accepter la messe nouvelle, nous aligner… Ce n’est pas possible ! Nous nous sentons pris dans un engrenage dont nous ne pouvons plus sortir.

Des difficultés inextricables surgiront avec les évêques, avec les mouvements des diocèses qui voudront que nous collaborions avec eux si nous sommes reconnus par Rome. Nous aurons toutes les difficultés possibles et imaginables. Alors, c’est pourquoi je pense et qu’il m’a semblé en conscience que je ne pouvais pas continuer. J’ai décidé… D’où ma lettre du 2 juin au Saint-Père et l’annonce de la consécration des quatre évêques qui aura lieu le 30 juin.

Vous avez sur une feuille que l’on vous a remise, les indications sur ces futurs évêques.L’Osservatore Romano publiera l’excommunication, une déclaration de schisme, évidemment.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
Excommunication par qui ? Par une Rome moderniste, par une Rome qui n’a plus parfaitement la foi catholique. On ne peut pas dire que quand il y a une manifestation comme à Assise, on est toujours catholique. Ce n’est pas possible. On ne peut pas dire que quand il y a Kyoto, et les déclarations qui ont été faites aux juifs à la Synagogue et la cérémonie qui a eu lieu à Sainte-Marie du Transtevere l’année dernière en pleine Rome, que l’on est encore catholique. C’est scandaleux. Ce n’est plus catholique.

Alors nous sommes excommuniés par des modernistes, par des gens qui ont été condamnés par les papes précédents. Alors qu’est-ce que cela peut bien faire ? Nous sommes condamnés par des gens qui sont condamnés, et qui devraient être condamnés publiquement. Cela nous laisse indifférent. Cela n’a pas de valeur évidemment. Déclaration de schisme : schisme avec quoi, avec le Pape successeur de Pierre ? Non, schisme avec le Pape moderniste, oui, schisme avec les idées que le Pape répand partout, les idées de la Révolution, les idées modernes, oui. Nous sommes en schisme avec cela. Nous n’acceptons pas, bien sûr. Nous n’avons personnellement aucune intention de rupture avec Rome. Nous voulons être unis à la Rome de toujours et nous sommes persuadés d’être unis à la Rome de toujours, parce que dans nos séminaires, dans nos prédications, dans toute notre vie et la vie des chrétiens qui nous suivent, nous continuons la vie traditionnelle comme elle l’était avant le Concile Vatican II et qu’elle a été vécue pendant vingt siècles. Alors, je ne vois pas pourquoi nous serions en rupture avec Rome parce que nous faisons ce que Rome elle-même a conseillé de faire pendant vingt siècles. Cela n’est pas possible.

Voilà la situation actuelle. Il faut bien le comprendre pour ne pas pinailler sur elle. Alors on peut penser: vous aviez un évêque, c’est bien. Vous pouviez avoir un peu plus de membres dans le conseil romain. Mais ce n’est pas cela qui nous intéresse. C’est le problème de fond qui est toujours derrière nous et qui nous fait peur. Nous ne voulons pas être des collaborateurs de la destruction de l’Eglise. J’ai écrit dans mon livre Lettre ouverte aux catholiques perplexes – j’ai terminé par là – : « Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera, qu’Il me dise : qu’est ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Eglise aussi ». Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Eglise. J’ai contribué à la construire. Ceux qui la démolissent, ce sont ceux qui diffusent des idées qui détruisent l’Eglise et qui ont été condamnés par mes prédécesseurs. Voilà le fond de ces événements.»

Ecône, le 15 juin 1988.



source image: Église